LEVILLAIN Henri, Lucien

Par Jean-Pierre Besse, André Delestre, Claude Pennetier

Né le 30 juin 1913 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 12 juin 2000 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime) ; ouvrier métallurgiste, riveteur ; militant communiste de Seine-Inférieure (Seine-Maritime) ; membre du secrétariat fédéral ; maire du Petit-Quevilly (1967-1983) et conseiller général (1982-1994).

À quatorze ans, il quitta la région du Bourg Dun (Seine-Inférieure) pour travailler sur le port de Rouen, puis fut embauché aux Chantiers et Ateliers de Normandie à Grand-Quevilly comme riveteur de coques. Henri Levillain adhéra aux Jeunesses communiste en 1929 et au Parti communiste en 1936. Il fut un militant actif avant la guerre. Il était perçu comme un cadre potentiel par la Commission de cadres qui lui fit remplir un questionnaire biographique en 1937, document conservé dans les archives du RGASPI à Moscou.
Henri Levillain fut secrétaire de la cellule d’entreprise et participa à la Résistance au Front national, créé par le PCF pour rassembler les patriotes. Résistant actif de la région rouennaise et des Chantiers de Normandie, il organisa l’hébergement de plusieurs résistants en danger, dont Maurice Mailleau et Christian Sénard, compagnons de travail et résistants du groupe Lorraine, maquis de Barneville. Il fut aussi un important agent de liaison et un militant du Front national. Arrêté par la police le 20 décembre 1943, sur son lieu de travail, par décision du juge Grivel, il fut emprisonné pendant 6 mois à la prison Bonne Nouvelle de Rouen et côtoya Césaire Levillain, chef du réseau Libération Nord. Il échappa aux exécutions sommaires pendant la débâcle allemande à Rouen et fut libéré le 20 juin 1944, ayant réussit à minimiser son rôle dans la résistance. Il fut nommé membre du triangle de la direction du PC en Seine-Inférieure, Seine-Maritime avec Célestin Dubois et Marcel Reix. Plus tard, Henri Levillain déclara que « ce fut une erreur stratégique que l’installation du maquis en forêt de Barneville dans l’Eure »
Henri Levillain fut, un temps, premier secrétaire fédéral à la Libération (1944-1946), remplacé à ce poste il demeura cependant au secrétariat fédéral. Le secrétariat de l’époque était composé de Jacques Eberhard, André Duroméa, Roland Leroy. En 1960, il remplaça Roland Leroy comme premier secrétaire fédéral. Permanent, il avait suivi une école centrale d’un mois puis une école centrale de quatre mois. En 1966, il quitta le secrétariat fédéral pour le bureau fédéral et Jean Malvasio le remplaça au poste de premier secrétaire fédéral.
Après la mort de Martial Spinneweber, Henri Levillain fut élu maire du Petit-Quevilly en 1967 et réélu jusque 1983, ou il passa la main à Robert Pagès. Il fut élu conseiller général en 1982 et réélu en 1989 jusqu’en 1994.
Il représenta son parti lors des élections législatives de 1967 dans la
2e circonscription de Seine-Maritime, celle d’Elbeuf, et arriva en deuxième position derrière le socialiste Tony Larue pour qui il se désista au second tour. En 1968, toujours dans cette circonscription, il enregistra un net recul n’arrivant qu’en quatrième position. En 1973, il arrivait à nouveau en seconde position et se désista pour Tony Larue.
Il était marié avec Marthe Podvin, chemisière dans un atelier-usine dans le quartier Saint Sever de Rouen. Sept enfants naquirent. Un de leur fils, Jacques Levillain, fut conseiller municipal de Saint-Étienne-du-Rouvray.
Depuis février 2008, une rue porte son nom au Petit-Quevilly.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140308, notice LEVILLAIN Henri, Lucien par Jean-Pierre Besse, André Delestre, Claude Pennetier, version mise en ligne le 12 avril 2012, dernière modification le 18 juin 2021.

Par Jean-Pierre Besse, André Delestre, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — RGASPI, 495 270 9093, dossier du Komintern, pas encore consulté. — SHD, Vincennes, GR 16 P 369974 (nc). — L’Humanité, février 2008.— Le Monde. — Archives familiales. Michel Croguennec, 1943, le maquis de Barneville, aux Éditions l’Écho des vagues.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément