CLAES Jean.

Par Herre Sneyers - Jean Puissant

Né à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) en 1853. Ouvrier graveur, dirigeant des Cosmopolitains, membre de la Chambre du travail, de l’Association internationale des travailleurs, dirigeant du Parti socialiste brabançon, membre du Cercle démocratique.

Le 23 novembre 1875, Jean Claes est admis aux Cosmopolitains. Il en est le trésorier en janvier 1877. Il les représente au Conseil fédéral des Associations rationalistes de Bruxelles puis au Congrès universel de Gand en septembre 1877. Admis à la Chambre du travail en juin 1876, Claes milite en 1878 au Parti socialiste brabançon dont il devient trésorier. Il est membre du bureau lors de plusieurs réunions.

Membre de l’Association internationale des travailleurs (AIT) en 1879, aux côtés de Charles Debuyger et de Hubert Delsaute, Jean Claes représente le courant révolutionnaire et s’oppose aux évolutionnistes. Dès juillet 1879, il est associé par un indicateur au groupe blanquiste d’Emmanuel Chauvière. Avec ce dernier, il adhère en août 1879 au Cercle démocratique de Arthur Duverger, pseudonyme de Arthur Borghaert-Vaché puis devient l’un des principaux militants des Cercles réunis. Son nom est le plus souvent associé à celui de Emmanuel Chauvière, dont il traduit notamment les discours en flamand. Il participe à la campagne de meetings dans le Borinage en 1880 (Cuesmes, Frameries) pour y défendre les idées socialistes révolutionnaires et y combattre les modérés.

Partisan du suffrage universel, Jean Claes défend l’idée du mandat impératif, de la suppression de l’armée et de la défense populaire. Il ne manque pas de souligner la nécessité de la révolution : « Si on veut parler de Révolution, on l’aura et si la force armée nous empêche de parler et d’agir, nous recevrons les gendarmes l’arme au poing » (C.R. Indicateur, juin 1880).

Jean Claes fait partie de la commission préparatoire du Congrès révolutionnaire du 15 septembre 1880 à Bruxelles, il siège à son bureau. Il participe également au Congrès révolutionnaire de Cuesmes le 20 mars 1881 et au Congrès international de Londres en juillet de la même année.

Collaborateur de La Révolution sociale de Paris en 1880, Jean Claes est également membre du comité central de l’Union révolutionnaire belge créé pour regrouper les internationalistes, blanquistes et anarchistes opposés aux modérés du Parti socialiste.

En septembre 1881, Jean Claes est rédacteur de La Justice sociale qui connaît quelques numéros et fait partie de la Ligue républicaine socialiste avec Emmanuel Chauvière, Charles Delfosse et Laurent Verrycken. En 1886, il est membre de la section socialiste de Bruxelles et collabore au Peuple.

Jean Claes a toujours habité au centre de Bruxelles. Partisan à l’époque des Cercles réunis, de la création des groupes de quartiers « Les gars » de la rue du Renard, n’ayant pas l’habitude de se rendre au Sablon, il est considéré par la police comme « un orateur socialiste violent » « louchant un peu, cheveux et moustaches noirs à la figure pleine et ronde ».

Jean Claes est donc un militant bruxellois important durant la période de transition entre l’AIT et le Parti ouvrier belge (POB) auquel il finit par se rallier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138919, notice CLAES Jean. par Herre Sneyers - Jean Puissant, version mise en ligne le 16 novembre 2011, dernière modification le 6 janvier 2021.

Par Herre Sneyers - Jean Puissant

SOURCES : Archives générales du Royaume, Police des étrangers, dossier 320361 : Zanardelli (lettre du 18 août 1881) ; dossier 356057 : Cafiero (lettre du 11 octobre 1881) – Archives de la ville de Bruxelles, fonds de police, cartons 178 bis, 178 ter, 193, 194, 195, (comptes-rendus de réunions), dossier 519 : Crié (lettre du 27 avril 1880) – DE WEERDT D., Het ontstaan van de BSP, 1872-1879, uit de krisis van de eerste Internationale, Doctoraat van de Universiteit, Gent, 1967-1968, p. 138 – SCHANER A., Contributions à l’histoire du mouvement anarchiste en Belgique de 1880 à 1894, Mémoire de licence ULB, Bruxelles, 1964-1965, p. 36 – WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), deel III, Leuven-Paris, 1971, p. 1732 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60).

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