ADAM Marius, Baptiste

Par Daniel Grason

Né le 23 décembre 1898 à Paris XIe arr. (Seine), mort le 2 novembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; militant de l’association des Amis de l’Union soviétique (AUS) ; interné ; déporté.

Marius Adam était le fils d’Albert journalier et de Marie, née Couturier blanchisseuse, il épousa le 3 février 1922 à la mairie du XXe arr. Germaine Fouillat, née le 9 février 1901 à Saumur (Indre-et-Loire). Le couple habita 28 rue de la Banque à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne), une fille naquit en 1925.

Le couple militait localement, Marius était secrétaire des Amis de l’Union soviétique (AUS) et Germaine secrétaire du Comité mondial des femmes (CMF). Le commissaire de Saint-Maur ordonna le 26 décembre 1939 une perquisition à leur domicile pour vérifier si le couple détenait des tracts communistes. Selon le commissaire de police : « Au cours de cette visite il n’a été trouvé que des brochures sans importance prouvant toutefois que Adam et sa femme étaient bien des communistes ».

Le 22 juin 1941 les troupes allemandes attaquaient l’Union soviétique, cinq jours plus tard la police arrêtaient et internaient administrativement des militants communistes en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique » dans le département de la Seine. À la demande du commissaire de Saint-Maur-des-Fossés, Marius Adam fut appréhendé le 27 juin à cinq heures du matin, il était accusé de se livrer à de « la propagande communiste verbale dans son entourage et à son lieu de travail ». Aucune preuve matérielle n’était produite. Les Renseignements généraux indiquèrent : « Avant son arrestation, il était inconnu de nos services ».

Il fut conduit successivement, au commissariat, remis aux allemands à l’Hôtel Matignon, enfin au Frontstalag 122 à Compiègne (Oise). Le 6 juillet 1942 un convoi de mille cent soixante-quinze hommes partit de Compiègne (Oise) à destination d’Auschwitz (Pologne). Ce transport politique était composé essentiellement de militants communistes, de quelques socialistes et radicaux, de syndicalistes de la CGT, et de cinquante-six juifs. Parmi les déportés plusieurs anciens volontaires des Brigades internationales.

L’administration allemande entendait dissuader les dirigeants et les résistants communistes de poursuivre la guérilla urbaine, commencée en août 1941, sous la forme d’attentats contre des officiers et des troupes de l’armée d’occupation. Ce convoi fut particulièrement meurtrier, 90 % des déportés périrent. Marius Adam matricule 45159 mourut le 2 novembre 1942, sur six militants de Saint-Maur-des-Fossés qui étaient dans ce convoi, un seul rentra en 1945. Son acte de décès fut enregistré à la mairie le 8 juin 1946 avec la mention « Mort pour la France », son nom gravé sur le monument aux morts de la ville. Marius Adam a été homologué au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138678, notice ADAM Marius, Baptiste par Daniel Grason, version mise en ligne le 1er novembre 2011, dernière modification le 9 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 43. – Bureau Résistance dossier 2838. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz. Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éd. Autrement, 2005. – État civil Paris. – JO n° 139 du 16 juin 1989. – Site Internet GenWeb.

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