LUCAZEAU Jacques

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 16 juillet 1935 à Barzan (Charente-Maritime), mort le 23 avril 2019 à Tours (Indre-et-Loire) ; instituteur puis professeur de collège, puis principal de collège ; militant du SNI puis du SNC ; militant communiste en Charente-Maritime.

Fils de Jules Lucazeau, futur maire de Barzan, et d’une receveuse buraliste, Jacques Lucazeau, instituteur à Aytré, devint maître de collège d’enseignement général au CEG Saint Exupéry dans le quartier de Port-Neuf à La Rochelle (Charente-Maritime), puis professeur d’enseignement général de collège au début des années 1970 dans le même établissement devenu collège d’enseignement secondaire.

Il se maria en août 1958 à La Flotte (Charente-Maritime) avec la fille d’un comptable à la Préfecture maritime de Rochefort.

Militant de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, il fit partie de la commission des jeunes au milieu des années 1960. Élu au conseil syndical en 1966 sur une liste unique, il devint membre du bureau départemental, responsable adjoint de SUDEL aux côtés de Crouail. Réélu au conseil syndical et au bureau en novembre 1967, toujours sur liste unique, il fut responsable de la propagande avec Jean-Paul Gardre. Au scrutin suivant en mars 1970, les élections départementales furent organisées sur listes de tendances ; candidat sur la liste « Unité et Action », il ne fut pas réélu.

Pendant son service militaire, il fut affecté en Algérie. Il milita par la suite dans la section départementale de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie. Il assurait dans la presse communiste départementale une chronique régulière destinée aux soldats.

Jacques Lucazeau adhéra au Parti communiste français en 1955. Secrétaire de la section communiste d’Aytré, il entra au comité de la fédération en 1962 puis au bureau fédéral en 1964. En 1968, il fut élu au secrétariat fédéral, responsable de la propagande. Il participait depuis la fin des années 1960 à la rédaction de la presse communiste fédérale et suivit l’école d’un mois du PCF en 1968.

Membre du bureau du comité républicain d’Aytré au milieu des années 1960, il était aussi membre des bureaux de l’amicale des HLM et de l’association des parents d’élèves dont il devint dans les années 1970 le secrétaire adjoint départemental. Il animait aussi le foyer des jeunes de la commune. À La Rochelle, dans les années 1970, il était membre du bureau de l’amicale des locataires d’HLM, membre du conseil d’administration du comité de défense des intérêts du quartier de Port-Neuf. Il était aussi le vice-président de la Maison des jeunes et d’éducation populaire du quartier.

Il fut le suppléant du candidat communiste aux élections législatives de 1967 dans la première circonscription (La Rochelle). Il fut candidat sur la liste « d’union de la gauche socialiste et démocratique » conduite par Léon Belly aux élections municipales de La Rochelle en 1971. Candidat au Conseil général dans le premier canton de La Rochelle en septembre 1973, il obtint 1758 voix en 1973.

Jacques Lucazeau réorienta sa carrière, dans les années 1980, en devenant principal du collège Jacques Prévert de Moncoutant (Deux-Sèvres) d’abord, puis du collège Jean Rostand de Thouars (Deux-Sèvres) de 1984 à 1997, date de son départ à la retraite. Divorcé, il se remaria en septembre 1985 dans cette ville.

Toujours étiqueté membre du PCF à son arrivée à Thouars, mais syndiqué au Syndicat national des collèges, il se comporta en adversaire constant de la section syndicale (S1) très active du SNES où militaient les deux secrétaires « Unité et Action » successifs du département (S2), Jean-Claude Géron et Jean-Pierre Gay, ce dernier devenant secrétaire général de la section académique (S3) à partir de 1992. Pour contrer le SNES, qui occupait tous les sièges d’enseignants au conseil d’administration de son collège, il monta avec de jeunes professeures nouvellement arrivées, une liste concurrente ; mais les deux enseignantes élues sur cette liste, adhérèrent au SNES dès la rentrée suivante. Il demanda ensuite (1987) la suppression du poste de professeur certifié d’anglais occupé par Jean-Claude Géron, alors qu’il était le plus ancien dans l’établissement et que sa compétence était reconnue par l’inspection. Le S1 du SNES demanda en audience l’arbitrage de l’Inspecteur d’académie, qui désavoua le principal.

Jacques Lucazeau se tourna à cette époque vers la vie politique locale en briguant à deux reprises un mandat municipal à Thouars sur la liste de Philippe Morin (divers droite), en 1989 (21e sur 33) et en 1995 (16e). Il ne fut pas élu lors de ces scrutins remportés par la liste de Serge Moulin (Parti socialiste).

En mars 1998, candidat à l’élection régionale sur la liste départementale (6e sur 12) conduite par Alain Garcia, dissident RPR, il ne fut pas élu, sa liste n’obtenant que 7,7% des voix et qu’un seul siège au conseil régional (à Thouars la liste recueillait 5,5% des suffrages exprimés).

Enfin, en 2001, il fut candidat – sans plus de succès – sur une liste sans étiquette à l’élection municipale dans sa commune de résidence (Brion-près-Thouet).

Séparé de sa seconde femme, il quitta la région thouarsaise. Dans un article paru au printemps 2007 dans La Nouvelle République (édition de Tours), il apparaissait en photo dans le local de l’Union pour la Majorité Présidentielle au moment de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.
Décédé le 23 avril 2019 à Tours, il avait fait don de son corps à la science.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139623, notice LUCAZEAU Jacques par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 9 février 2012, dernière modification le 1er mai 2021.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. mun. La Rochelle (Sylvie Denis), Thouars. — Archives du comité national du PCF. — Bulletin du SNI de Charente-Maritime. — Bulletin du S2 du SNES des Deux-Sèvres. — La Nouvelle République du Centre-Ouest, éditions des Deux-Sèvres et de l’Indre-et-Loire. — Témoignages des militants du SNES de Thouars.

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