LUCAS Marcel

Par Jacques Girault, Alain Prigent

Né le 11 juillet 1929 à Penmarc’h (Finistère), mort le 12 avril 1991 à Quimper (Finistère) ; instituteur ; secrétaire de la section départementale du SNI du Finistère, membre du bureau national du SNI à partir de 1965-1966 ; militant communiste, adjoint au maire de Trégunc (Finistère).

Fils d’Yvon Lucas, instituteur, militant du Parti communiste français après la Libération, comme son épouse sans profession, Marcel Lucas obtint le baccalauréat et devint instituteur remplaçant en 1951 dans le Nord du département, dans la petite école de Saint-Derrien, dans la « Terre des Prêtres ». Il se lança tout de suite dans l’action pour la défense de l’école publique et fut délégué cantonal du Syndicat national des instituteurs. Par la suite, il enseigna dans l’école du hameau de Saint-Philibert à Trégunc où il fut le trésorier de l’amicale laïque.

Marcel Lucas se maria, en octobre 1951 à Bénodet (Finistère) avec une institutrice. Le couple eut quatre enfants.

Pendant son service militaire, au début des années 1950, Marcel Lucas afficha « une bonne attitude » selon le secrétaire de la fédération communiste. En effet, membre des Jeunesses communistes, il fut le secrétaire de la fédération des JC de 1946 à 1950.

Marcel Lucas devint, en 1957, membre du conseil syndical de la section départementale et fut responsable du parrainage des écoles dés­héritées. Il devint, après le départ de Michel Mazéas, pour le centre de formation des professeurs de collèges, instituteur à Trégunc et militant syndical et communiste comme lui, le responsable du courant « unitaire » dans le Finistère. En 1958, la tendance « Majorité nationale » (12 élus) dominait encore largement les autres courants (Bouches-du-Rhône, 8 élus et École émancipée, 4 élus). Les rapports de force se resserrèrent en 1960 puis en 1962 (les trois courants ayant 12, 10 et 3 sièges). En juin 1964, la liste de Jean Perrin* (« majorité nationale », 1 118 voix, 10 élus) était talonnée par celle conduite par Lucas (« Unité et Action », 1 111 voix, 10 élus), son chef de file étant membre du bureau départemental, la liste Ropars* améliorant son influence (EE, 393 voix, 4 élus). En 1967, le basculement se fit comme dans le Morbihan voisin. Lucas devint secrétaire de la section, soutenu par 11 conseillers (1 264 voix). Perrin, malade et absent du terrain, vit son courant s’affaiblir (1 095 voix et 10 conseillers). Il céda en 1973 le secrétariat départemental à Yvonne Cochennec, institutrice à Melgven.

Délégué dans les congrès nationaux du SNI à partir de 1959, Marcel Lucas intervenait régulièrement. Le 9 juillet 1959, dans la séance consacrée à la « nationalisation de l’enseignement », à partir de son expérience des luttes laïques en Bretagne, il en concluait que le Comité national d’action laïque devait s’élargir et revenir à la formule d’un cartel d’organisations. Le 7 juillet 1960, dans la discussion du rapport de Clément Durand sur « les formes et les conditions actuelles de la pénétration cléricale. Les perspectives de l’action laïque et de l’action anticléricale », il souhaita que le serment laïque du 19 juin ne donne lieu à « aucune compromission ». Au nom de sa section, il indiqua, le 5 juillet 1961, que sa section ne voterait pas le rapport moral puisque le SNI n’avait pas condamné la participation des instituteurs dans les jurys pour les CAP de l’enseignement privé. Le 13 juillet 1962, il confirma que sa section ne votait pas le rapport moral estimant que l’action du SNI pour la défense de la laïcité avait été « nettement insuffisante ». Candidat au bureau national en décembre 1961 en douzième position sur la liste « Le prestige du SNI dépend d’une orientation correcte et ferme et de la vraie démocratie syndicale » conduite par Alfred Sorel, il arriva en quinzième position sur sa liste après le vote des membres du conseil national. Lors du congrès national du SNI, il intervint dans la discussion du rapport pédagogique et laïque présentant la dégradation de l’enseignement primaire dans son département. Pour l’élection du bureau national du SNI en décembre 1965, il figurait en huitième position sur la liste "Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort" conduite par Alfred Sorel. Élu, il fit partie des commissions sociale, corporative, affaires extra-métropolitaines, relations internationales, finances. Dans son intervention lors du congrès du SNI, le 12 juillet 1965, il déclara apporter un vote favorable au rapport moral et précisa que « la lutte pour la laïcité est inséparable de la lutte pour une authentique démocratie », à construire par l’union des forces de gauche.

Secrétaire de la section départementale du Finistère jusqu’en 1973, il fut réélu jusqu’en 1976 au bureau national parmi les représentants de la tendance « Unité et Action ».

Marcel Lucas adhéra au PCF en novembre 1944 à Penmarch. Membre du comité de la section communiste de Trégunc, il participa au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes pendant les vacances de Pâques 1954. Il entra directement au bureau de la fédération communiste en 1959. Lors de la conférence fédérale de 1966, à la suite de difficultés avec sa section, il n’assista plus aux réunions du bureau fédéral. Non réélu au bureau fédéral, il devint seulement membre du comité fédéral à partir de cette année jusqu’en 1976, puis par la suite à nouveau membre du comité fédéral jusqu’à son décès. Lors de la crise qui divisa les communistes du Sud-Finistère, au début des années 1980, et qui culmina en 1985, il prit position pour la direction fédérale contre Paul Le Gall, ancien membre du comité central du PCF. En 1991, il présidait l’Association départemen­tale des vétérans communistes.

Marcel Lucas, élu conseiller municipal de Trégunc lors d’une élection partielle en 1967, occupa un poste d’adjoint jusqu’en 1971. Candidat aux élections législatives de 1958 dans la cinquième circonscription (Landivisiau), il obtint 1 810 voix sur 60 900 inscrits. Il ne fut pas représenté en 1962 car il demeurait désormais à une centaine de kilomètres de la circonscription.

Marcel Lucas mourut à l’hôpital de Quimper. Un hommage civil lui fut rendu au cimetière de Saint-Philibert, en Trégunc. L’instituteur communiste Jean Kervision lui consacra un article dans Le Travailleur Bigouden, périodique de la section du PCF, n°142, avril-juin 1991.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139619, notice LUCAS Marcel par Jacques Girault, Alain Prigent, version mise en ligne le 9 février 2012, dernière modification le 21 novembre 2019.

Par Jacques Girault, Alain Prigent

Photo : Collection Jean Kervision.
SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse syndicale. — Presse locale. — Notes de J. Kervision. — Entretien d’Alain Prigent avec Yvonne Cochennec.

ICONOGRAPHIE : Marcel Lucas lors d’une remise de décoration.

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