LEMAIRE André dit capitaine Daniel

Par Maurice Renaudat, Claude Pennetier

Né le 13 juin 1920 à Groises (Cher), tué le 3 décembre 1944 à Saintes (Charente-Inférieure, Maritime) ; ouvrier agricole ; militant communiste du Sancerrois  ; résistant FTP.

Fils de cultivateurs, engagé dans l’armée d’armistice, André Lemaire la quitta lors sa dissolution après l’invasion de la zone sud en novembre 1942. Il regagna Feux, dans le Sancerrois, où ses parents habitaient le moulin de Savernay. Requis pour le STO, il se fit embaucher avec d’autres jeunes gens de Feux sur un chantier forestier et rencontra Julien Girault, le futur "commandant Maxime" .

Il mena des opérations efficaces, parfois spectaculaires, contre l’occupant. A plusieurs reprises, la maison des parents Lemaire fut perquisitionnée et André ne dut son salut qu’à un Allemand qui le laissa fuir.

Avec plusieurs camarades, il aménagea un abri souterrain qui pouvaitt accueillir de huit à dix personnes entre Savernay (commune de Feux)et la forêt du Libon. Des armes furent récupérées, notamment à La Charité-sur-Loire dans un dépôt de l’ennemi. D’autres furent fournies par Henry Diaz, du maquis de Maupioux, armes récupérées dans une cache du 1er RI.

Au cours de l’année 1944, André Lemaire devint le "capitaine Daniel" et s’illustra dans de nombreux faits d’armes. En avril 1944, avec Allano et Bourdiche, il captura à Beffes quatre policiers de la brigade spéciale d’Orléans venus pour procéder à des arrestations. Ces derniers furent relâchés pour obtenir la libération de 54 otages arrêtés par la police.

Le 19 mai 1944, "Daniel" et son groupe, venus à Veaugues pour empêcher l’arrestation d’un patriote, furent pris à revers par un fort détachement allemand. Ses sept compagnons furent tués, lui seul s’en sortit. Il reconstitua un groupe qui, au cours de l’été, devint la compagnie "L’Indomptable" avec un effectif de 140 hommes. Des dizaines d’opérations furent exécutées contre l’occupant.

En novembre 1944, "Daniel" et sa compagnie, incorporée au groupement "Bertrand" , partirent sur le front de Royan, où le 3 décembre il fut mortellement blessé par l’explosion d’une mine.

Membre du Parti communiste dans le Cher, il était membre du Comité départemental de Libération.
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Fédération communiste à Bourges.

Pendant toute cette période, toute la famille du "capitaine Daniel" participa activement à la Résistance. Sa soeur Yvette fut, à seize ans, son agent de liaison fort efficace. Ses parents, maltraités au cours de nombreuses perquisitions, furent emprisonnés au Bordiot, à Bourges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140250, notice LEMAIRE André dit capitaine Daniel par Maurice Renaudat, Claude Pennetier, version mise en ligne le 5 avril 2012, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Maurice Renaudat, Claude Pennetier

SOURCES : Conférence régionale de la Fédération communiste du Cher (24 et 25 mars 1945), 52 p., Bibliothèque marxiste de Paris, Br. B 936 (il est dit fusillé, par erreur). — Marcel Cherrier, Michel Pigenet, Combattants de la Liberté. La Résistance dans le Cher, Éditions sociales, 1976. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément