LEW Masza (Macha)

Par Daniel Grason

Née le 18 août 1916 à Varsovie (Pologne), morte en septembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; étudiante ; communiste ; résistante militante de la Main d’Œuvre immigrée ; déportée.

Masza Lew.
Masza Lew.

Fille de Jacob et de Zelda Popiloff, elle vint en France, y poursuivit des études à la faculté des sciences, elle était titulaire d’un diplôme polonais équivalant au baccalauréat français. Elle travailla dans la maroquinerie, du fait des lois de Vichy elle était sans travail, vivait de ses économies, habitait en hôtel au 1 rue Lacépède, à Paris Ve arr. avec son ami Saül Bot, violoniste, élève du conservatoire.

Le 25 avril 1942, Salek Bot et Hersch Zimmerman alias Henri Lefevre fabriquaient une bombe en vue d’un attentat le 1er mai, dans un logement au 7e étage du 49 rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris Ve arr. Erreur de manipulation, une explosion se produisit vers 20 heures 30, Saül Bot fut déchiqueté, Hersch Zimmerman mourut de ses blessures. Les deux rues étaient proches l’une de l’autre, malgré le couvre-feu elle se rendit sur les lieux, la police et les pompiers étaient déjà sur place.

Masza Lew membre de la sous-section juive du parti communiste, détachée au Travail Allemand (TA), venait souvent rendre visite à Saül Bot, les policiers l’identifièrent, l’appréhendèrent le lendemain dès 8 heures 30 à son domicile. Différentes pièces furent saisies lors de la perquisition dont une carte textile avec photographie au nom d’Yves Moulin, la photographie était celle de Saül Bot tué la veille, une carte d’inscription de Stanislas Toporowski dans une boucherie, plusieurs lettres écrites en polonais, des tracts et papillons édités par le parti communiste, l’Humanité et L’Avant-Garde, de l’organisation « Solidarité », des tracts en allemands. Des écrits dénonçaient la politique antijuive des nazis et du gouvernement de Vichy : « À bas l’antisémitisme – Honneur aux camarades juifs morts pour la liberté et l’indépendance de la France ».

Plusieurs pièces d’identités en blanc, des cartes d’identités au nom d’étudiants étaient dans une valise. Les preuves de sa participation à la lutte antinazie étaient probante, elle fut interrogée par des inspecteurs de la BS2 et dut s’expliquer sur chaque pièce. Elle fut inculpée d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939, aide à des terroristes. La police tendit une souricière à son domicile, neuf autres militants communistes furent arrêtés entre le 26 et le 30 avril, dont Sonia Gutmann et Raïssa Kagan.

Livrée aux allemands, Masza Lew fut internée, peut être au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), elle était dans le transport n° 33 à destination d’Auschwitz, ils étaient mille trois déportés, huit cent cinquante-six furent gazés à l’arrivée. À la libération du camp par l’armée soviétique le 27 janvier 1945, il ne restait que trente-trois survivants dont une femme. Le nom de Masza Lew a été inscrit sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah 17 rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139304, notice LEW Masza (Macha) par Daniel Grason, version mise en ligne le 1er février 2017, dernière modification le 26 décembre 2017.

Par Daniel Grason

Masza Lew.
Masza Lew.

SOURCES : Arch. PPo. carton 12, 77W 287 (rapport des Renseignements généraux). – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…, Calmann-Lévy, 1989. – Site Internet CDJC. – Nos remerciements à Romain Slocombe pour les précisions qu’il nous a communiquées.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 183 cliché du 27 avril 1942.

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