ZACKS Anne-Marie, Alix dit Annie [née DUFFOUR]

Par Claude Pennetier

Née le 10 mai 1908 à Bordeaux (Gironde) ; employée ; militante communiste de Paris.

Fille de professeur d’université et d’un propriétaire bordelaise, Annie Duffour fréquenta les lycées de Bordeaux, Nancy, Toulouse puis fut étudiante d’anglais à la faculté de Toulouse et lectrice à Glasgow (1929-1930) où un étudiant la gagna aux thèses communistes. Ses parents lui ayant coupé les vivres en raison de ses activités politiques, elle arrêta ses études à la licence. Elle travailla à Paris dans une confiserie puis à l’exposition coloniale, dans une pension de jeunes filles, au lavoir d’Ivry-Port, avant d’être embauchée comme technicienne au Secours ouvrier international (SRI) pour un salaire de 1000 F par mois. Elle fut l’amie d’un militant étranger, dit Dupuis, qui l’abandonna, la laissant dans le dénuement.

Elle se maria avec Joseph Zacks, secrétaire de l’Union des chômeurs de la région parisienne, militant communiste exclu en février 1934. Elle-même était membre du PC depuis novembre 1930 et avait milité à la cellule Plaisance du XIVe arr., puis à la cellule Falgière dans la XVe et enfin à Vitry, cellule du Port à l’Anglais où elle fut secrétaire de cellule. En 1933, elle s’installa dans le XXe arr. de Paris. Elle fut déléguée de la conférence Paris-Sud en mars 1933.

Dans la lancée du contrôle de Joseph Zacks en mars 1933, la commission de cadres lui demanda, en juillet de la même année, de faire son autobiographie de parti. Elle répondit sans détour, allant même jusqu’à écrire « Je n’ai pas pu être liée au groupe qu’en tant que participant à la politique sectaire du 6e rayon ». Elle avait suivi deux écoles élémentaires et les cours de Victor Bru (Fay) avec qui elle sympathisa. La commission des cadres la présentait comme une amie personnelle du couple Fay. Un observateur écrivait en septembre 1931 : « Duffour donne l’impression d’une copine intelligente, encore peu formée politiquement. Quant à son dévouement, je ne peux encore en parler car je ne la connais pas suffisamment. Le point sensible dans tout cela est qu’une copine étudiante d’origine bourgeoise, encore peu trempée dans notre travail assez dénuée de ressources pourrait être une proie relativement facile pour la provocation ». Un rapporteur pensa qu’elle s’était mariée « pour des raisons économiques ». Son autobiographie fut classée B, ne pas promouvoir.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139209, notice ZACKS Anne-Marie, Alix dit Annie [née DUFFOUR] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 décembre 2011, dernière modification le 18 janvier 2013.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 6340, autobiographie du 24 juillet 1933, classée B et enquête de la commission des cadres.

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