LENZIANI René, Dominique, Marie

Par Hubert Lenziani

Né le 6 mars 1909 à Bastia (Haute-Corse), mort le 27 octobre 1991 à Bastia. ; employé, comptable ; militant communiste de Corse.

Quatrième enfant d’un père navigateur (originaire de Luri, Cap Corse) Toussaint Lenziani*, et d’une mère (Rose Mattei) issue d’un milieu aisé du village de Rogliano (Cap Corse), René Lenziani, après des études de comptabilité à Marseille, entra comme employé à la Compagnie Fraissinet à Bastia, puis comptable à la même compagnie, dans les années vingt. Son père, Toussaint Lenziani, fut, de 1905 à 1928 (année de son décès), contremaître des quais de Bastia pour la Compagnie Fraissinet, ayant en responsabilité les 250 dockers que comptait le port de commerce. Très tôt acquis aux idées communistes (en contrepoint des orientations politiques de son père, lequel appartenait au clan Pierangelli, droite insulaire), sous l’influence des syndicalistes Catta et Rossi, René Lenziani milita au sein de la mouvance communiste bastiaise, peu nombreuse à l’époque. En 1935, après avoir quitté la compagnie Fraissinet, il fonda avec Antoine Damiani, les établissements (vins et spiritueux) du même nom , dont il fut le comptable – et fondé de pouvoir du patron et premier nommé - jusqu’à sa retraite dans les années 1970.

Durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation italo-allemande (novembre 1942-octobre 1943), René Lenziani participa à des actions de propagande pour la Résistance corse, distribuant tracts et journaux clandestins. En 1943, il adhéra au Parti communiste, occupant les fonctions de trésorier fédéral, de 1953 à 1956. Durant la mandature du maire radical-socialiste Jacques Faggianelli, il siégea en tant que conseiller municipal communiste (1953-1959). En 1958, lors des événements de mai, il fut de ceux qui s’opposèrent à l’action des troupes d’Alger, lorsque la mairie de Bastia fut occupée par celles-ci et les partisans du général de Gaulle. À cette occasion, recherché par les autorités (gendarmerie et police ), il dut entrer dans une clandestinité provisoire, se cachant dans la région bastiaise, tout comme les autres membres dirigeants du Parti communiste.

Après la mise en place de la Ve République, René Lenziani poursuivit son activité de militant communiste au sein de la cellule (Karl Marx) dont il était membre, et ce, jusqu’à sa mort.

Malgré une prise de conscience douloureuse, au regard des événements liés à la déliquescence du système soviétique et des révélations sur les crimes et atteintes aux libertés dont fut coupable le régime, René Lenziani garda intacte sa foi communiste, considérant que le « modèle avait dévoyé l’idéal ».

À noter que son fils Élie (instituteur puis principal adjoint de collège, de même que responsable syndical) fut conseiller municipal dans la municipalité radicalo-socialo-communiste de Bastia, de 1968 à 1995.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139284, notice LENZIANI René, Dominique, Marie par Hubert Lenziani, version mise en ligne le 9 janvier 2012, dernière modification le 28 juin 2016.

Par Hubert Lenziani

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Archives et témoignages familiaux.

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