DESGUEZ René, Louis, Marcel

Par Daniel Grason, Renaud Poulain-Argiolas

Né le 16 janvier 1913 à Rennes (Ile-et-Vilaine), mort le 19 décembre 2011 à Fleury-Mérogis (Essonne) ; tôlier ; syndicaliste CGT ; déporté évadé.

Fils de Victor, encaisseur au Gaz et de Mélanie, née Lebastard, René Desguez ne connaîtra pas son père. Né en octobre 1879 Victor fut mobilisé, tué devant Verdun (Meuse) le 11 mars 1916. Le 22 octobre 1919 le fils du « Mort pour la France » était adopté comme pupille de la Nation. Il se maria le 5 juin 1937 à la mairie du XIIe arrondissement avec Joséphine Cavallo, le couple eut deux enfants.

Domicilié 88 rue des Genêts à Villepreux (Seine-et-Oise, Yvelines), il travaillait depuis le 31 juillet 1940 comme tôlier aux usines Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) dans le même atelier n° 320 que Julien Desmars. Il accepta en février 1942 d’assumer la fonction de délégué syndical clandestin, répartissant les tracts du Comité populaire à des militants d’autres secteurs de l’usine, il collectait aussi les cotisations des adhérents.

Le commissariat de Boulogne fut alerté par la direction que des tracts circulaient dans l’entreprise, le 24 juillet 1942 vingt-quatre militants étaient arrêtés par des policiers de Boulogne-Billancourt. Des perquisitions se déroulèrent dans les différents domiciles, un dépôt de tracts, de brochures et de documents relatifs à l’activité clandestine furent découverts dans un local. Tous furent inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939.

Le 19 février 1943, René Desguez comparaissait devant la Section spéciale de la cour d’appel de Paris, il était condamné à trois ans de prison, mille deux cents francs d’amende et au maximum de la contrainte par corps, il y eut douze autres condamnés à des peines variant de quinze mois à quatre ans de prison.

Il fut incarcéré à la prison de la Santé, à la Maison d’arrêt de Châlons-sur-Marne (Marne), le 24 avril 1944 les Allemands emmenèrent les prisonniers politiques à Compiègne (Oise). Le 12 mai un convoi de deux mille soixante-treize prisonniers (le convoi I. 211) prenait la destination de Buchenwald (Allemagne), René Desguez s’évada du train le même jour aux alentours de Commercy (Meuse), très vraisemblablement en profitant d’un mouvement initié par Roger Chaigneau et Paul Esnault, qui s’entendirent avec d’anciens codétenus des prisons qu’ils avaient fréquentées. Cette action permit à six déportés de retrouver la liberté. Deux autres (Georges Bénitte et Georges Amable) échouèrent et furent tués par les soldats allemands.

Le site "Mémoire des Hommes" informe que René Desguez a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et reconnu comme membre du mouvement Front national. Le Service historique de la Défense dispose d’informations le concernant dans ses archives de Vincennes à la cote GR 16 P 179319.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139105, notice DESGUEZ René, Louis, Marcel par Daniel Grason, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 27 janvier 2021, dernière modification le 6 janvier 2021.

Par Daniel Grason, Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Arch. PPo. BA 2056, 77W 359. — Bureau Résistance, SHD Vincennes, GR 16 P 179319. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éd. Tirésias, 2004. — État civil, Rennes. — Le Serment n°236, bulletin bimestriel de l’Association Française Buchenwald, Dora et Commandos, mai-juin 1994 (pp. 4-5). — Donnés du site Généanet.

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