BERNARD Pierre, Marie. [Belgique]

Par Jean Puissant - Jean Neuville

Port-Louis (département du Morbihan, France), le 26 juillet 1837 − Montevideo (Uruguay), décembre 1890-janvier 1891. Français, ouvrier peintre, délégué de l’Association des peintres en bâtiment de Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) de 1865 à 1868, militant de l’Association internationale des travailleurs et membre de son Conseil général à Londres de 1868 à 1869.

Membre du Conseil de la Fédération bruxelloise de l’Association internationale des travailleurs (AIT) dès sa fondation en 1865, où il est délégué de l’Association des peintres, Marie Bernard signe le 15 mars 1868 l’adresse des travailleurs belges aux travailleurs anglais qui soutient la cause irlandaise contre le pouvoir anglais.
Marie Bernard cosigne l’adresse de la Fédération aux ouvriers du bassin de Charleroi (pr. Hainaut), aux travailleurs belges et à ceux de tous les pays en avril 1868. La Fédération y dénonce la répression de la grève des mineurs du bassin de Charleroi en mars 1868, lance un appel à l’utilisation de la grève là où c’est nécessaire et exprime sa volonté d’aider les grévistes. Toujours en avril 1868, Bernard cosigne l’adresse de la Fédération aux ouvriers de Genève qui marque le soutien de l’AIT de Bruxelles à la grève en cours. Il semble que ce soit sa signature au bas de l’adresse à propos des affrontements du charbonnage de l’Épine, qui éveille l’attention de la police et provoque son départ à Londres, recommandé par ses pairs bruxellois.

À la réunion du Conseil général de l’AIT à Londres le 21 juillet 1868, Marie Bernard présente un mandat de l’Association des peintres en bâtiment de Bruxelles. Il fait partie de ce Conseil en 1868-1869. Le 29 septembre, Bernard est désigné en remplacement de Alexandre Besson, comme correspondant pour la Belgique. Il entretient ainsi une correspondance fournie, depuis octobre 1868, avec son homologue belge, Alphonse Vandenhouten, peintre lui aussi, qui l’appelle « mon ami » et à qui il s’adresse familièrement « mon très cher Alphonse », ainsi qu’avec César De Paepe*, jusqu’en novembre 1869. Il réside à ce moment Charles Street, 4, Northampton Square puis Berners Street 36, Oxford Street W.

Marie Bernard assiste régulièrement aux séances du Conseil général auquel il fait rapport de la situation en Belgique et il nourrit sa correspondance des questions qui y sont soulevées. Mais à partir du 20 juillet 1869, il ne s’y présente plus. Il est remplacé par Dupont, puis Sérailler. Est-ce une question d’argent liée à une souscription en faveur des victimes de Seraing, qu’il n’aurait pas envoyée en Belgique, à l’origine de cette brutale rupture ? Rentré en France, Bernard participe à la Commune et est condamné à la déportation. Retourné à Bruxelles, il est signalé le 11 mars 1872 à Saint-Gilles (Bruxelles), mais ne réapparaît plus dans les milieux « socialistes » ou syndicaux.

Marianne Enckell suggère que Bernard est ensuite parti pour Montevideo (Uruguay), avec sa femme Marie et son frère George. Il y sera correspondant du Bulletin de la Fédération jurassienne. Il est mort en décembre 1890 ou janvier 1891 à Montevideo où il est enterré civilement (La Révolte, 22 février 1891).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138869, notice BERNARD Pierre, Marie. [Belgique] par Jean Puissant - Jean Neuville, version mise en ligne le 14 novembre 2011, dernière modification le 4 avril 2024.

Par Jean Puissant - Jean Neuville

SOURCES : Documents relatifs aux militants belges de l’Association internationale des travailleurs. Correspondance 1865-1872. Textes réunis, établis et annotés par Daisy-Eveline Devreese, Louvain-Bruxelles, 1986, p. 86 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 79) − OUKHOW C., Documents relatifs à l’histoire de la Première Internationale en Wallonie, Louvain-Paris, 1967, p. 2, 178, 182, 188 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 47) − KUYPERS J., « Alphonse Vandenhouten, correspondant belge de la Première Internationale (1842-1894) », Socialisme, XII, 67, p. 86-95.

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