DALLA-TORRE Claudio

Par Daniel Grason

Né le 9 janvier 1914 à Innsbruck (Autriche) ; fumiste, peintre en bâtiment ; antifasciste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Claudio Dalla-Torre né de père inconnu et de Giuseppina Dalla-Torre, était italien par filiation. Il arriva en France, le 2 juin 1932 avec son passeport délivré en octobre 1931, à Trente chef-lieu de la province et de la région du Haut-Adige. Il respecta la législation sur le séjour des étrangers, habita 66, rue de la Chapelle, XVIIIe arr., et 225, rue de Crimée, XIXe arr. Il travaillait comme fumiste pour une entreprise du XVIIe arr. En 1936, il demanda sa naturalisation, une enquête des renseignements généraux lui fut défavorable, la requête fut classée.

Il partit en Espagne le 4 novembre 1937, fut incorporé dans les Brigades internationales, il revint par un convoi qui passa par Cerbère (Pyrénées-Orientales), le 20 décembre 1938. À son retour, le travail était rare, il se fit peintre en bâtiment. Le comité d’aide à l’Espagne républicaine et le Secours populaire de France lui vinrent en aide, jusqu’à leur dissolution ordonnée par le décret-loi du 26 septembre 1939 qui interdisait l’activité du parti communiste et de toutes les associations et organisations considérées comme dépendant de lui. Sa mère se substitua aux associations de solidarité.

Lors du retrait des Brigades internationales en 1938 et 1939, la préfecture de police de Paris recensa deux mille sept cent quinze miliciens étrangers qui transitèrent par le département de la Seine. Beaucoup d’entre eux se firent rapatrier par leurs consulats. Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France demanda à la direction des renseignements généraux d’établir une liste, Claudio Dalla-Torre y figurait. Les autorités allemandes ordonnèrent une opération d’ensemble le 24 décembre 1941. Arrêté, il fut immédiatement interné à la caserne des Tourelles, XXe arr.

Le 14 avril 1942, sa mère écrivit au préfet de police pour demander « une enquête à son sujet car il n’a jamais fait de la politique ». Elle assura « sur son honneur » qu’il était allé « travailler en Espagne en 1937 comme mécanicien outilleur non pour seconder les communistes mais pour travailler car à Paris, il ne travaillait plus depuis des mois ». […] « Il n’y a vraiment rien de coupable ni dans son passé, ni dans son présent ». Elle sollicitait la libération de son fils. La fiancée de Claudio, J. Sangani fit aussi une démarche par lettre le lendemain. Le rapport du 5 juin 1942 des renseignements généraux accabla Claudio Dalla-Torre : « Connu de nos services, comme partisan convaincu des Théories moscoutaires, c’est pour la défense de ses principes qu’il a été combattre dans les rangs des républicains espagnols ».

Le 29 juin 1942, malade, il fut hospitalisé à l’hôpital Rothschild, XIIe arr. Le 13 août la police allemande vint le chercher et l’emmena au camp de Compiègne (Oise) où il fut interné. Un rapport policier du 11 février 1950 soulignait : « Depuis cette date, la présence de Dalla-Torre n’a jamais été signalée dans le département de la Seine et on ignore tout du sort qui lui fut réservé ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138443, notice DALLA-TORRE Claudio par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 octobre 2011, dernière modification le 3 octobre 2011.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2447, RG77W 107, RG77W 177.

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