BURLÉON Jean-Baptiste.

Par Jean Puissant

Âgé de 40 à 50 ans en 1893, décédé au début de décembre 1909. Mineur, aubergiste à Jolimont (aujourd’hui commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies), dirigeant syndical des mineurs, membre de l’Association internationale des travailleurs.

Jean-Baptiste Burléon est mineur et aubergiste à l’enseigne de l’Union socialiste, fondée en 1876, à Jolimont. Il est dépeint en 1893 comme étant âgé de « quarante à cinquante ans », « roux, barbe rousse », « le vrai type du mineur du Centre » ... « pas plus que ça, mais il a pour lui la franchise et l’audace. » Il est un des orateurs que les ouvriers aiment le mieux entendre. Il parle avec humeur joyeuse et ne ménage jamais ses auditeurs. Sa devise, citée dans l’ouvrage de De la Sociale de 1894, serait : « L’ouvrier n’est petit que parce qu’il se fait petit lui-même. »

Jean-Baptiste Burléon est secrétaire adjoint de l’Union des houilleurs du Centre, basée essentiellement sur le secteur Haine-Mariemont (arr. Soignies/Charleroi), fondée en 1872. La section appuie en 1873 une grève de soutien aux ouvriers licenciés pour leur solidarité avec une grève de métallurgistes, dont les conséquences provoquent la diminution du nombre de membres qui passe de 800 à 387.

Jean-Baptiste Burléon représente, avec C. Selvais*, les mineurs du bassin du Centre, au Congrès de l’Association internationale des travailleurs (AIT) de Jemappes (aujourd’hui commune de Mons, pr. Hainaut, arr. Mons) le 17 mai 1875. Il y diffuse Le Mirabeau. À la fin de l’année, à la suite d’une diminution générale de salaires, une importante grève de 10.000 ouvriers éclate. Burléon en est le principal dirigeant. Il est l’auteur d’un manifeste qualifié de « révolutionnaire ». Il est accusé « d’appel à l’émeute » par le Gouverneur du Hainaut le 12 janvier 1876. Cet appel imprimé à Liège confirme les relations du Centre avec le bassin liégeois à cette époque.

Jean-Baptiste Burléon assiste au Congrès de l’AIT, qui se tient à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) les 27 et 28 janvier 1876, et demande « qu’on traite les mineurs avec douceur, on doit leur parler le moins possible de violence. » L’union est anéantie à la suite de la grève... les mineurs sont dans la panique. Il ne croit pas que, dans ces circonstances, nombreux seraient les ouvriers du Centre participant à une manifestation nationale dans la capitale. Il est présent encore à la Conférence nationale à Bruxelles le 10 décembre 1876, réunissant les socialistes bruxellois, anversois et gantois. Il siège au bureau.

Par la suite et pendant plus de dix ans, le nom de Jean-Baptiste Burléon ne réapparaît plus. S’est-il retiré du militantisme ? A-t-il quitté la Belgique ? Pour trouver du travail ? Après 1876, la plupart des organisations ouvrières du bassin du Centre disparaissent. Son café ne lui permet certainement pas de vivre durant cette régression du mouvement. Il n’est pas présent lors de la réorganisation des sociétés ouvrières après la fondation du Parti ouvrier belge (POB), ni durant la période agitée de 1886-1889.

Par contre, dès l’automne 1889, le nom de Jean-Baptiste Burléon réapparaît au sein du Comité fédéral du POB à côté des militants de la coopérative, Le Progrès de Jolimont. Mais à la suite de la réunification des forces socialistes, le POB et le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) en 1890, il ne fait plus partie de la direction fédérale. Par contre, de 1890 à 1893, il participe très régulièrement aux meetings dans la région. Dès sa reconstitution, en novembre 1890, il est membre du Comité de la Fédération régionale des mineurs. En 1891, il participe également à l’organisation syndicale des métallurgistes et à l’organisation de la solidarité avec les métallurgistes en grève en février-mars 1891.

Jean-Baptiste Burléon ferait également partie, à cette époque, du Comité de la coopérative, Le Progrès, où il serait devenu ouvrier boulanger, maître boulanger en 1898. Il s’agit donc d’une personnalité importante du socialisme naissant dans la région.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139489, notice BURLÉON Jean-Baptiste. par Jean Puissant, version mise en ligne le 6 mars 2012, dernière modification le 17 janvier 2020.

Par Jean Puissant

SOURCES : WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), deel II, Leuven-Paris, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60) – DE LA SOCIALE, Histoire du socialisme et de la coopérative dans le Centre, La Louvière, 1894 – Archives départementales du Nord, Rapport du commissaire de la police spéciale de Feignies, 1893 – Icono, dans LEKE, J., À travers le Centre. Croquis et mœurs, Bruxelles, 1907, p. 88 (dessin M. Meunier).

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