MARY Henri, Émile

Par Daniel Grason

Né le 28 août 1903 à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), mort à Auschwitz (Pologne) le 10 janvier 1943 ; tôlier-chaudronnier ; militant syndicaliste CGT et communiste de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ; interné ; déporté.

Henri Mary fils d’Arthur, chocolatier et de Marie, née Briat se maria à Mariette Convert née le 25 mars 1901 à Champs-sur-Marne. En 1929 le couple s’installa en région parisienne, habitant différents hôtels de Levallois-Perret et de Clichy (Seine, Hauts-de-Seine), ils habitèrent au 36 rue Dagobert à Clichy. Pendant la période du Front populaire, il fut secrétaire permanent du Syndicat des métaux CGT de Clichy, il contribua à l’organisation des grèves avec occupation en 1936.
En 1937, il reprit une activité professionnelle, exerça l’année suivante son métier aux Etablissements Fétas rue des Chasses à Clichy. De la classe 1929, mobilisé le 7 septembre 1939, il prit part aux combats, fut décoré de la Croix-de-guerre 1939-1940 avec deux citations. Démobilisé, il rentra à son domicile le 15 août 1940.
Le 22 juin 1941 les troupes allemandes attaquaient l’Union soviétique, cinq jours plus tard la police arrêtaient et internaient administrativement des militants communistes en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique ». À la demande du commissaire de Clichy fiché comme « Meneur communiste très actif » Henri Mary fut arrêté, conduit successivement, au commissariat, remis aux allemands à l’Hôtel Matignon, enfin au Frontstalag 122 à Compiègne (Oise).
Le 16 juin 1942, le préfet demandait au Renseignements généraux une enquête avec avis « sur l’opportunité de sa libération ». Le 19 juin sa femme Mariette écrivait au préfet. Elle expliqua que son mari « étant en chômage en 1936 avait été nommé par les ouvriers pour s’occuper du syndicat des métaux à Clichy ». Sitôt qu’il retrouva du travail, il reprit « son métier en usine ». Les parents de son mari étaient à sa charge, Mariette Mary au chômage depuis l’exode de juin 1940, travaillait depuis trois mois chez Rosengard, elle demandait la libération de son mari.
Le 26 juin 1942, un inspecteur des Renseignements généraux sur les indications du commissaire de police de Clichy écrivit dans un rapport qu’Henri Mary était : « Un meneur communiste poursuivant clandestinement son activité ». Une affirmation sans preuve, l’auteur du rapport policier soulignait qu’il n’avait « jamais été pris en flagrant délit », mais qu’il était « considéré comme suspect pour la sécurité intérieure du pays. »
Le 6 juillet 1942 un convoi de mille cent soixante-quinze hommes partit de Compiègne (Oise) à destination d’Auschwitz (Pologne). Ce transport politique était composé essentiellement de militants communistes, de quelques socialistes et radicaux, de syndicalistes de la CGT, et de cinquante-six juifs. Parmi les déportés plusieurs anciens volontaires des Brigades internationales. L’administration allemande entendait dissuader les dirigeants et les résistants communistes de poursuivre la guérilla urbaine, commencée en août 1941, sous la forme d’attentats contre des officiers et des troupes de l’armée d’occupation.
Ce convoi fut particulièrement meurtrier, 90 % des déportés périrent. Henri Mary matricule 45853 mourut le 10 janvier 1943, il en fut de même de huit Clichois sur les dix qui étaient dans ce transport. La transcription de son décès fut faite en mairie de Clichy en 1947 avec la mention « Mort pour la France ». Il a été homologué membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Son nom fut gravé sur le monument aux morts des déportés et fusillés de 1939-1945, place de la République – François Mitterrand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138676, notice MARY Henri, Émile par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 octobre 2011, dernière modification le 7 septembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2397, 77W 43-90029. – Bureau Résistance dossier 400596. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz. Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éd. Autrement, 2005. – État civil Champs-sur-Marne.

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