LESKIEWICZ Jean (Jan)

Par Daniel Grason

Né le 3 juillet 1903 à Falejowka (Pologne) ; manœuvre ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant.

Cliché fourni par Rajmund Mazur.

Fils de Michel et de Victoria, Jean Leskiewicz épousa Maria Kafara, le couple vint en France. Il partit combattre en Espagne, fut incorporé dans la XIIIe Brigade internationale Jaroslaw Dombrowski.

Pendant la guerre, le couple demeurait dans un baraquement de l’avenue de Liévin à Lens (Pas-de-Calais). Jean Leskiewicz travaillait comme manœuvre à l’usine synthétique de Liévin. À la suite de l’arrestation en novembre 1941 de François Sobocki, l’un des responsables du triangle du parti communiste polonais en France, la police lança un vaste coup de filet. Des militants français, yougoslaves et polonais impliqués dans des actions contre les occupants allemands furent arrêtés.

Des agents dirigés par le commissaire de police de Lens se présentèrent en soirée le 22 novembre à son domicile. Il prit immédiatement la fuite, sautant par une fenêtre à l’arrière du baraquement. Etaient dissimulés derrière une tapisserie, des tracts du parti communiste en français et en polonais, ainsi que des documents en polonais. Ces papiers permirent d’établir son rôle de responsable, il était en liaison avec Simon Ciurlik et avec la section communiste de Méricourt, le responsable de la cité ouvrière du Maroc, avec celui de la fosse 13 des mines de Courrières qui comprenait les communes de Sallaumines, Avion et Noyelles-sous-Lens.

Sa femme Maria, trente-huit ans, fut arrêtée et incarcérée à la prison de Béthune. La police dressa le portrait-robot de Jean Leskiewicz et le diffusa : « Taille 1,70 m, corpulence assez forte, cheveux châtain, visage allongé entièrement rasé, teint pâle. Etait vêtu au moment de sa fuite, d’une veste en toile bleue et d’un pantalon de couleur foncé, portait une casquette grise et était chaussé d’espadrilles ».

Le juge d’instruction de Béthune délivra le 24 novembre un mandat d’arrêt pour « vol, complicité et recel ». Le juge écrivait « vol » pour des cartes de rationnement subtilisées pour les militants contraints à l’illégalité. La police diffusa l’avis de recherche dans le département de la Seine dès le 13 décembre 1941. Les policiers étaient toujours à sa recherche en octobre 1943. Simon Ciurlik ou Cuirlik fut appréhendé, fusillé le 4 novembre 1942 dans les fossés de la citadelle d’Arras (Pas-de-Calais).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139694, notice LESKIEWICZ Jean (Jan) par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 février 2012, dernière modification le 2 juin 2021.

Par Daniel Grason

Cliché fourni par Rajmund Mazur.

SOURCES : Arch. PPo. 77W 738, 77W 1783. – Jean-Marie Fossier, Zone interdite, Éd. Sociales, 1977. – Site Internet GenWeb.

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