ANGENOT Henri.

Par Freddy Joris

Verviers (pr. Liège, arr. Verviers), 24 mars 1861 – Heusy (aujourd’hui commune de Verviers), 6 avril 1943. Journalier dans le textile puis libraire, délégué de la Fédération de la vallée de la Vesdre à la Commission du travail réunie à Verviers en septembre 1886, militant du Parti ouvrier belge, rédacteur en chef de plusieurs journaux socialistes, bibliothécaire, conseiller communal de Verviers.

Après avoir vécu quelques années en Argentine (à Buenos-Aires et Rosario), Henri Angenot ouvre une librairie à Verviers. Il anime durant plusieurs mois un cercle d’enseignement mutuel et milite dans les rangs du Parti ouvrier belge (POB) à partir de 1886 au moins. Journalier occupé à l’usine Peltzer à Verviers, il représente, avec Pierre Fluche, la Fédération de la vallée de la Vesdre au bureau de la Commission du travail, lors des séances des 16, 17 et 23 septembre 1886 à Verviers. Adolphe Gierkens est délégué de la Fédération des sociétés de secours mutuels à ce même bureau.
Au cours de la séance du 17 septembre, Angenot prend la parole lors de la discussion sur la caisse de secours mutuels de l’usine Peltzer. Il constate le peu de publicité faite autour des activités de la caisse et l’absence d’ouvrier au Conseil d’administration de la caisse. Il dit être le seul ouvrier à vérifier les comptes de la caisse alors qu’il est prévu cinq vérificateurs ouvriers.

Élu conseiller communal de Verviers en novembre 1895 (onze POB, neuf libéraux, neuf catholiques), Henri Angenot représente au conseil, face au leader socialiste Pierre Fluche, échevin dès 1896, la fraction du POB verviétois, partisane de la coopération et du syndicalisme plus que de la lutte électorale. De vifs incidents l’opposent à Fluche à l’occasion de la grève des métallurgistes de l’usine Houget en 1898, l’échevin prônant la conciliation et Angenot poussant à la résistance.

Ces incidents se répercutent jusque dans la presse socialiste locale dont Angenot est alors l’un des principaux animateurs. Il est successivement rédacteur en chef du Devoir d’octobre 1896 à août 1898, collaborateur d’En avant d’août 1898 à mai 1899, puis de La Voix du peuple durant l’été 1899.

Henri Angenot reste membre du conseil communal jusqu’au 22 janvier 1904, date à laquelle il est nommé bibliothécaire de la ville. Il prend sa retraite en 1925 ; tant après qu’avant celle-ci, il donnera de nombreux articles apolitiques aux quotidiens locaux et à divers périodiques littéraires.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140038, notice ANGENOT Henri. par Freddy Joris, version mise en ligne le 27 mars 2012, dernière modification le 20 décembre 2019.

Par Freddy Joris

SOURCES : Commission du travail instituée par Arrêté royal du 15 avril 1886. Procès-verbaux des séances d’enquête concernant le travail industriel, section régionale D, vol. II, Bruxelles, 1887, p. 135 – JORIS F., La presse verviétoise de 1850 à 1914, Louvain-Paris, 1982, p. 146-153 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 92) – JORIS F., Histoire des métallurgistes verviétois, Liège, 1982, p. 75.

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