MARIN Georges, Louis, Jean-Marie

Par Jacques Debesse

Né le 14 mai 1939 à Monaco (Principauté) ; ingénieur aéronautique ; délégué du personnel CFDT de Sud-Aviation à Courbevoie (Hauts-de-Seine) de 1967 à 1973, secrétaire de la section CFDT SNIAS Les Mureaux (Yvelines) puis secrétaire de l’inter SNIAS (1974-1983), administrateur d’Aérospatiale (1983-1991).

Fils de Joseph Marin, ingénieur électricien, fonctionnaire au ministère de la Reconstruction et du Logement, et de Marie-Louise Lorenzi, femme au foyer, tous deux catholiques pratiquants, Georges Marin fut l’aîné d’une sœur et d’un frère. Bien que ses parents demeurassent à Paris, il naquit à Monaco, où résidaient ses grands-parents et rejoignit la capitale à l’âge d’un an et demi. Il fut marqué, dans sa petite enfance, par les traumatisantes descentes de nuit, aux abris, lors des bombardements, et par l’enthousiasme populaire à l’arrivée de la Deuxième Division blindée du général Leclerc place Denfert-Rochereau (XIVe arr.), où son père l’avait emmené. Il fréquenta l’école publique maternelle puis primaire du boulevard Arago (XIIIe arr.). Ses parents l’avait inscrit au patronage des dominicains du couvent Saint-Jacques, 20 rue des Tanneries (XIIIe arr.) où il fut Cœur vaillant (1947-1951). Reçu en 1950 à l’examen d’entrée en sixième du lycée Henri IV (Ve arr.), il obtint le baccalauréat (« mathématiques élémentaires ») en 1957. Il avait intégré la section JEC du lycée en 1953, sans y prendre de responsabilité. Il entra à l’École des techniques aéronautiques et de construction automobile (ETACA), rue Boutebrie à Paris (Ve arr.) et, fervent partisan de la paix en Algérie, il adhéra à l’UNEF. En 1962, il obtint le diplôme d’ingénieur aéronautique. Il fut appelé sous les drapeaux, d’octobre 1962 à avril 1964, dans l’Armée de l’air, affecté à la base aérienne d’Avord (Cher).

Georges Marin fut embauché en avril 1964 à Sud-Aviation à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine), en qualité d’ingénieur, employé au service « simulation de vol » des programmes Concorde puis Airbus. Abonné à Témoignage chrétien, il était conscient de la nécessité d’un engagement syndical. Dans cette entreprise, dominée par la CGT, son choix se porta vers la CFDT : il était attiré par le dynamisme de ses jeunes dirigeants, notamment Jacques Castanier, et son orientation non catégorielle, contrairement à la CGC. Après avoir « creusé son trou » professionnel, il se syndiqua en avril 1967 et fut le premier ingénieur à y adhérer au sein de l’établissement. Élu délégué du personnel en novembre 1967, il participa activement à l’occupation de l’usine en mai-juin 1968. Il fit partie des négociateurs CFDT
qui réclamaient, outre des augmentations de salaire, l’égalité des statuts sociaux, face au PDG Maurice Papon. Il fut désigné délégué syndical en 1968 par le Syndicat parisien des industries aéronautiques et spatiales (SPIAS-CFDT), composante de l’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM-CFDT). Il représenta sa section au conseil du syndicat, dont le secrétaire général était Roger Dumas*.

Lorsque son usine fut fermée en 1973, conséquence des vastes réorganisations liées à la création, en 1970, de la Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS), par fusion des sociétés Sud-Aviation, Nord-Aviation et SEREB (Société pour l’étude et la réalisation d’engins balistiques), Georges Marin participa aux négociations des conditions de mutation des personnels, répartis en grande majorité vers les établissements de la SNIAS, aux Mureaux (Yvelines) et en Aquitaine. Il fut muté à l’établissement des Mureaux, spécialisé dans l’activité spatiale, où il travailla sur le programme Ariane V. Accueilli avec enthousiasme par les responsables de sa nouvelle section syndicale, composée essentiellement d’ouvriers, notamment Joseph Le Bohec, Jean-Jacques Géhère*, Joseph Sauty, il fut élu immédiatement délégué du personnel et désigné délégué syndical par le SPIAS-CFDT. En 1974, il devint secrétaire de la section. La CFDT devint majoritaire au comité d’établissement en 1978, avec Jean-Jacques Géhère pour secrétaire. Georges Marin, qui représentait sa section syndicale au conseil du SPIAS, fut mandaté par celui-ci au conseil de l’UPSM. Il prit une part active aux décisions de l’union, relatives notamment aux évolutions structurelles de la métallurgie CFDT en région parisienne : les syndicats d’industrie couvrant un champ géographique régional furent remplacés par des syndicats interbranche, circonscrits à des zones territoriales plus proches des entreprises. C’est ainsi que Georges Marin fut le premier secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie sur le nord du département des Yvelines (STM 78 nord-CFDT), élu lors de son congrès constitutif (1976-1979). Pour l’information des travailleurs de l’usine SIMCA à Poissy (Yvelines), située sur son champ d’activité, et dont le syndicat « maison », aux méthodes fascisantes, s’opposait violemment aux autres syndicats, il organisa des distributions de tracts par plusieurs dizaines de militants grâce à l’appui de la CFDT interprofessionnelle et de la confédération.

