ARRII Jacqueline, épouse WROBLEWSKI Jacqueline, parfois écrit WROBLESKI ou WROBLEWKI

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

Née le 20 décembre 1927 à Sollacaro (Corse)  ; employée de maison puis de banque  ; militante du Parti communiste en Corse, à Paris puis à Bondy (Seine, Seine-Saint-Denis)  ; militante de l’UFF ; présidente de l’ANACR de Haute-Corse.

Jacqueline Arrii naquit dans une famille de paysans sans terre. Son père, Pierre-Paul Arrii (né à Casalabriva) était journalier agricole et sa mère, Marie Annonciade, analphabète. Le père achetait l’Humanité dès 1927 et, comme il était analphabète, se le faisait lire par sa petite fille. Aînée de sept enfants (Jean-Paul, sapeur pompier, sympathisant communiste ; Charles, cultivateur, sympathisant ; Dolinda épouse Sorba, sympathisante ; Lucienne épouse Peretti, sympathisante ; Gracieuse, employée de crèche, sympathisante ; Françoise, infirmière en psychiatrie, communiste), Pendant la guerre, sa famille hébergeait les résistants dans leur bergerie. À 16 ans elle portait des messages au village pour les familles de résistants et des provisions dans le maquis. Elle adhéra au Parti communiste en 1943, après la libération de la Corse selon un entretien donnée à l’historienne Sandra Fayolle. Dans ses questionnaires biographique pour la commission des cadres elle donné les dates de 1945 et même 1946 et comme lieu Casalabriva. C’est donc le décalage entre une adhésion verbale et une adhésion formelle. En 1945, elle lisait Filles de France mais ne militait pas encore à l’UJFF faute de groupe proche de son lieu de vie.

Titulaire du CEP, elle partit à Paris en 1947, milita à l’UJFF et travailla un temps comme employée de maison dans le XVIe arr., mais « horrifiée » par le mode de vie de la haute bourgeoisie (« j’étais pétrie d’idées de 1789, abolition des privilèges »). Elle adhéra au syndicat des gens de maison où elle rencontra Simone Casanova qui lui proposa de la remplacer chez Marie-Claude Vaillant-Couturier et Pierre Villon dans le IVe arr. de Paris. Elle fut alors embauchée pour s’occuper particulièrement de leur fils Thomas et eut de bons rapports avec le couple. Cette place lui permit de connaître les grandes dirigeantes invitées à la table familiale : Jeannette Vermeersch (qu’elle dit avec le recul ne pas avoir appréciée), Claudine Chomat, Yvonne Dumont, Fernande Valignat. Marie-Claude Vaillant-Couturier n’étant pas une obsédée du ménage selon le témoignage recueilli par Sandra Fayolle, Jacqueline Arrii put militer plus librement à l’UJFF et au PCF. Membre du comité de section du IVe arr. de Paris en 1949-1950. Les militants du IVe arr. la déléguèrent au Festival de la jeunesse de Berlin en 1951. Elle fréquenta une école de formation élémentaire communiste en 1952. A l’époque de la manifestation Ridgway (mai 1952), elle était candidate à "l’école des bleus" (école d’infirmière) mais après avoir reçu ses premiers vaccins elle ne fut pas convoquée suite à son arrestation en marge d’une manifestation.

Mariée avec René Wroblewski* le 2 février 1952 à Paris (XVIIIe arr.), compositeur typographe puis cheminot, en 1952, elle s’installa à Bondy et y vécut avec ses trois enfants. Son mari, militant communiste, fit l’école de rédacteur de 15 jours et écrivit dans La Voix de l’Est. Il avait participé au festival de la jeunesse de Budapest en 1949. Il n’eut pas de responsabilités aussi importantes que celle de sa femme.

Responsable de l’UFF, Jacqueline Wroblewski fit une école centrale du PCF d’un mois (1960) puis une de quatre mois (1962) [une des quatre femmes sur 35 élèves] et devint secrétaire de la section communiste de Bondy. Elle fut élue conseillère municipale en 1965, dans une municipalité à direction socialiste. Le PCF la présenta au conseil général.

En juin 1962, sous le nom de Wroblewki, elle entra au comité fédéral (CF) Seine Nord-Est avec les mentions, adhésion en 1943, ménagère, secrétaire à l’organisation de la section de Bondy. Elle y figurait toujours l’année suivante, comme ménagère, et secrétaire de la section de Bondy sans précision. Mais en 1965, toujours ménagère, sa date d’adhésion était donné en 1945. Elle ne figurait plus au CF en 1966. Lorsqu’elle remplit son questionnaire de mars 1961, elle se réclame de Victor Fagard, membre du bureau fédéral, Lucien Chapelain*, secrétaire fédéral et Bernard Provignon*.

Elle travailla comme serveuse au bureau politique du PCF et dans la propriété du PCF à Gif-sur-Yvette pour les grandes réceptions de l’élite communiste (anniversaire d’Aragon…). Elle eut ainsi l’occasion de connaître les grands noms du parti mais en garda un souvenir amer  : « Ils auraient dû prendre quelqu’un qui n’avait pas de responsabilité dans le parti ».

Elle quitta le service du parti pour travailler, par relation familiale, dans une banque dirigée par Claude Alphandéry où elle continua à militer activement.

Retraitée, elle se retira en Corse où elle milite encore et est également présidente de l’ANACR.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138770, notice ARRII Jacqueline, épouse WROBLEWSKI Jacqueline, parfois écrit WROBLESKI ou WROBLEWKI par Paul Boulland, Claude Pennetier, version mise en ligne le 12 novembre 2011, dernière modification le 6 novembre 2020.

Par Paul Boulland, Claude Pennetier

SOURCES  : Arch. comité national du PCF. — Arch. Fédération communiste de Seine-Saint-Denis. — Sandra Fayolle, L’Union des femmes françaises, thèse, 2005, annexes, p. 80-100, entretien avec Jacqueline Arrii, Paris, juillet 2004. — Notes de Catherine Bensadek — État civil.

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