LIMBOUR Andrée, Henriette, Pauline, Louise

Par Jean-Michel Brabant, Jacques Girault

Née le 12 décembre 1898 à Courbevoie (Seine/Hauts-de-Seine), morte le 18 janvier 1987 à Férolles-Attilly (Seine-et-Marne) ; professeure à Paris ; militante syndicaliste de la FUE puis du SNES ; militante trotskyste.

Andrée Limbour
Andrée Limbour
Congrès FEN 1960

Fille de Georges Limbour, capitaine au 129e régiment de ligne, et d’Elisa Derôme, sans profession, Andrée Limbour avait un frère cadet, Georges Limbour (1900-1970), futur écrivain et poète, compagnon des surréalistes de la rue Blomet, journaliste, critique d’art, signataire du Manifeste des 121 en 1960.

Après avoir obtenu le diplôme de fin d’études secondaires puis le baccalauréat (philosophie) en 1919, Andrée Limbour fut surveillante au lycée du Havre (Seine Inférieure/Seine Maritime) où elle avait été élève, son père ayant été muté dans cette ville dont était originaire sa mère.

Elle occupa les mêmes fonctions au lycée de filles de Versailles (Seine-et-Oise) de 1919 à 1921 puis au collège Sévigné à Paris en 1922-1923. Reçue à la première partie du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire, titulaire d’une licence ès lettres en 1923, elle obtint l’agrégation d’histoire féminine en 1924. Après avoir enseigné trois mois au collège municipal de Vitré (Ille-et-Vilaine), elle termina l’année scolaire 1924-1925 comme professeure au lycée de garçons du Havre.

Nommée professeure d’histoire-géographie au lycée de jeunes filles de Tournon (Ardèche) où elle enseigna aussi les lettres de 1925 à 1929, Andrée Limbour fut mutée au lycée de jeunes filles de Chartres (Eure-et-Loir) en 1929, et entra dans le cadre parisien au lycée de jeunes filles Jules Ferry à Paris en 1932. Après une affectation en octobre 1939 en raison de la guerre, à l’annexe d’Étretat du lycée de jeunes filles du Havre, elle réintégra son poste parisien. Directrice de stages à partir de 1949, chargée de la surveillance des collections, membre du conseil intérieur en 1950, elle prit sa retraite en 1963.

Andrée Limbour était sympathisante communiste et militante de la Fédération unitaire de l’enseignement depuis 1926. Au contact de militants oppositionnels, nombreux dans cette fédération, elle adhéra, en 1931, à la Ligue communiste qui regroupait les partisans de Trotsky. Elle milita alors à Paris, dans le XVIIIe arr. et s’occupa de l’administration de La Vérité, organe du groupe. Membre de la fraction syndicale de la Ligue, elle signa, en août 1933, une pétition réclamant la démocratie à l’intérieur de la CGTU. À la veille de la réunification syndicale, elle était membre du bureau fédéral de la Seine. Opposée, dans un premier temps, à l’entrisme dans le Parti socialiste SFIO, elle s’y rallia finalement en septembre 1934. Après l’exclusion des trotskystes, en octobre 1935, elle participa, le 2 juin 1936, à la constitution du Parti ouvrier internationaliste. Signataire de l’appel à la création d’une commission d’enquête internationale sur les procès de Moscou, elle fut la secrétaire du comité pour l’enquête sur ces procès et pour la défense de la liberté d’opinion dans la révolution. Elle devint secrétaire de son Bulletin d’information. Elle participa à la publication de Pour la vérité sur les procès de Moscou ! 18 questions, 18 réponses en 1937. Elle assura également, au sein du POI, à la mise en place du Secours international Solidarité-Liberté et en fut la secrétaire à la fin de 1937. Elle n’appartint plus aux organisations trotskystes qu’elle dut quitter dès 1939.

Andrée Limbour fut, après la guerre, membre du courant « Force ouvrière » dans la CGT et la Fédération générale de l’enseignement devenue Fédération de l’Education nationale. Secrétaire de la section syndicale (S1) du lycée Jules Ferry du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle fut candidate à la commission administrative nationale du SNES à partir de 1951 sur la liste C conduite par Paul Ruff. Élue à partir de 1952, (ainsi que suppléante à la CA nationale de la FEN), elle entra au bureau national en 1954. À partir de 1955, elle figura sur la liste "A" majoritaire, et fut secrétaire générale adjointe en 1956-1957.

Présentée, en novembre 1954, comme étant secrétaire du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire-Force Ouvrière, aspect de la double appartenance (qui prit fin en 1956), elle figura sur la liste des 66 premières signatures en faveur de l’appel lancé par La Vérité en faveur de la libération de Messali Hadj. En décembre 1961, elle signa l’appel du Comité français pour la vérité sur les crimes de Staline.

Elle était toujours domiciliée rue Redon dans le XVIIe arrondissement de Paris, quand elle décéda.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139174, notice LIMBOUR Andrée, Henriette, Pauline, Louise par Jean-Michel Brabant, Jacques Girault, version mise en ligne le 17 décembre 2011, dernière modification le 12 septembre 2021.

Par Jean-Michel Brabant, Jacques Girault

Andrée Limbour
Andrée Limbour
Congrès FEN 1960

SOURCES : Arch. Nat. F17/ 28333. — L’Université syndicaliste. – La Vérité, 22 décembre 1932, 23 juin et 18 août 1933. — La Lutte ouvrière, 12 mars 1937, 6 janvier et 11 novembre 1938. — Les Humbles, n° 1, janvier 1937. — G. Rosenthal, Avocat de Trotsky, Paris, 1975 et 1988. — R. Hirsch, Le mouvement trotskyste de 1929 à 1933, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — S. Ketz, De la naissance du GBL à la crise de la section française de la LCI, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — DBMOF, notice par J-M Brabant. — Arch. Dép. Hauts-de-Seine, état civil. — Notes de Louis Botella, Alain Dalançon et René Lemarquis.

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