BRIOL Victor, Joseph.

Par Jean Puissant

Mont (commune de Bastogne, pr. Luxembourg, arr. Bastogne), 28 mai 1905 – Jemeppe-sur-Sambre (pr. et arr. Namur), 11 novembre 1964. Agronome, militant puis dirigeant communiste, député de l’arrondissement de Namur, conseiller communal d’Andenne (pr. et arr. Namur).

Deuxième enfant sur huit d’une famille de cultivateurs catholiques, Victor Briol suit l’école primaire dans son village. À l’âge de huit ans, il commence à travailler dans les exploitations forestières. À l’issue de son service militaire en 1926, il est engagé comme agronome adjoint par le ministère des Colonies au Katanga, pour le district de Lomari, de juin 1927 à juin 1930. Il travaille ensuite dans la ferme de ses parents, à nouveau dans des exploitations forestières, puis en 1936 à Phénix Works à Flémalle-Grande (aujourd’hui commune de Flémalle, pr. et arr. Liège). De 1937 à 1945, il est pontier à Beloeil (pr. Hainaut, arr. Ath) au service des voies navigables. À l’issue de son mandat parlementaire, Victor Briol est ouvrier, puis employé dans diverses entreprises. La comparaison de son dossier de pension et de la biographie écrite de sa main pour le greffe de la Chambre est révélatrice de la biographie « construite » pour le Parti communiste de Belgique (PCB) auquel il adhère pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, de 1931 à 1939, il signale avoir été ouvrier dans la métallurgie, ce qui lui conférait l’image de « prolétaire » qu’il n’a pas tout à fait, selon les éléments réunis par son dossier administratif de pension. La même biographie comprend les éléments suivants sur ses activités pendant la guerre et repris dans Le Drapeau rouge en 1946.

Selon sa fiche biographique au PCB, Victor Briol adhère au parti en janvier 1940. Mobilisé en 1940, il rentre de France au mois d’août. Dès septembre 1940, il commence des activités de résistance, probablement avec l’hébergement de dirigeants illégaux du PCB puis la distribution et fabrication de tracts, journaux. Fin 1941, il devient trésorier de la Fédération d’Ath-Tournai-Mouscron du PCB. Début 1942 à avril 1942, il est secrétaire d’organisation de cette Fédération du PCB qu’il représente au Comité régional du Front de l’indépendance (FI).
Au mois de mars 1943, « recherché par la Gestapo », Briol passe dans l’illégalité. Alors que son beau-père est arrêté et incarcéré à Huy (pr. Liège, arr. Huy), il est transféré, en mai 1944, par la direction du parti, à Charleroi (pr. Hainaut, arr. Charleroi) où il devient secrétaire d’organisation et délégué du PCB à l’état major des milices patriotiques du FI. Il participe à la libération de Charleroi.

En mai 1945, Victor Briol devient secrétaire politique de la Fédération namuroise du PCB (lettre du 23 mars 1946). « Homme sympathique, honnête, plein de bon sens », selon Jean Blume en 1987, Il est premier candidat communiste à la Chambre pour l’arrondissement de Namur et est élu le 17 février 1946. Il est également élu conseiller communal à Andenne en octobre 1946 mais démissionne de ce mandat dès 1947. Il est membre du Comité central du PCB de 1946 à 1948 et fait partie du présidium du congrès de juin 1946.

Fort des trois années passées au Congo, Victor Briol est le porte-parole du PCB sur les questions coloniales au Parlement, en particulier, lors des discussions à propos du budget de la colonie. Le 26 octobre 1948, par exemple, s’appuyant sur les critiques du conseil de tutelle de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à propos des mandats belges sur le « Rwanda-Urundi », il dresse un réquisitoire violemment « anticolonialiste ». À l’appui de son propos, il cite également le RP Van Wing sur l’augmentation du coût de la vie, l’ex-gouverneur général, Rijckmans, et Petillon qui soulignent le niveau de vie extrêmement bas des populations indigènes. Victor Briol soutient la création du Fonds de bien-être aux indigènes qu’il propose d’alimenter par un prélèvement sur les bénéfices des sociétés capitalistes qui n’en réinvestissent qu’une faible partie. Il défend l’enseignement officiel et critique l’enseignement missionnaire à qui il faut retirer son monopole de fait. Briol dénonce l’absence de libertés « hormis celle des trusts de piller le pays », l’absence de vie politique. Il défend donc successivement le principe de la mise en place d’un système démocratique électif réclamé par les blancs, « avec la perspective de l’étendre aux noirs, au fur et à mesure de leur évolution ». Il critique enfin les atteintes au droit d’expression d’un journaliste condamné à Élisabethville, la fouille subie par un délégué de la Centrale générale syndicale. Il défend également le cahier de revendications sociales de cette organisation. Briol termine : « le PC est aux côtés de ceux qui luttent pour leur indépendance et leur émancipation et il se refuse d’appuyer votre politique colonialiste, qui n’a d’autres bases que l’asservissement total aux impérialismes de Wall Street. »

En 1949, Victor Briol ne se représente plus aux élections et n’est plus permanent du PCB qu’il semble donc quitter à cette époque. Il meurt d’un cancer en 1964.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139435, notice BRIOL Victor, Joseph. par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 mars 2012, dernière modification le 22 septembre 2022.

Par Jean Puissant

ŒUVRE : Collaboration au Drapeau rouge.

SOURCES : BLUME J., Drôle d’agenda, t. II, Bruxelles, 1987, p. 32-33 – Notice réalisée par Chantal Gillion, section Journalisme de l’Université libre de Bruxelles, s.d..

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