LACOSTE Joseph

Par Daniel Grason

Né le 26 janvier 1883 à Jayac (Dordogne), mort le 17 janvier 1949 à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine) ; fraiseur ; communiste ; interné ; déporté.

Fils de Jean et de Françoise, née Chevalier, Joseph Lacoste se maria avec Rose Barre, née le 10 août 1891 à Graisse (Dordogne). Le couple eut deux enfants, Marcel né en 1914 et Hélène en 1917. En 1922 la famille s’installa au 4 passage des Chasses à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine. Fraiseur sur métaux, il travailla de janvier 1929 à début décembre 1932, puis d’avril 1935 à l’exode de juin 1940 à la Manufacture d’Armes de Levallois-Perret. Il vécut ainsi que sa famille avec une allocation allouée aux métallurgistes.
Il était connu du commissaire de Clichy comme « un militant communiste très actif ». Soupçonné d’apposer des papillons et de distribuer clandestinement des tracts du Parti communiste, les policiers du commissariat de Clichy effectuèrent une perquisition à son domicile le 23 octobre 1940, sans résultat. Le 22 juin 1941 les troupes allemandes attaquaient l’Union soviétique, cinq jours plus tard la police arrêtaient et internaient administrativement des militants communistes en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique ». D’autres militants de la ville furent appréhendés, des opérations identiques furent menées dans toute la région parisienne en juin, juillet et août 1941. Joseph Lacoste arrêté le 27 juin, fut conduit successivement, au commissariat, remis aux allemands à l’Hôtel Matignon, enfin au Frontstalag 122 à Compiègne (Oise). Sa femme se retrouva sans ressource, elle perçue une indemnité allouée aux femmes d’internés administratifs.
Six épouses et une fille d’internés de Clichy dont Rose Lacoste écrivirent collectivement au préfet le 17 février 1942. Elles demandaient la raison des arrestations et l’autorisation d’une visite. Dans un rapport de juillet 1942, les Renseignements généraux reprenaient les informations du commissaire de Clichy. La conclusion se voulait définitive : « Lacoste doit être considéré comme suspect au point de vue national ».
Le 17 janvier 1944, il était déporté à destination de Buchenwald (Allemagne), les mille neuf cent quarante-trois prisonniers s’entassaient à une centaine par wagon à bestiaux, ils arrivèrent le 19.
Dans son ouvrage 1945 La découverte, Annette Wieviorka soulignait : « c’est avec l’arrivée du résistant communiste Marcel Paul, en mai 1944, qui devient l’interlocuteur des dirigeants allemands, que le parti communiste français s’organise véritablement à Buchenwald et qu’il rassemble d’autres courants de la Résistance dans le Comité des intérêts français. Désormais, le Comité est à présent dans l’organisation de résistance du camp et peut protéger certains détenus. »
La libération du camp eut lieu le 11 avril 1945 dans l’après-midi, l’armée américaine conduite par le général Patton était à Buchenwald. Joseph Lacoste matricule 39502, était parmi les neuf cent trente-cinq survivants du convoi.
Joseph Lacoste a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF). Il
mourut le 17 janvier 1949 à son domicile, sa mort fut déclarée par son fils Marcel qui exerçait la même profession que son père, fraiseur sur métaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139070, notice LACOSTE Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 mars 2012, dernière modification le 19 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2397, 77W 43. – Bureau Résistance dossier 327388. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Annette Wieviorka, 1945 La découverte, Éd. du Seuil, 2015. – Olivier Lalieu, La zone grise ? La résistance française à Buchenwald, préface de Jorge Semprun, Éd. Tallandier, 2005. – Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Éd. Sociales, 1977. – État civil, Jayac et Clichy-la-Garenne.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément