BRODKOM Gabriel.

Par Jean Puissant

Né à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) le 29 mai 1851. Ouvrier serrurier puis employé, membre des Cercles réunis, membre du Parti ouvrier belge, membre du Parti socialiste républicain, membre des Cosmopolitains et de la Ligue ouvrière de Bruxelles.

Gabriel Brodkom est le fils de Charles Alexandre Brodkom et de Thérèse Basville, l’époux de Rosalie Tassau de Bruxelles et le père de dix enfants. Un rapport de police le décrit comme suit : « 1 m 65, cheveux et sourcils châtains, front étroit, yeux bruns, visage pâle, physionomie maladive ». Il habite Impasse du Cadran, rue du Miroir, à Bruxelles.

Gabriel Brodkom apparaît en mai 1880, comme militant des Cercles réunis animés par Emmanuel Chauvière. Il est membre de leur Comité central. Il participe aux nombreux assemblées et meetings de ces groupes où il prend régulièrement la parole pour critiquer « le roi de carton qui ne s’occupe que de la colonisation africaine qui sera, plus tard, un bon débouché pour tout ce qui gênera la Belgique », pour faire le tableau « de la misère du peuple qui augmente en raison directe avec le prix de la viande et des pommes de terre », pour défendre le suffrage universel. « Pourquoi ne veut-on pas nous donner le suffrage universel ?... parce que les bourgeois enrichis du travail de l’ouvrier auraient peur de voir ce même ouvrier relever la tête et imposer sa volonté. Chauvière nous propose la révolution. Pourquoi ne la ferions-nous pas ? Nos pères ont élevé des barricades en 1830, leurs enfants n’en feraient pas moins en 1880 ? »

Gabriel Brodkom participe à la manifestation des Cercles réunis à Frameries (pr. Hainaut, arr. Mons) en mai 1880. Un rapport de police le qualifie d’homme d’action chargé d’organiser la grève générale en Belgique l’année prochaine. En 1883, il est signalé comme employé à l’Écho du parlement aux appointements de cent francs par mois. En 1884, il est l’un des signataires du Manifeste républicain.

Fondateur et membre du Comité de la Ligue ouvrière de Bruxelles dont il est bibliothécaire de 1885 à 1886, Gabriel Brodkom fait partie du premier Conseil général du Parti ouvrier belge (POB). En 1887, il représente Bruxelles au Comité central du Parti socialiste républicain (PSR) des partisans d’Alfred Defuisseaux*. Il est également commissaire de la coopération dissidente de la maison du peuple, La Sociale, à Schaerbeek (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) en 1887.

En 1888, la police signale que Gabriel Brodkom s’évertue à retrouver les anciens des Cercles réunis afin de reconstituer les groupes blanquistes à l’occasion du retour de Emmanuel Chauvière en Belgique en octobre. Ce dernier est rapidement expulsé, ce qui met probablement fin à cette tentative. En 1890, il regagne le giron du POB, avec la plupart des membres du PSR.

En 1881, membre des Cosmopolitains, Gabriel Brodkom rédige un testament où il déclare « vouloir être enterré sans aucune cérémonie religieuse par les soins de ce groupe, en particulier par ceux d’Égide Govaerts* choisi comme exécuteur testamentaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139465, notice BRODKOM Gabriel. par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 mars 2012, dernière modification le 17 janvier 2020.

Par Jean Puissant

SOURCES : Registres de la population de la ville de Bruxelles - Archives de la ville de Bruxelles, dossier Police de Bruxelles n˚4 600–- Archives Egide Govaerts – Archives générales du Royaume, Fonds Police des étrangers n˚ 311118, dossier Emmanuel Chauvière – WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), deel III, Leuven-Paris, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60).

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