MATZ Charles [MATZ René, Charles]

Par Didier Bigorgne

Né et mort à Strasbourg (Bas-Rhin) : 30 août 1916-1er janvier 1971 ; employé, inspecteur des PTT, puis directeur départemental adjoint des Postes ; résistant, syndicaliste, militant communiste et du Mouvement de la paix ; secrétaire du Parti communiste des Ardennes (1952–1954) ; président du comité des Ardennes du Mouvement de la paix (1950–1955) ; secrétaire départemental du comité anti-CED. (1954–1955).

Fils de Frédéric Matz, menuisier, et de Louise Muller, sans profession, René Matz fut adopté par la Nation en vertu du jugement rendu par le tribunal de première instance de Strasbourg le 22 avril 1929. Après avoir accompli ses études primaires et secondaires dans sa ville natale, il entra aux PTT. René Matz effectuait son service militaire avec le grade sous-lieutenant au 1er régiment du Génie stationné à Strasbourg quand la Seconde Guerre mondiale éclata. Il combattit alors les Allemands avec son unité. Démobilisé après la défaite, il continua la lutte clandestine contre l’occupant. Avec le surnom de Commandant Didier, il devint le chef départemental de la Résistance dans les Vosges. Il termina la guerre au sein de la Première Armée en Allemagne.

René Matz adhéra au Parti communiste en « 1947 ». Nommé dans les Ardennes, en qualité d’inspecteur des PTT, il milita à la section de Villers-Semeuse. Lors de la 12e conférence du Parti communiste des Ardennes, qui se tint les 18 et 19 mars 1950, il fut élu membre du bureau fédéral. Il devint membre du secrétariat fédéral le 24 février 1952, fonction qu’il occupa jusqu’au 16 mai 1954. À partir de cette date, il siégea de nouveau au bureau fédéral. Le 4 juin 1952, René Matz fut témoin de moralité au procès de vingt-huit nationalistes algériens inculpés après la manifestation de protestation contre l’incarcération de leur leader du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) Messali Hadj, qui se déroula le 23 mai 1952 à Charleville et se termina par des affrontements violents avec les forces de police. À la barre, il souligna que les Nords-Africains étaient animés du désir de défendre leur liberté, que leur cause juste était celle de tous les Français avant de faire le procès du gouvernement français et de s’élever contre le racisme et la guerre.

Membre du syndicat CGT, René Matz participa au vaste mouvement de grève qui paralysa les PTT du 4 au 25 août 1953. À la fin du conflit, il fut suspendu de sa fonction d’inspecteur pour fait de grève.

Parallèlement à ses responsabilités politiques et à son engagement syndical René Matz fut surtout un combattant de la paix. En mai 1950, il fonda le Mouvement de la paix dans les Ardennes lors d’une réunion qui se tient au café Lassaux à Mézières. Élu président du comité ardennais, il anima ses assises départementales qui rassemblèrent deux cents délégués le 29 octobre 1950. Dans les années qui suivirent, René Matz s’activa à renforcer l’organisation qui comptait vingt-six comités locaux en 1954. Il fut aussi à l’initiative de toutes les grandes manifestations en faveur de la paix. Le 11 mai 1952, le rassemblement national présidé par Frédéric Joliot-Curie accueillit sept mille personnes à Sedan. Le 5 juillet 1953, la manifestation départementale contre la remilitarisation de l’Allemagne réunit mille manifestants à Monthermé. Enfin le 29 août 1954, René Matz assista à l’inauguration du Mémorial de Berthaucourt ; il conduisait une imposante délégation du Mouvement de la paix qui avait apporté une cinquantaine de gerbes de fleurs, fruit d’une collecte départementale, mais qui ne fut autorisée à les déposer qu’après la cérémonie officielle.

René Matz mena évidemment la lutte contre la CED (Communauté européenne de défense). En mai 1954, il fut l’un des fondateurs du comité anti-CED des Ardennes ; il en devint le secrétaire départemental. À ce titre, il fut la tête de la délégation ardennaise qui fut reçue, comme des dizaines de délégations venues de la France entière, à l’Assemblée nationale et au quai d’Orsay à l’occasion du grand débat parlementaire sur la CED qui s’ouvrit le 28 août 1954.

En 1955, René Matz quitta les Ardennes pour rejoindre son Alsace natale. Il démissionna de ses différentes responsabilités : membre du bureau fédéral du Parti communiste des Ardennes, président du comité ardennais du Mouvement de la paix et secrétaire du comité anti-CED des Ardennes. Il occupait le poste de directeur départemental adjoint des Postes quand il mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139124, notice MATZ Charles [MATZ René, Charles] par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 15 décembre 2011, dernière modification le 9 décembre 2016.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. – Liberté, 1950 à 1952. – L’Humanité-Dimanche, 1953-1955. – L’Union, 5 juin 1952. – État civil de Strasbourg.

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