MAY Adolphe, Jean, dit Dolfi

Par Léon Strauss, Gilles Morin

Né le 3 mai 1909 à Mulhouse (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine), mort le 26 octobre 1979 à Mulhouse (Haut-Rhin) ; employé des PTT ; journaliste, puis cadre d’imprimerie ; militant de la SFIO, du PDS, puis du MDSF ; secrétaire de la section socialiste de Mulhouse de 1937 à 1939 et après 1945, adjoint au maire de Mulhouse (1953-1977), directeur adjoint du Républicain du Haut-Rhin, conseiller général du Haut-Rhin (1958-1964), président de la Libre pensée de Mulhouse.

Adolphe May, fils d’Adolphe May, tombé sur le front russe en 1915, et de Marie Mathilde Bringel, fut élevé par son grand-père qu’il vénérait et qui l’initia au socialisme. Admis en 1920 à l’école préparatoire de l’École normale d’instituteurs (catholique) du Haut-Rhin à Colmar, il la quitta brusquement pour une raison inconnue en 1921, ce qui lui valut en avril 1937 une attaque du journal clérical, Mülhauser Volksblatt. Il obtint cependant le brevet de capacité pour l’enseignement primaire et le brevet d’enseignement primaire supérieur en 1925. En 1927, il réussit le concours d’entrée aux PTT à Dijon et, l’année suivante, fut nommé au central téléphonique de Mulhouse.
Membre actif des Amis de la Nature, Adolphe May avait adhéré en 1925 aux Jeunesses socialistes et en 1929 au Parti socialiste SFIO, dont il devint secrétaire de la section de Mulhouse en janvier 1937. Il épousa le 30 mars 1933 Jeanne Martin, qu’il côtoyait depuis six ans déjà, fille du grand ancêtre du socialisme mulhousien, Jean Martin*. Ils eurent deux enfants. Franc-maçon, il fut initié à La Parfaite Harmonie de Mulhouse en 1933. Dans les années trente, il présida la musique ouvrière Le Progrès. Il fut surtout le président de la section mulhousienne de la Fédération régionale des Libres Penseurs d’Alsace et de Lorraine créée en 1932 par des militants socialistes. Il donnait périodiquement des conférences pour propager l’athéisme et l’anticléricalisme : le 9 avril 1937, il parla à la Maison du Peuple devant 700 personnes des « secrets du confessionnal » , ce qui provoqua au même moment une réunion de protestation groupant près de 1800 personnes au cercle catholique voisin. Syndicaliste des PTT, il fut aussi secrétaire administratif adjoint de l’UL CGT de Mulhouse et militait dans les associations antifascistes.

Mobilisé en 1939, et fait prisonnier en juin 1940 dans les Vosges, il fut libéré en juillet 1940 en qualité de Volksdeutscher alsacien-lorrain. Il réussit cependant à gagner la France non annexée et travailla à la direction régionale des PTT à Nantes (Loire Inférieure) jusqu’à son retour à Mulhouse libérée le 1er janvier 1945.

À la SFIO, il reprit le secrétariat de la section de Mulhouse et devint secrétaire fédéral adjoint du Haut-Rhin. Il fut, en août 1945, délégué du Haut-Rhin au congrès national de la SFIO. Muté à Sedan (Ardennes) en 1946, il quitta les PTT pour entrer le 1er janvier 1947 au quotidien socialiste de Mulhouse, Le Républicain du Haut-Rhin tout en assurant le secrétariat parlementaire de Jean Wagner*. Après la cessation de publication du journal, il fut cadre de l’imprimerie Union jusqu’à son départ à la retraite en 1969. Il militait aussi dans de multiples organisations et associations, syndicales, culturelles et sportives, se vantant de connaître ainsi une grande part de la population mulhousienne.

Succédant à sa femme qui était élue municipale depuis 1945, Adolphe May était entré au conseil municipal en 1953 où, adjoint au maire Émile Muller*, il avait été délégué aux affaires sociales et aux travaux jusqu’en 1977, date à laquelle il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat.
Élu conseiller général de Mulhouse-Est en 1958, il fut battu en 1964 par un UNR. Il occupa encore pendant ses mandats d’élus locaux des responsabilités dans l’Office public d’HLM de Mulhouse, le Centre hospitalier, le SIVOM de l’agglomération mulhousienne, la société anonyme des transports en communs.
Il fut suppléant du député Émile Muller en 1958 et en 1962. Il suivit ce dernier au PDS en 1970, puis au MDSF en 1973.

May siégeait depuis la Libération au conseil d’administration de la Mutuelle de la ville de Mulhouse.

Il mourut en octobre 1979 et son corps fut incinéré, en fidélité avec ses convictions de vice-président de la Société crématiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139690, notice MAY Adolphe, Jean, dit Dolfi par Léon Strauss, Gilles Morin, version mise en ligne le 18 février 2012, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Léon Strauss, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 98AL715. — Arch. Nat., F/1cII/322, 563 ; 19940500/235/3879. — Archives de l’OURS, dossiers Meurthe-et-Moselle et Haut-Rhin. — DBMOF. — Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, p. 2575. — Le Monde, 9 novembre 1979. — « L’adieu d’Émile Muller », Le Démocrate socialiste, n° 10, novembre-décembre 1979.

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