ZELLER-MEIER Osias dit Oswald écrit parfois ZELLERMEIER Oswald ou Ozjasz

Par Daniel Grason

Né le 9 avril 1910 à Kotuzow (Pologne), mort en déportation en septembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; docteur en médecine ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; déporté.

Meier-Zeller fils d’Adolf et Netti, née Neuberger habitait à Paris (Seine). Il s’engagea dans les Brigades internationales en Espagne. Docteur, il fut très probablement affecté à la Centrale Sanitaire Internationale (CSI). Il se maria le 9 novembre 1938 au consulat de Pologne à Paris avec Mercédès De la Iglesia, née le 20 février 1913 à Madrid, elle devint polonaise par son mariage.
Il rentra en France le 9 février 1939 par le poste frontière de Port Bou, du fait de la désorganisation des Brigades, il était sans passeport, Mercédès franchit la frontière le 18 février en règle. Elle était titulaire d’un récépissé de demande de carte d’identité qui lui fut délivré le 8 novembre 1939. Le 14 mars 1939, Meier-Zeller se vit notifier un refus de séjour, il obtint un récépissé de carte d’identité le 30 janvier 1940, valable un mois. Le couple demeura 35, place Maubert, à Paris (Ve arr.), puis en hôtel 35, rue Perceval, (XIVe arr.), enfin 36, rue de Gergovie, (XIVe arr.). Le 27 septembre 1939, Meier-Zeller s’inscrivit comme volontaire dans l’armée polonaise au centre de recrutement de la rue Jean-Goujon (VIIIe arr.). Un fils Georges naquit le 2 mai 1940 à Paris (XIVe arr.).
Médecin, il exerçait pour se perfectionner comme externe à l’hôpital Laennec, (VIIe arr.), puis chirurgien assistant à Broussais, (XIVe arr.). Le couple exprima auprès des autorités son souhait de résider en France le temps d’obtenir les papiers nécessaire pour pouvoir émigrer au Chili.
Meier-Zeller faisait partie des deux mille sept cent quinze miliciens étrangers recensés lors du retrait des Brigades internationales en 1938 et 1939, par la préfecture de police de Paris. Beaucoup d’entre eux se firent rapatrier par leurs consulats. Karl Boemelburg, chef de l’ensemble des forces de police allemande en France demanda à la direction des renseignements généraux d’établir une liste. Elle fut prête le 19 septembre 1941, Meier-Zeller y figurait. Les autorités allemandes ordonnèrent une opération d’ensemble le 24 décembre 1941, il fut arrêté par des policiers du commissariat du quartier de Grenelle, (XVe arr.). La perquisition de son domicile ne donna aucun résultat, les policiers l’emmenèrent au centre d’internement de la caserne des Tourelles, (XXe arr.).
L’arrestation de François Sobocki le 9 décembre 1941 allait provoquer plusieurs chutes de responsables du Parti communiste Polonais en France dont celle d’Osias Meier-Zeller qui était le responsable de Paris Ville. Ce secteur était structuré en huit groupes : cinq d’ouvriers et trois d’étudiants.
Le 10 janvier 1942, Osias Meier-Zeller était hospitalisé à l’hôpital Tenon (XXe arr.), puis à Rothschild (XIIe arr.), décrit comme étant maigre et de petite taille, il s’évada le 16 entre 3 heures et 6 heures du matin. Le commissaire du XIVe arrondissement fit immédiatement établir une surveillance permanente aux abords de son domicile. Le 13 février 1942 dans l’après-midi, dans le cadre de l’affaire Piotr Baran, sur commission rogatoire d’un juge, un commissaire et trois inspecteurs de la 1ère Brigade régionale de Police mobile se présentèrent au domicile de la rue de Gergovie, Mercedès Zeller-Meier ouvrit. En sa présence, les policiers perquisitionnèrent le logement de deux pièces, ils saisirent : « une carte de tabac au nom d’Osias Zeller, une lettre écrite en polonais datée du 12 avril 1941 et deux cartes provenant de Russie » (Scellé n° 7). Un avis de recherche fut lancé le 17 février 1942, il signalait : « Ex milicien de la guerre d’Espagne, responsable pour Paris ville de l’organisation illégale du parti communiste Polonais. Arrêté le 24 décembre 1941, il s’évade le 16 janvier 1942 ».
Le 3 mars 1942, un inspecteur des renseignements généraux écrivit à son sujet : « N’a donné lieu à aucune remarque à quelque point de vue que ce soit ; il n’a jamais paru s’occuper des questions d’ordre politique et on ne lui connaissait pas de relations suspectes ».
Son arrestation eut lieu à une date inconnue au 18, villa Seurat dans le XIVe arrondissement. Juif, interné au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis), Meier-Zeller prit la destination d’Auschwitz le 16 septembre 1942 par le convoi n° 33 de mille trois déportés, huit cent cinquante-six furent gazés à l’arrivée. L’Armée rouge libéra le camp le 27 janvier 1945, il ne restait que trente-trois survivants dont une femme de ce convoi. Osias Meier-Zeller figure sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy-l’Asnier, (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138541, notice ZELLER-MEIER Osias dit Oswald écrit parfois ZELLERMEIER Oswald ou Ozjasz par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 octobre 2011, dernière modification le 12 septembre 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/63/B (dossier 431). – Arch. PPo. BA 2447, 77W 107, 77W 182. – Arch. Dép. Oise, 1232 W 260.— David Diamant, Combattants Juifs dans l’armée Républicaine espagnole. 1936-1939, Éd. Renouveau, 1979. – Laurent Cardonnet, « Contribution à l’étude des étudiants en médecine et des médecins « Morts pour la France » pendant la Seconde Guerre mondiale », Thèse de doctorat en médecine, Paris Descartes, 2010. – Site Internet CDJC.— Notes de Jean-Pierre Besse.

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