JEWCZUK Michel dit Edmond

Par Daniel Grason

Né le 21 avril 1907 à Stanislawow (Pologne, Ukraine), mort le 14 décembre 2000 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) ; mineur, employé, fondeur sur machine ; militant communiste ; secrétaire général de la section des Ukrainiens en France ; syndiqué à la CGT ; volontaire en Espagne républicaine.

Michel Jewczuk s’était intéressé au mouvement prolétarien dès 1923, sous l’influence de ses camarades d’école et de son frère qui vivait en Union soviétique. En Pologne, il fut arrêté à trois reprises, comparut devant le tribunal de Stanislawow pour son activité de propagandiste communiste.
Il émigra en Allemagne, fut mineur de charbon en Belgique, adhéra au syndicat, au Parti communiste à Liège, en 1929, fut membre de la Jeunesse communiste de 1923 à 1929, en Ukraine et en Pologne. Il travailla à Dunkerque (Nord) dans une entreprise de construction, il se syndiqua partout où il travailla. Il fit parti d’une coopérative et d’une organisation culturelle ukrainienne (1927-1936) en Belgique puis en France, fut secrétaire général de la section des Ukrainiens en France (1934-1936), lisait Front Rouge.
Il eut des responsabilités politiques, secrétaire de la commission centrale de la section Ukrainienne du PCF et Secrétaire général de la section Franco-Polonaise. Il militait en collaboration avec Kolork Joseph dit Marcel Dumont.. Son dernier emploi fut au restaurant de la Famille Nouvelle à Paris, il habitait 28 rue du Docteur-Guionis, à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine).
Il arriva en Espagne le 11 novembre 1936, par l’intermédiaire du Parti communiste. Il parlait ukrainien, polonais, russe, allemand, français et espagnol, il fut affecté à la XIIIe Brigade internationale. Il participa aux combats à Majadahonda, bataille de Madrid (janvier 1937), à ceux d’Arganda et de Tajuna, bataille du Jarama (février 1937). Il fut blessé à Brihuega, aux combats de Guadalajara (mars 1937). Il fut ensuite commissaire politique, commandant de la section de la Garde de Murcie.
Dans ses appréciations du 13 juin 1940, Eduardo D’Onofrio dit Edo signala ses qualités : « Discipliné, éduqué au point de vue politique ». La commission des cadres considéra sa conduite « comme bonne  », elle le signala « au parti communiste polonais » en soulignant « la nécessité de contrôler le passé et l’activité politique de ce camarade en France et en Belgique et surtout en Pologne ».
Selon son fils, il resta communiste et toujours admirateur de Staline à point de s’éloigner du PCF quand celui-ci prit quelques distances avec l’URSS.
Lucien Jewczuk son second fils nous a adressé plusieurs compléments sur le parcours de son père. La famille Jewczuk vivait Michel Jewczuk travailla à la fonderie de précision Aluvac à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine). Fondeur sur machine, il y travailla jusqu’en 1972, il avait alors 65 ans. La famille vécut 40 rue Camille Saint-Saëns à Rueil-Malmaison. Son fils Lucien nous précise : « Chez Aluvac il y a été syndiqué jusqu’à sa retraite. Je me rappelle que je le voyais coller les timbres de ses cotisations sur sa carte d’adhérent CGT et qu’il faisait toujours régulièrement toutes les grèves. Par contre je ne l’ai jamais entendu dire par exemple qu’il se rendait ou qu’il participait à des réunions de cellule du PCF.  »
« Mon père après 1947 n’a été ensuite que seulement "sympathisant communiste" jusqu’à sa mort. Je confirme que toute sa vie il a pensé ou cru sincèrement ou en toute bonne foi que "Staline était infiniment bon" et que "l’URSS était un paradis". Si mon père a bien été effectivement "sympathisant PCF ou communiste" après 1947 malgré tout en réalité je n’ai pas connaissance moi-même d’une activité ou d’une participation quelconque à toute vie politique quelle qu’elle soit. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139239, notice JEWCZUK Michel dit Edmond par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 janvier 2012, dernière modification le 1er avril 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.6.706, BDIC mfm 880/3. – Témoignage de son fils, né en 1945, témoignage de Lucien Jewczuk l’un des fils de Michel Jewczuk.

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