KRIVOPISSKO Paul, Jacques

Par Claude Pennetier

Né le 30 octobre 1926 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; manœuvre dans la métallurgie, rédacteur à l’Humanité, permanent ; militant communiste de Saône-et-Loire puis de la Seine-et-Oise.

Le père de Paul Krivopissko, Léon (Léonide) Krivopissko, né en Bessarabie en 1899, avait quitté la Bessarabie pour entrer dans l’Armée rouge ; il fit une école de cavalerie. Tombé entre les mains de l’armée Wrangel, embarqué et emprisonné en Turquie, il s’évada, monta sur un bateau en partance pour les États-Unis chargé d’émigrés. Il débarqua en Corse et vint sur le continent un an et demi plus tard, en 1923. Travaillant comme métallurgiste, il adhéra au Parti communiste. Il avait épousé Gabrielle Krivopissko, ménagère, également communiste. Paul Krivopissko était le frère cadet d’Albert Krivopissko. Titulaire du CEP, naturalisé en 1928, il fit son service militaire dans l’Armée de l’Air, comme 2e classe aide infirmier, de novembre 1946 à mars 1948.

Paul Krivopissko avait adhéré à la Jeunesse communiste en octobre 1944 puis à l’UJRF et au Parti communiste en avril 1945. Manœuvre dans la métallurgie aux établissements Seguin de Mâcon, il dirigea la cellule d’entreprise et entra au bureau de la section de Mâcon. Le Parti communiste lui fit suivre une école fédérale en mai 1949 puis une école centrale en janvier-février 1950. Dans son autobiographie de mars 1950, il disait n’avoir « lu seulement que des passages de l’Histoire du PCb, La Maladie infantile du communisme, jamais entièrement ».

Syndiqué à la CGT depuis février 1945, il fut responsable départemental des jeunes syndiqués CGT à partir du 24 avril 1949 puis collecteur. Il milita avec Louis Abate, secrétaire de l’Union locale CGT de Mâcon ainsi qu’Eugène Rey*, secrétaire de l’UD, et attira l’attention de la direction de la fédération communiste par la qualité de son militantisme : un militant qui « réalise » disait le parti dans le vocabulaire de l’époque.

André Faivre le fit entrer au bureau fédéral en février 1952 puis au secrétariat fédéral en février 1953, comme 3e secrétaire. Il y figurait encore en mai 1954.

À cette date, sa situation matrimoniale modifia son militantisme. Il s’était marié en juin 1944 à Suresnes avec Marguerite Cardon, dite Maguy, qui était une dirigeante nationale de l’Union des femmes françaises (UFF). Lui-même avait été licencié et, au chômage, il travaillait sans continuité sur les chantiers. Il écrivit au secrétariat national du PCF pour lui demander son avis : le couple devait-il vivre en Saône-et-Loire comme il le souhaitait ou se réunir en région parisienne pour permettre à Maguy Cardon de conserver ses responsabilités ? Le secrétariat leur conseilla de s’installer à Paris et fit affecter Paul Krivopissko comme rédacteur à l’Humanité. Il n’était bien sûr pas préparé à une telle tâche. Une école centrale de rédacteurs en janvier-février 1955 permit de constater son attachement au parti mais aussi son inexpérience. Il en tira lui-même les conclusions à l’automne 1957, en déclarant « qu’il n’arrivait pas à être rédacteur » et en quittant l’Humanité en accord avec le directeur Étienne Fajon.

Le parti l’orienta alors vers le travail militant en Seine-et-Oise. Domicilié à Argenteuil, il s’occupa de la défense des locataires. Il fut élu secrétaire départemental de la fédération des locataires en 1960. L’année suivante, il était permanent de la fédération communiste chargé du travail à l’entreprise. Il entra au comité fédéral communiste de Seine-et-Oise en 1962 et au bureau fédéral en 1964. Il quitta cette instance en 1968 pour entrer à la commission fédérale de contrôle financier.

Paul et Maguy Krivopissko eurent deux enfants dont Guy Krivopissko, directeur du Musée de la Résistance nationale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138220, notice KRIVOPISSKO Paul, Jacques par Claude Pennetier, version mise en ligne le 9 septembre 2011, dernière modification le 20 avril 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCE : Arch. comité national du PCF.

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