GIORGI Anillo

Par Daniel Grason

Né le 16 mars 1903 à Cervignano (Italie) ; ouvrier cimentier ; antifasciste ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Giassone et de Catherine, née Pasean, Anillo Giorgi épousa Dalila Mazzuchini, le couple eut deux enfants. Fuyant la répression, il vint en France en 1931, il fit l’objet d’un refus de séjour.

Veuf, il partit vivre en Espagne, lors de la formation des Brigades internationales il s’engagea. Incorporé dans la XIIe Brigade Garibaldi, il combattit en Aragon, suivit des cours à l’école d’officiers, fut nommé capitaine, il fit fonction de chef de bataillon de la 4e compagnie du 1er mai 1937 au 15 août 1938. Selon Andreu Castells, il était communiste, fut destitué, remplacé par Martino Martini, incarcéré plusieurs mois à la prison de Castelldefelds, jusqu’à son rapatriement.

Anillo Giorgi fit la connaissance de d’Enriqueta Perez-Alonso, ils se marièrent. Ils rentrèrent en France le 28 janvier 1939, par Port Vendres (Pyrénées-Orientales), il demanda le statut de réfugié politique. La Ligue des droits de l’homme intervint en sa faveur, il obtint une autorisation de séjour renouvelable. Il était selon la police membre du parti républicain italien en France, le couple habita 3 rue Jarry, Xe arr., puis 19 rue des Trois Frères, XVIIIe arr.

Lors de la déclaration de guerre, il s’engagea dans la Légion étrangère, fut incorporé au camp de Sathonay (Rhône) le 1er février 1940. À la suite d’une chute de cheval, l’armée le réforma. Il ne se découragea pas, souscrivit un nouvel engagement dans l’Infanterie au centre de Reuilly, XIIe arr., reconnu apte. Du fait de la capitulation, il ne fut pas appelé. Sans travail, sa femme subvenait aux besoins du couple, elle était employée par les Autorités allemandes au Soldatenheim (foyer du soldat) sur l’avenue des Champs-Élysées.

Le 17 juin 1942, la préfecture de police convoqua Anillo Giorgi, il se présenta en toute confiance, son titre de séjour était valable jusqu’au 2 août, des policiers l’attendaient. Arrêté, interné le jour même à la caserne des Tourelles selon les instructions du commandant SS-Sturmbannführer Karl Boemelburg qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français.

La police allemande vint le chercher le 25 février 1943, il fut emmené au camp d’internement sur l’île Anglo-Normande d’Aurigny. Après le débarquement des alliés le 6 juin 1944 en Normandie, les Allemands transférèrent les prisonniers sur le continent, il s’évada et regagna Paris.

Il obtint sa naturalisation, le décret parût le 2 août 1947. Anillo et Enriqueta habitaient à la même adresse. Il exerçait sa profession d’ouvrier cimentier à la société Aglo-Construction à Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne). En mai 1955, il demanda au Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre sa carte de déporté, interné politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139648, notice GIORGI Anillo par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 février 2012, dernière modification le 5 février 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 122 35743. – Castells Andreu, Las Brigadas internacionales de la guerra de España, Ariel, 1974. – Traduction Monique Dureville-Labarta.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément