LAMIRAULT Eugène, Louis

Par Daniel Grason

Né le 22 juin 1893 à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 22 janvier 1962 à Clichy ; plombier-fumiste ; communiste ; interné ; déporté.

Eugène Lamirault était le fils d’Hippolyte, quarante-quatre ans, journalier et d’Anne, née Marchal trente-sept ans, couturière. Il demeurait 33 rue Fernand Pelloutier à Clichy, se maria le 29 décembre 1917 avec Alphonsine Rétrif. Pendant la guerre, il était fiché par le commissariat de la ville comme un : « Meneur communiste très actif ». Le 22 juin 1941 les troupes allemandes attaquaient l’Union soviétique, cinq jours plus tard la police arrêtaient et internaient administrativement des militants communistes en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique ». D’autres militants de la ville furent appréhendés, des opérations identiques furent menées dans toute la région parisienne en juin, juillet et août 1941.

Lors de son arrestation à son domicile le 27 juin, aucun tract aucun papillon n’était découvert lors de la perquisition. Le commissariat transmis des renseignements : « A milité à tous les partis de désordre. Habitué à toutes les manifestations. Ex-vendeur de l’Humanité. Soupçonné récemment de distributions de tracts. Se livre à une propagande parlée en faveur de l’ex-parti communiste ».

Il fut conduit successivement, au commissariat, à l’Hôtel Matignon où les allemands décidaient du sort des prisonniers, enfin au Frontstalag 122 à Compiègne (Oise). Le 24 janvier 1943, il était dans le convoi de mille quatre cent soixante-six hommes qui partait à destination d’Orianenbürg-Sachsenhausen (Allemagne). Après le transport du 6 juillet 1942, composé principalement d’otages communistes, c’est le second, formé de déportés arrêtés par mesure de répression. Au cours de l’été 1943, il fit partie des cent soixante-dix déportés transférés au camp de Buchenwald. Il fut affecté au Kommando de Schönebeck à la fabrication de pièces des bombardiers Junkers.

En avril 1944, il fut affecté au chantier de Langenstein, les détenus creusèrent près de dix kilomètres de galeries dans des collines. Ces abris souterrains devaient servir à enterrer les productions d’avions des usines Junkers. Près de sept mille déportés y travaillèrent, trois mille seront évacués le 9 avril 1945 et l’armée américaine en délivra mille six cents le 11 avril 1945. Eugène Lamirault matricule 59313 rentra en France le 27 avril 1945.1945. Il fut homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Il mourut le 22 janvier 1962 à Clichy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138754, notice LAMIRAULT Eugène, Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mars 2012, dernière modification le 9 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2397, 77W 43. – Bureau Résistance dossier 334250.– Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, Clichy.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable