LE ROSE Pierre, René, Jean. Michel dans la Résistance

Par Christian Bougeard

Né le 10 février 1923 à Concarneau (Finistère) ; voilier gréeur ; membre du CDL du Finistère ; responsable des JC, de l’UJRF et du PCF du Finistère ; secrétaire fédéral (1947-1956) ; conseiller municipal PCF de Concarneau (1977-1983).

Fils de Théophile Le Rose qui adhéra au PCF en 1936 (il mourut en 1938), Pierre Le Rose appartenait à une famille de marins. Il présentait sa famille comme « prolétarienne » côté maternel et « petite-bourgeoise » côté paternel. Le grand-père paternel s’étant enrichi dans le commerce et l’armement de bateaux, la famille Le Rose possédait une petite entreprise de voiles et de gréements à Concarneau, port de pêche de la côte sud du Finistère administrée par le maire communiste Pierre Guéguin depuis1935. Sympathisant du PCF avant guerre, Pierre Le Rose obtint son brevet élémentaire et entra comme ouvrier voilier gréeur en 1940 dans l’entreprise familiale dirigée par sa mère car son père était décédé en 1938. Son épouse Yvette Duvail, ouvrière d’usine, ayant appris le métier de couturière, avait arrêté de travailler après son mariage et un premier enfant en 1944. Selon lui, ses premiers contacts indirects avec le PCF eurent lieu en 1942 mais une importante rafle de la police de Vichy dans le Finistère sud désorganisa le parti clandestin. En 1943, en rapport avec Alphonse Duot fils, responsable concarnois du PCF et maire de la Libération, il dirigea un groupe de JC faisant de la propagande et intégra un groupe de FTP. Il participa à des feuilles clandestines, L’Étincelle des JC et L’Insurrectionnel du FN. En 1944, Pierre Le Rose devint responsable des FUJP et fut secrétaire du Comité local de libération mis en place à Concarneau lors de la libération de la ville en août 1944. Pierre Le Rose représentait déjà les FUJP dans le CDL clandestin du Finistère, présidé par le libraire quimpérois Adolphe Le Goaziou (démocrate chrétien), formé au printemps 1944 après une série d’arrestations et y resta quand il fut élargi à la mi-août. Il participa à l’épuration municipale et à la réinstallation des élus communistes de la côte sud révoqués ou déchus en 1940. Il aurait été délégué au congrès national du FN en février 1945 selon Eugène Kerbaul et aurait participé avec la délégation finistérienne aux États généraux de la Renaissance française à Paris le 14 juillet 1945.

Responsable des jeunesses communistes (bureau fédéral) et des FUJP, Pierre Le Rose fut coopté dès décembre 1944 au comité régional du PCF (adhérent JC en 1943, PCF au 1er janvier 1945) réorganisé par le chef des FTP et futur responsable national des JC et de l’UJRF Daniel Trellu et par Alain Signor, un ami de son père. Il devint responsable départemental de l’UJRF et effectua un bref service militaire comme spahi du 19 novembre 1945 au 14 mars 1946, sans doute parce qu’il était chargé de famille et avait combattu dans les FTP. En septembre 1946, Pierre Le Rose occupait les responsabilités suivantes : membre du comité fédéral du PCF et du bureau de section de Concarneau dont le maire et conseiller général était le communiste Robert Jan, vice-président de la section locale des anciens FTP et secrétaire fédéral à la propagande de l’UJRF. Il monta rapidement dans l’appareil : permanent de la direction fédérale (17 février-8 juin 1947), il fut élu secrétaire fédéral à cette date et était chargé de l’organisation en novembre 1949. Lorsqu’une crise importante éclata en février 1949, mettant à l’écart la députée et secrétaire fédérale Marie-Yvonne Lambert et renouvelant 24 membres du comité fédéral, Pierre Le Rose resta au secrétariat du Finistère dirigé par Daniel Trellu. Numéro deux du secrétariat au début des années 1950, Pierre Le Rose devint secrétaire politique lors du congrès fédéral du 1er mars 1953 dans une période où une ligne particulièrement sectaire et stalinienne fut appliquée dans le Finistère avec des exclusions et des autocritiques en série. Cette ligne dure de guerre froide conduisant à l’isolement fut de plus en plus critiquée par la direction nationale du parti et au congrès fédéral du 13 mai 1956, en signe d’ouverture, Pierre Le Rose fut remplacé comme secrétaire politique par Paul Le Gal*, un artisan maçon de Concarneau, mais il resta au bureau fédéral jusqu’en 1964, puis au comité fédéral. En 1956, pendant quelques mois il fut permanent à Brest du quotidien communiste Ouest-Matin avant de revenir dans sa ville où il dirigea la section du PCF (1958). En 1966, il était considéré comme commerçant.

Pierre Le Rose quitta le comité fédéral du PCF en 1968 pour des raisons de santé mais il fut réélu au bureau fédéral de 1970 à 1971, lorsque la fédération du Finistère fut divisée en deux, le nord et le sud. Puis, il siégea au comité fédéral de 1972 à 1990, étant même réélu au bureau fédéral en 1994 après les crises internes des années 1990. En 1979, il fut élu trésorier fédéral, conservant cette responsabilité lors de la réunification des deux fédérations nord et sud en 1986. Pierre Le Rose fut un important cadre du PCF finistérien pendant près d’un demi-siècle, élu au conseil municipal de Concarneau (1977-1983) dans le cadre de l’Union de la gauche et y présidant le groupe communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140096, notice LE ROSE Pierre, René, Jean. Michel dans la Résistance par Christian Bougeard, version mise en ligne le 29 mars 2012, dernière modification le 6 août 2018.

Par Christian Bougeard

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. Organigrammes des comités fédéraux du Finistère (1953-1968). — Eugène Kerbaul, 1640 militants du Finistère 1918-1945, Bagnolet, chez l’auteur, 1988, p. 27-28. — Isabelle Picart, Le PCF à Brest de la Libération à la fin de la IVe République, maîtrise d’histoire, Université de Bretagne occidentale, Brest, 1989.

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