MANCIAUX Marcel

Par Janine Olmi

Né le 12 mars 1924 à Terron-les-Vandresse (Ardennes), mort le 22 septembre 2008 ; prêtre du diocèse de Nancy, vicaire à Trieux (Meurthe-et-Moselle) puis au Vénézuela ; manutentionnaire aux coopérateurs de Lorraine, délégué CGT du personnel.

Second fils d’un cheminot, Marcel Manciaux eut pour mère Lucie Pissevin, couturière à façon. Ses parents étaient catholiques pratiquants. Le père, adhérent à la CFTC, fut en 1936 plus que réservé face aux interventions du PCF et de la CGT pendant le Front populaire. Le jeune Marcel Marciaux fréquenta l’école publique et ne passa pas le certificat d’études car il rejoignit le petit séminaire dès l’âge de douze ans et poursuivit son cursus au grand séminaire de Nancy avant d’être ordonné prêtre par Mgr Fleury, en 1947.

Il fut nommé vicaire à Sainte-Thérèse à Nancy puis à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) au cours de « l’Année sainte » de 1950 pendant laquelle il se rendit à Rome. Affecté ensuite à la paroisse de Trieux, il fut confronté aux fermetures des mines de fer et aux combats syndicaux opposant le patronat et la classe ouvrière rebelle. Le pasteur s’engagea, modeste et discret, aux côtés de la population luttant pour un avenir au pays. Il manifesta plus particulièrement sa sollicitude envers les enfants en détresse, face à l’angoisse de leurs parents. Le curé Manciaux avait choisi son camp : celui de la vie et de la solidarité. C’est parmi eux qu’il estima avoir découvert ce qu’était vivre en église, autant dans les meetings et défilés que par la figure du pape Jean XXIII dont les femmes de mineurs pleurèrent la mort.

Profondément marqué par la déconstruction de la culture des familles du pays minier et les réticences de Mgr Pirolley, le nouvel évêque de Nancy, Marcel Manciaux s’engagea ensuite pour une mission sacerdotale au Vénézuela, dans le cadre d’échanges au sein de l’Église, sous l’influence de l’ACO (Action catholique ouvrière) et de Mgr Riobé, évêque d’Orléans (Loiret). Il quitta la Lorraine pour côtoyer les favelas de Caracas appelés « barrios », alors que débutait l’année 1967. Une version admise indique que la durée d’expatriation était de cinq ans pour les prêtres dans son cas mais, selon d’autres versions, il aurait été réexpédié pour avoir manifesté en 1972 devant le palais de l’archevêque. Dans un texte écrit en 1997 pour le cinquantenaire de son sacerdoce, le proscrit rapporte sobrement : « J’ai dû, avec d’autres prêtres, aller trop vite, car on a été plusieurs à devoir faire ses valises bien contre notre gré. »

Durant son séjour à Caracas, il avait rencontré la religieuse Jeannine Larribau, native de Dax, fille de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, en poste dans un dispensaire. En 1977, de retour à Nancy, ils s’épousèrent. Jeannine Manciaux trouva de l’embauche au CPN de Laxou (Meurthe-et-Moselle), en qualité d’infirmière, métier qu’elle exerçait depuis les années 1950, d’abord à la maternité régionale de Nancy, puis dans la région parisienne, et enfin au Vénézuela. Son mari, n’ayant pas de formation technique, se retrouva manutentionnaire aux Coopérateurs de Lorraine. Élu délégué du personnel sur les listes cégétistes, il ne brigua aucun poste de responsabilité dans l’appareil syndical. En revanche, chargé de diffuser la Vie ouvrière, il séduisait le monde militant par sa gentillesse et sa disponibilité, chez les coopérateurs puis, en tant que retraité, au conseil départemental de Meurthe-et-Moselle.

Le couple se retira à la résidence Saint-Charles de Nancy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140165, notice MANCIAUX Marcel par Janine Olmi, version mise en ligne le 3 avril 2012, dernière modification le 4 décembre 2018.

Par Janine Olmi

SOURCES : Entretiens avec Jeannine et Marcel Manciaux, Marie-Louise Barot, ex-secrétaire générale du syndicat des Coop, membre du bureau de la fédération du commerce CGT, et des équipes de prêtres. — Le ciel était rouge, ouvrage collectif, Éditions Serpenoise, Metz, 1994. — Autobiographie diffusée par l’auteur. – Archives et entretien avec Jean-Luc Mangeart prêtre-ouvrier, Laxou.

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