PERRET François, Gustave

Par Louis Botella

Né le 28 décembre 1921 à Lyon, (IIe arr.), mort le 15 mars 2005 à La Tronche (Isère) ; apprenti boulanger puis ouvrier métallurgiste, enfin ouvrier cartonnier ; syndicaliste CGT puis FO de l’Isère et du papier carton ; secrétaire de la Fédération FO du papier carton ; militant des Jeunesses ouvrière chrétiennes (JOC) puis des Jeunesses communistes.

Le père de François Perret, né en 1897, fit la Grande guerre et il fut gazé en 1917. Entré comme chauffeur au réseau PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), il devint mécanicien. Très engagé syndicalement au sein de la CGT, il fut révoqué lors de la grève de 1920. Après un jugement favorable du conseil des prud’hommes de Lyon, il fut réintégré au sein de son réseau ferroviaire. Il adhéra à la CGTU lors de la scission puis il revint à la CGT en 1929. Il refusa de faire la grève de 1938 et il fut l’un des artisans de la reconstitution de l’organisation autonome des mécaniciens et des chauffeurs.

François Perret fut apprenti boulanger en 1936 à Lyon.

Militant de la JOC, il fut élu par sa section pour participer à un congrès international de la JOC à l’automne 1937. Comme ses parents s’étaient mariés civilement le 6 novembre 1918, un abbé intervint pour que ce soit un fils de commerçant qui le remplaça. François Perret adhéra, peu de temps après, aux Jeunesses communistes qu’il quitta lors de la signature du Pacte germano-soviétique.

Trop jeune pour être appelé sous les drapeaux, il fut mis à la disposition de la défense passive. À l’armistice, il reprit son métier de boulanger.

Ayant participé en 1942 et 1943 aux activités des chantiers de la jeunesse, il fut pris dans une rafle par la police, fin février ou tout début de mars 1943, et envoyé à Breslau (Silésie) au titre du STO (service du travail obligatoire).

Réfugié à Dresde, il subit les bombardements des Alliés. Blessé à la tête, il fut libéré par les troupes américaines. Mais comme le secteur dans lequel François Perret se trouva fut attribué aux troupes soviétiques, ce sont ces dernières qui le rapatrièrent en 1945 en France.
Lors de son retour, des médecins militaires français l’examinèrent et le soignèrent. Ils lui déconseillèrent tout métier en contact avec une forte source de chaleur.

François Perret, après une convalescence de trois mois, travailla entre octobre 1945 et novembre 1946 aux Éts de Diedrich (entreprise métallurgique) à Bourgoin (Isère). Il se syndiqua immédiatement à la CGT.

En décembre 1946, il s’installa avec sa première épouse et son beau-frère comme artisan. Compte tenu de la mésentente familiale existante, François Perret reprit rapidement une activité salariée dans une entreprise de cartonnerie, les Éts Voisin, toujours à Bourgoin. Il milita activement, à nouveau, au sein de la CGT. Avec Philippe Lechat et d’autres collègues de travail, ils optèrent pour Force ouvrière lors de la scission de décembre 1947 au sein de la CGT.

Il fut l’un des fondateurs du syndicat FO dans cette entreprise, de l’union locale FO de Bourgoin-Jallieu et de l’UD de l’Isère. En novembre 1949, il devint secrétaire de son syndicat puis, quelque temps après, de son union locale.

Lors du premier congrès, tenu en mai 1951, de la Fédération générale FO du bâtiment, du bois, du papier carton, de la céramique et des matériaux de construction, François Perret fut élu membre du conseil exécutif de la Fédération (interne) du papier carton, dirigée alors par G. Thorrel.

Au cours du congrès suivant, en juin 1954, il devint membre du bureau de la fédération générale. En 1960, il remplaça Alfred Coffin (du syndicat FO du papier-carton de la Vallée de l’Aa, Pas-de-Calais) au poste de secrétaire de la fédération (interne) du papier carton. Il assuma ce mandat jusqu’en 1969. Marcel Boubet, un militant de la région parisienne, lui succéda.

Selon ses déclarations, François Perret fut pressenti par certains dirigeants syndicaux pour succéder à Louis Fréour au poste de secrétaire général de la fédération générale. Il refusa.

Toujours au plan professionnel, il fut, au milieu des années 1960, l’un des négociateurs et des artisans de la première convention collective nationale de l’industrie du papier carton.

Resté très attaché à son département d’adoption, l’Isère, François Perret continua à militer très activement tant au sein de son union locale que de son UD. Il fut élu secrétaire général de l’UD de l’Isère et il assuma ce mandat jusqu’en 1963. L’année suivante, il fut signalé comme secrétaire adjoint de son UD.

Lors du congrès confédéral d’octobre 1956, François Perret vota en faveur de la motion minoritaire sur l’Algérie soutenue par Alexandre Hébert (UD de Loire-Inférieure), Adolphe Sidro (Fédération des employés et cadres) et Diagne (PTT Sénégal), motion s’exprimant, sans préjuger du statut futur de l’Algérie, en faveur de la reconnaissance accordée au peuple algérien de disposer de lui-même, d’un cessez-le-feu immédiat et de négociations entre les parties. Le texte minoritaire obtint 2 225 voix contre 9 522 en faveur du texte majoritaire défendu par Camille Mourgues* (Fédération des PTT), Fernand Manchon* (UD de Constantine), Mohamed Kellal* (Syndicat des cadres des PTT de l’Ile-de-France).

Victime d’un accident cardiaque, lorsqu’il fut en retraite, François Perret cessa toutes ses activités syndicales mais fut finalement secrétaire puis président de l’Association FO des retraités de l’Isère.

Il fut également administrateur de la sécurité sociale au plan départemental, président du conseil d’administration du Centre hospitalier universitaire de Grenoble ainsi que de différents organismes sociaux.

Il mourut en 2005.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138373, notice PERRET François, Gustave par Louis Botella, version mise en ligne le 18 septembre 2011, dernière modification le 14 janvier 2021.

Par Louis Botella

SOURCES : Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 24 mai 1951, 10 juin 1954, 4 juillet 1957, 30 novembre 1960, 7 septembre 1966. — Comptes rendus des congrès confédéraux de FO de 1948 à 1969. - Interview de François Perret in 50 ans de syndicalisme libre de Jean-Pierre Perche et Alain Émile, Fédération générale FO du bâtiment, du bois, du papier-carton, de la céramique et des matériaux de construction, [1998]. — Alpes FO, publication de l’Union départementale FO de l’Isère, n° 100, 2005. — Arch. de la mairie de Grenoble. — Site Internet : deces.matchid.io.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément