MALÉCOT Aimé, Léon

Par Gilles Morin

Né le 2 février 1896 à Saint-Étienne (Loire), mort le 29 décembre 1960 ; architecte ; conseiller général de Saint-Étienne-Nord-Est et président du conseil général de la Loire (1945-1949), conseiller de la République (1948-1955), socialiste SFIO puis radical.

Issu d’un milieu protestant et politisé, André Malécot comptait plusieurs membres de sa famille appartenant aux conseils municipaux de Saint-Étienne et des communes voisines, ou ayant présidé des amicales laïques. Bachelier ès-sciences, puis diplômé de l’École spéciale des travaux publics, il fut responsable d’un cabinet d’architecte. Il occupa des postes de responsabilité dans sa profession, étant après la Seconde Guerre mondiale membre de l’Ordre national des architectes et président de la Confédération générale des architectes français. Il fut combattant des deux Guerres mondiales.

Adhérent de la SFIO avant 1930 selon une note autobiographique, depuis 1935 selon les Renseignements généraux, Aimé Malécot entra dans la vie politique à la Libération. Membre de la commission des municipalités du comité départemental de Libération, au titre de la SFIO, il fut élu conseiller général du canton Nord-Est de Saint-Étienne, sous les étiquettes SFIO et UDSR en septembre 1945, au deuxième tour contre le député communiste de la Loire, Marius Patinaud.

Durant les années 1945-1949 où il siégea à l’Assemblée départementale, Malécot présida le Conseil général. Il joua un rôle actif dans la fondation de l’Association des présidents de Conseils généraux de France en 1946-1948, et en fut élu président puis le président d’honneur fondateur.

Aimé Malécot qui, au conseil national SFIO de juin 1946, s’était prononcé pour une politique totalement indépendante du PCF et une option travailliste, avait des rapports très tendus avec les responsables du RPF et surtout avec Jean Nocher*, à qui l’opposèrent des procès en diffamation. Il se trouva être un des promoteurs de la Troisième force dans son département, en dépit de l’hostilité que lui manifestaient les milieux catholiques. Il échoua aux municipales de 1947, sa liste n’ayant aucun élu.

En 1949, Malécot se représenta dans le canton de Saint-Étienne-Sud-Ouest, où il avait sa résidence, comme candidat du « Rassemblement républicain » (troisième force) mais fut battu, ayant subi la concurrence d’un député MRP, Bergeret. Il était arrivé en 4e position seulement avec 1 181 voix, loin derrière les candidats communistes (4 052 voix), RPF (3 902 voix) et MRP (3 773 voix). Il avait fait campagne sur des positions nettement anticommunistes.

Sa carrière d’édile fut marquée par d’importantes réalisations, avec la création de cités ouvrières et de cités jardins. Aimé Malécot fut élu conseiller de la République le 7 novembre 1948 sous l’étiquette SFIO, par une majorité appuyée par les partis gouvernementaux. Il appartint à la commission de la famille, de la population et de la santé publique, à la commission de la reconstruction et des dommages de guerre, et à la sous-commission chargée de suivre et d’apprécier la mise en œuvre de la convention de coopération économique européenne et le programme de relèvement européen. Comme Claudius-Petit, autre élu du département, il s’intéressa particulièrement aux problèmes de la reconstruction.

Désireux de ne pas se désolidariser d’Antoine Pinay, parlementaire de son département, Aimé Malécot demanda au groupe socialiste de s’abstenir au Sénat dans le vote sur l’échelle mobile des salaires en 1952. Le groupe du Conseil de la République disposa pourtant de son vote dans le sens du parti. Mais Malécot s’abstint dans le vote de la loi de finance en avril 1952 et démissionna alors du groupe et du parti. Il s’en expliqua dans La Tribune du Centre et du Sud-Est du 24 avril 1952, mais demanda son rattachement administratif au groupe socialiste. La commission fédérale des conflits de la Loire l’exclut le 15 juin 1952, lui reprochant de ne pas avoir participé à la campagne électorale lors de la législative partielle de mai 1952 et de conserver son mandat. Il ne s’était pas présenté devant elle.

Aimé Malécot se rattacha administrativement au groupe du RGR et de la Gauche démocratique. Il fut co-président intérimaire de la fédération radicale de la Loire en 1954 et fut désigné comme président-parlementaire par le congrès d’octobre 1954, jouant un rôle d’arbitre certain entre les représentants stéphanois et ceux de Roanne et Monbrison. En 1955, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat. La liste qu’il dirigea aux municipales de Saint-Étienne en 1954, n’obtint pas 5 % des voix, de même que la liste socialiste.

Aimé Malécot était un des fondateurs de la SOGEP, entreprise de presse stéphanoise qui gérait La Tribune, La Dépêche et l’Espoir et en fut président puis vice-président du conseil d’administration.

Il décéda en décembre 1960 « d’une longue et douloureuse maladie ». Il était officier de la Légion d’honneur et titulaire de la Croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138430, notice MALÉCOT Aimé, Léon par Gilles Morin, version mise en ligne le 1er octobre 2011, dernière modification le 27 avril 2013.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat. CARAN, F7/15499, n° 4138. F/1cII/270. F/1cII/277. F/1cIV/153. — Correspondance Loire, archives de l’OURS. — Conseil de la République, Notices et portraits, septembre 1952. — Dictionnaire des parlementaires français, 1945-1958, op. cit.

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