LOMBARD Roger

Par Gérard Leidet

Né en 1906 ; instituteur ; secrétaire aux affaires corporatives de la section départementale du Syndicat national des instituteurs des Bouches-du-Rhône (1945-1955).

Instituteur en poste à l’école des Aygalades à Marseille (Bouches-du-Rhône), en septembre 1944, Roger Lombard faisait partie de l’équipe syndicale qui reconstruisit la section départementale du SNI en compagnie Georges Cheylan, Robert Enard et Edouard Sicard. Il participa avec ces derniers à la rédaction de trois circulaires imprimées à l’automne 1944 avant la reparution du bulletin départemental. Les intentions poursuivies (défendre l’enfance, l’école laïque et les intérêts des personnels) étaient étroitement articulées avec la question de l’union de tous les instituteurs et à celle de la « participation de tous » à la vie du syndicat. L’esprit qui animait ces textes s’inspirait du souvenir des enseignants fusillés, déportés ou emprisonnés. Selon Roger Lombard et ses deux camarades, il s’agissait aussi de « bannir les erreurs du passé » en se dégageant des luttes de tendances afin de promouvoir un syndicalisme enseignant capable de cimenter les efforts de tous dans un idéal de justice sociale, de fraternité et d’épanouissement de l’enseignement public. Pour ces militants la période provisoire « devait être très brève » et le syndicat devait se trouver rapidement une structure et une direction démocratiquement décidées.

En plus de ses activités à la base, Roger Lombard siégeait à la commission corporative du Comité national des instituteurs, « habilitée provisoirement comme bureau départemental du syndicat national des instituteurs, jusqu’à ce que des élections régulières aient lieu. Ce bureau provisoire [recevant] exclusivement les inscriptions et [distribuant] les cartes d’adhérents » selon la déclaration de Lucien Molino, secrétaire de l’UD-CGT.

Roger Lombard fit partie de la liste présentée par ce bureau provisoire et le CNI aux élections pour la désignation de la commission exécutive. Cette liste recueillit une moyenne de 1 046 voix et ses 26 candidats furent élus, parmi ceux-ci se trouvaient Alfred Bizot, Georges Cheylan, Enard, Madeleine Franchet et Edouard Sicard. La liste opposée que présentait l’organisation universitaire du Mouvement de Libération nationale autour de Pascal Léna, ne rassembla en moyenne que 647 voix. Le 23 novembre 1944, le bureau départemental était formé autour du secrétaire général Cheylan ; Lombard, secrétaire adjoint en charge des affaires corporatives, conserva ce poste jusqu’en 1955.rassembla une moyenne de 647 voix. Le 23 novembre 1944, le bureau départemental était formé autour du secrétaire général Cheylan ; Roger Lombard, secrétaire adjoint en charge des affaires corporatives, conserva ce poste jusqu’en 1955.

Au-delà des questions urgentes qui se posaient dans ces années de l’immédiat après guerre (appel aux instituteurs pour participer avec les « équipes de choc » au goudronnage des cours d’école, chauffage des écoles avec ramassage de charbon dans le bassin minier de Gardanne, établissement de nouveaux barèmes de mutations et promotions, accueil des prisonniers à leur retour, réparations envers tou(te)s les enseignant(e)s victimes du Régime de Vichy...), Lombard s’investit totalement dans le dossier du reclassement des enseignants. Avec Cheylan, Léon Garnier* et Jean Buisson, il fut de ceux qui portèrent ce mot d’ordre au plan national dans le cadre du bureau national du SNI.

Lors du congrès départemental du 12 juillet 1945 présidé par Ernest Denoize, ancien prisonnier de guerre, au cours duquel fut préconisée la création d’un syndicat unique de l’enseignement qui devint la section départementale de la FEN, Lombard présenta le dossier relatif au reclassement. La question était complexe car elle revêtait selon lui « un double problème » : la revalorisation, c’est-à-dire l’harmonisation des traitements avec le coût de la vie ; mais aussi la mise en accord des traitements des fonctionnaires avec les salaires du secteur public et l’harmonisation des traitements des diverses catégories de fonctionnaires et agents de l’Etat. Roger Lombard s’attela à cette tâche (« le reclassement c’est un peu la toile de Pénélope » se plaisait-il à dire) et ce ne fut qu’en 1952 que la cinquième tranche de ce reclassement « même faussé à la base » fut octroyée « parcimonieusement... ». Avec ces mots, il justifiait le fait que la section des Bouches-du-Rhône, toujours vigilante à ce sujet, demandait au bureau national du SNI « une action plus énergique. ».

Comme la plupart des secrétaires du SNI, Lombard fut administrateur de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, de la naissance de la section des Bouches-du-Rhône en 1947 jusqu’en 1965.

Selon Guy Grandemange, secrétaire de la section départementale au milieu des années 1960, « Roger Lombard, modeste, silencieux, peu enclin à se manifester, [était] le type même du militant compétent et dévoué, profondément attaché à la classe ouvrière, dont la présence [était]absolument indispensable à une équipe syndicale. Par sa connaissance fine des problèmes corporatifs et sa ténacité, il avait l’art de rendre abordable les problèmes les plus complexes, de démêler l’essentiel... ». Roger Lombard, s’exprimant sur son passé militant, l’évoquait, avec un brin de nostalgie : « Des reculs se sont succédé depuis. Nous vivons sous un régime de pouvoir personnel au service des monopoles capitalistes, mais la double besogne quotidienne et d’avenir des syndicalistes demeure encore plus nécessaire. Comme est de plus en plus impératif le retour à l’unité. N’y a-t-il pas pour tout travailleur conscient un noble idéal, mobilisateur et enthousiasmant ? ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139398, notice LOMBARD Roger par Gérard Leidet, version mise en ligne le 23 janvier 2012, dernière modification le 28 mai 2012.

Par Gérard Leidet

ŒUVRE : Roger Lombard, Un peu d’histoire, buts et moyens du syndicalisme, brochure rédigée à l’occasion du 20eme anniversaire de la reconstruction de la section du SNI des Bouches-du-Rhône. (1944-1964).

SOURCES : Archives de la section du SNI des Bouches-du-Rhône. — Guy Grandemange, Plus de 20 années d’expérience, introduction à la brochure éditée à l’occasion du 20e anniversaire de la reconstruction de la section du SNI des Bouches-du-Rhône. (1944-1964). — Presse locale, Rouge midi et La Marseillaise

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