MIERSMAN Fernand, Maurice, Germain

Par Bruno Béthouart

Né le 31 août 1924 à Bavinchove (Nord), mort le 5 décembre 2010 à Liévin (Pas-de-Calais) ; agent administratif aux Mines de Lens ; président régional puis national de la fédération des ETAM CFTC, président du syndicat régional du Nord des mineurs CFTC.

Fils de Fernand Miersman, ajusteur électricien aux Houillères du Nord, et de Valentine Pauwels, mère au foyer, tous deux très pratiquants dans la paroisse d’Avion (Pas-de-Calais), Fernand Miersman suivit, à l’école publique d’Avion, des études qui le menèrent au brevet élémentaire puis il obtint un CAP de comptable. Il faisait alors partie de la section JEC et JOC d’Avion et fréquentait les secrétariats sociaux entre 1950 et 1960. Entré aux Mines de Lens le 23 novembre 1941 comme agent administratif, il devint chef de bureau à 27 ans. Âgé de vingt ans à la fin de la guerre, il entra en relations avec des groupes de résistance puis adhéra à la CFTC en septembre 1944, remplit la charge de collecteur, fut élu délégué du personnel, puis secrétaire de la section de son établissement. Il devint président régional puis national de la Fédération des ETAM des Mines en succédant en 1962 au congrès de Metz à Louis Delaby. Fernand Miersman participa aux côtés de son chef syndical aux combats qui permirent à son organisation de rester majoritaire à la Caisse autonome de retraites des employés des mines (CAREM) avec 46,30 % des voix et 4 sièges en 1953, 50 % et un siège en plus en 1957, 55,25 % et autant de sièges en 1961. Lors des élections de 1965, une nouvelle liste CFDT n’obtint que 3,09 % des voix et la CFTC « maintenue » recueillit 47 % des suffrages et 4 sièges.

Ces succès au sein de la corporation minière s’expliquent notamment par la crédibilité des propositions faites par les responsables syndicalistes chrétiens. Grâce à un décret de décembre 1956, l’indexation des retraites minières fut obtenue de même qu’à l’issue du congrès de Colmar en septembre 1960, une proposition prévoyait que moyennant l’allongement de la durée du poste d’un quart d’heure par jour, les mineurs devaient obtenir une journée de repos payée toutes les deux semaines. Léon Delfosse pour la CGT et Louis Delaby pour la CFTC apposèrent leur signature à ce texte commun qui fut ratifié par décision ministérielle le 15 octobre suivant En 1966, deux journées de repos vinrent s’ajouter de même lors des deux années suivantes. Au cœur de ces négociations, Fernand Miersman s’activa également pour trouver des solutions au déficit d’exploitation de la CAREM évalué à un milliard de centimes pour l’année 1969. Des discussions permirent d’opérer des rapprochements avec des régimes d’accueil dans le cadre de caisses interprofessionnelles. Fernand Miersman rédigeait à chacun des congrès les motions et les résolutions de la fédération ETAM depuis 1951 et celles de la fédération nationale des mineurs.

Dans le sillage de Félix Pierrain qui avait participé à la réorganisation de la sécurité sociale dans les mines portant création par le décret du 27 novembre 1946 de trois organismes intermédiaires, les sociétés de secours minières, les unions régionales et la caisse autonome nationale (CAN), Fernand Miersman devint administrateur de la Sécurité sociale minière. Il fut élu, à la suite de Félix Pierrain, président de l’Union régionale du Nord pendant 25 ans, puis, à la même date, lui succéda comme vice-président de la Caisse autonome nationale en 1964. Chargé de gérer dans le Nord la fixation et le paiement des indemnités liées aux risques d’accidents du travail et aux maladies professionnelles, il avait également en charge l’organisation de l’action sanitaire et sociale, notamment la mise en œuvre de l’action sociale en faveur des personnes âgées et la gestion d’un Institut médico-professionnel. Parmi ses autres fonctions figuraient le suivi de la Caisse d’allocations familiales des mineurs ainsi que, sur le plan national, la gestion des retraites des mineurs dans le cadre de la CAN (Caisse autonome nationale). Les responsables syndicalistes chrétiens avaient pu s’appuyer sur l’œuvre législative des députés CFTC tels que Jules Catoire*, Henri Meck* et surtout Louis Beugniez, rapporteur du projet de loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles le 4 octobre 1946.

La carrière professionnelle de Fernand Miersman évolua en 1954 quand il accéda au grade d’agent de maîtrise particulièrement chargé de la modernisation des manutentions au jour jusqu’en 1980. Nommé alors chef de service, puis conseiller technique à la direction du personnel pour l’étude des maladies professionnelles, il fit valoir ses droits à la retraite à partir du 1er février 1982. Administrateur du CHU de Lille pendant 25 ans, il fut choisi comme membre du Conseil économique et social régional (CESR) qu’il présida de 1985 à 1986 à la suite du décès de Maurice Hannart. Il assume depuis 1991 la fonction de président directeur général de l’Imprimerie de la Centrale de Lens fondée par des militants de la CFTC dès la Libération.

Avec son épouse, Augustine Housieaux née le 7 septembre 1923 à Annay-sous-Lens, il fonda une famille de cinq enfants composée de quatre garçons et une fille. Deux de ses fils se sont engagés au Parti socialiste, un autre a choisi de militer à la CFTC, un autre s’est investi dans l’action sociale en tant que directeur d’un établissement d’accueil de jeunes et de cas sociaux. Sa fille a choisi de participer à une association de parents d’élèves. Marqué par la formation livrée par les aumôniers du travail, les secrétariats sociaux, Fernand Miersman a toujours essayé de s’acquitter envers les générations plus jeunes d’une dette liée à la fréquentation des fondateurs du syndicalisme chrétien des mineurs tels que Jules Catoire, Joseph Sauty* et Louis Delaby. Officier de la Légion d’honneur, promu commandeur dans l’ordre national du Mérite, il a toujours veillé à fournir des articles au journal de la fédération des mineurs CFTC maintenue, L’Écho des Mines, et à tenir des conférences dans le cadre des secrétariats sociaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139749, notice MIERSMAN Fernand, Maurice, Germain par Bruno Béthouart, version mise en ligne le 23 février 2012, dernière modification le 20 janvier 2019.

Par Bruno Béthouart

Fernand Miersman reçoit la Médaille du mérite.

SOURCES : Témoignage personnel, courriers du 21 juillet 1997, du 15 novembre 1997. — Courrier d’Edmond Szymanski du 27 juin 1997. — Louis Delaby, La Trouée, Imprimerie La Centrale, 1977. — Supplément à l’Écho des Mines édition spéciale, juillet 1974, « 1924-1974 : un demi-siècle au service des travailleurs des mines, La fédération des mineurs CFTC ( ouvriers, ETAM, Ingénieurs, Retraités) », La Centrale, Lens. — D. Cooper-Richet, « Les étapes syndicales des ETAM de la mine », Le Mouvement social, octobre-décembre 1993. - Michel Launay, La CFTC Origines et développement 1919-1940, Paris, Publications de la Sorbonne, 1986. — Gérard Adam, La CFTC, 1940-1958 Histoire politique et idéologique, Paris, A. Colin, 1964. — Jacques Tessier, Marxisme ou doctrine sociale chrétienne ? Trente années de confrontation en France, Paris, Fayard, 1992. — Bernard Wozniak, La CFTC et le problème des maladies professionnelle dans les mines du bassin Nord/Pas-de-Calais (1945-1959), maîtrise, Lille III, 1976.

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