LEROY Renée [née HINGRAY Renée]

Par Jean-François Lassagne

Née le 7 mai 1934 Saulxures-sur-Moselotte (Hautes Vosges) ; comptable à la Verrerie de Portieux ; militante de la CGT ; secrétaire du comité d’entreprise et du comité central d’entreprise ; cheville ouvrière de la lutte pour la défense de la Verrerie ; administratrice à l’URSSAF, et à l’ASSEDIC ; membre du Parti communiste ; militante du Secours populaire.

Renée Leroy
Renée Leroy

Son père François Hingray était originaire de Remiremont (Vosges) où il naquit le 9 mai 1911. Tailleur de pierre, ouvrier textile, puis aiguiseur-affuteur-planeur à Portieux où il militait à la CGT, il termina contremaître dans une scierie à Provenchères-sur-Fave (Vosges), et mourut en 1957. Seconde d’une famille de sept enfants, sa mère Marie-Thérèse Lassauce était née le 11 janvier 1911 à Remiremont (Vosges), où elle travailla comme serveuse dans un bar, avant d’épouser François Hingray. À la mort de ce dernier elle se trouva contrainte de travailler chez Boussac. Marie-Thérèse Hingray mourut le 21 mars 1991. Dès l’âge de quinze ans, en 1949, Renée Hingray fut employée à la verrerie de Portieux. Débutant durant trois ans à la production, et après un passage au service paye, elle y demeura quarante-deux ans, et termina comptable. Syndiquée à la CGT le jour de son embauche, elle fut élue déléguée du personnel, puis secrétaire du comité d’entreprise, et assura également le secrétariat du comité central d’entreprise de la Compagnie Française du Cristal, après la fusion des verreries en 1971. En 1959 elle épousa Maxime Leroy, un vosgien de Thaon-les-Vosges, né le 13 décembre 1939, qui militait à la CGT à l’usine Boussac de Vincey (Vosges), jusqu’en 1985 où il devint secrétaire général de l’Union départementale des Vosges.

Il était également devenu premier adjoint au maire de Portieux, élu en 1983 sur la liste majoritaire de la Verrerie de Portieux, où demeurait le couple, qui avait eu des jumeaux en janvier 1960. Il fut régulièrement réélu y compris aux élections municipales de 2008. Ce fut en 1981 que la Compagnie Française du Cristal annonça des restructurations ainsi que l’arrêt de l’activité de plusieurs unités dont entre autres les verreries de Portieux, de Fains-les-Sources (Meuse), de Vallerysthal (Moselle). Dès lors débuta l’occupation de la verrerie, et Renée Leroy devint une des chevilles ouvrières de la lutte pour sa sauvegarde, avec parmi autres, Robert Didelot et Raymond Ferry. Avec 266 autres travailleurs qui versèrent également six mois de leurs indemnités de chômage, elle créa en 1982 une société anonyme à participation ouvrière, Les Arts de Portieux, dont elle devint la directrice financière et administrative, avec Robert Didelot à la direction de la production. Avec le départ du directeur au bout d’un an et demi, et la mise en redressement judiciaire, la reprise fut assurée en 1984 par monsieur Robert après des licenciements, et un cadre accepta de diriger l’entreprise. Un nouveau plan de redressement déboucha en 1986 sur la reprise de la verrerie par Bernardaud (des porcelaines de Limoges), qui investit dans un four neuf. Renée Leroy demeura comptable, mais le propriétaire voulait se débarrasser de la CGT et le fit savoir lors d’une réunion (discrète) à la Préfecture des Vosges. Originaire du nord de la France et possédant une entreprise de sièges pour bébés à Moyenmoutier (Vosges), Louis Catherine reprit alors la verrerie et investit à Portieux, où il procéda à des embauches. Cette situation ne plaisant pas au patronat local, des fonds destinés à la verrerie furent bloqués par les autorités politiques, et la liquidation survint en 1991. Renée Leroy démissionna alors en 1992, à l’arrivée du nouveau repreneur, comme son fils Thierry Leroy par la suite, victime de harcèlement. Dès 1995 les principaux dirigeants de la CGT avaient été exclus de la verrerie, et en 2011 ne demeuraient que sept salariés.

L’Union départementale des Vosges avait confié à Renée Leroy les mandats d’administratrice à l’URSSAF ainsi qu’à l’ASSEDIC ; par ailleurs elle milita dans le mouvement mutualiste. En 2004, elle prit ses distances avec la direction de l’UD à la suite d’un différent. Après son départ de la verrerie elle s’engagea au Secours populaire à Épinal, où elle assuma bénévolement la comptabilité jusqu’en 2008.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139512, notice LEROY Renée [née HINGRAY Renée] par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 31 janvier 2012, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Renée Leroy
Renée Leroy

SOURCES : entretiens avec Renée Leroy les 17 février 2011 et 23 janvier 2012 ; archives du couple Leroy et de la CGT.

ICONOGRAPHIE : photo de la collection de Renée et Maxime Leroy.

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