Georges Marin fut désigné, en 1977, secrétaire de l’inter SNIAS (structure de coordination des sections syndicales de l’entreprise en France), succédant à François Le Madec, élu conseiller municipal de Nantes (Loire-Atlantique). Cette responsabilité l’amena à conduire l’équipe CFDT qui négocia, auprès de la direction générale, l’application des mesures législatives de 1982 instaurées par le gouvernement Mauroy (lois dites « Auroux »), relatives au droit du travail et au droit d’expression des salariés dans l’entreprise. À l’extérieur de l’entreprise, durant son mandat de secrétaire d’inter, il représentait la SNIAS au conseil de l’Union fédérale des industries aéronautiques (UFIA) au sein de la Fédération de la métallurgie (FGM-CFDT). Devenu membre du bureau de l’UFIA, il reçut mandat de la FGM pour participer aux rencontres du secteur aéronautique de la Fédération européenne de la métallurgie (FEM). Lorsque la nouvelle loi de nationalisation du 13 février 1982 fut mise en application, permettant aux salariés des entreprises nationalisées de postuler, par élection, à des postes d’administrateurs de leur société, la CFDT présenta Georges Marin. Après son élection en 1983 comme administrateur salarié d’Aérospatiale (nouvelle appellation de la SNIAS), il quitta sa responsabilité de secrétaire d’inter. Il assura la représentation des salariés dans l’organisme de direction de l’entreprise durant deux mandats (1983-1991) et, malgré les difficultés de gestion de charges de travail et d’emploi du temps, il mit son point d’honneur à conserver une activité professionnelle aux Mureaux. Souhaitant revenir à des fonctions syndicales au sein de cet établissement, il ne se représenta pas pour un troisième mandat d’administrateur. Il retrouva une activité de délégué du personnel, de délégué syndical et participa aux réunions locales du syndicat de la métallurgie (STM 78 Nord-CFDT) dont il avait été secrétaire. Il maintint également son activité nationale au sein de la Fédération de la métallurgie jusqu’en 1998, date à laquelle il partit en préretraite, dans le cadre d’un contrat de solidarité.

Retraité, Georges Marin continua de cotiser à la section syndicale CFDT d’Aérospatiale des Mureaux jusqu’en 2003, lorsqu’il fit transférer son adhésion à l’Union territoriale des retraité de Paris, en participant régulièrement aux réunions de l’Union des retraités CFDT du XIVe arr. Il avait adhéré au PSU (1968-1979) et fut membre de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) durant la scolarité des enfants de sa compagne. Il intégra la communauté de la chapelle Saint-Bernard, sise au 34 place Raoul Dautry à Paris (XVe arr.), attenante à la gare Montparnasse, participant aux activités d’échanges, d’accueil des voyageurs et de soutien aux sans-abri.

Il s’était marié en 1990 à Paris (XVe arr.) avec Monique Delhomme qu’il avait connue en 1973. Elle travaillait au siège de la Fédération de la métallurgie CFDT (FGM), rue Mayran à Paris (IXe arr.) comme secrétaire de Jacques Chérèque, secrétaire général de la fédération. Elle devint sa compagne en 1976 et le couple éleva les enfants de Monique Delhomme, jumeaux nés en 1967.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139629, notice MARIN Georges, Louis, Jean-Marie par Jacques Debesse, version mise en ligne le 9 février 2012, dernière modification le 9 février 2012.

Par Jacques Debesse

SOURCES : Archives UPSM et FGMM-CFDT. — Entretiens avec Georges Marin, octobre et novembre 2011.

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