LOCKERT Hélène, Marguerite

Par Julien Cahon

Née le 30 octobre 1891 à Court-Saint-Etienne (Belgique), morte le 30 mai 1966 à Amiens (Somme) ; professeure, puis directrice de l’École normale d’institutrices d’Amiens ; militante socialiste SFIO dans la Somme ; résistante ; vice-présidente fédérale de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) (1957-1958) ; conseillère municipale (1945-1947) puis adjointe au maire d’Amiens (1947-1959).

Hélène Lockert
Hélène Lockert
Le Cri du peuple, 15 novembre 1947

Fille de parents protestants « de vieille souche » qui lui donnèrent « l’exemple impérissable de la conscience et du devoir, ainsi que de l’aide humble et directe aux misères du prochain immédiat, dont l’existence a été un apostolat dépourvu de tout parti pris confessionnel et vers lesquels [elle se tournait] toujours aux heures graves de [sa] vie » (Discours d’Hélène Lockert, le 9 juin 1949, retranscrit dans Le Cri du peuple), Hélène Lockert suivit ses études à l’école primaire du faubourg de Hem et aux écoles normales d’institutrices d’Amiens et de Nancy (quatrième année). Elle entra à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (lettres) en 1913. Elle fut nommée en 1916 professeure à l’école primaire supérieure de Valognes (Manche) pendant deux ans, où elle s’intéressa aux œuvres de bienfaisance de l’école. Elle obtint en 1918 un poste de professeure de lettres et d’anglais à l’École normale d’Amiens. Elle s’occupa au milieu des années 1920, de la bibliothèque et effectua, en 1926, un séjour en Grande-Bretagne pour perfectionner son accent. Puis elle enseigna à l’école primaire supérieure devenue collège moderne d’Amiens sous l’Occupation, le gouvernement de Vichy ayant supprimé les écoles normales.

Trésorière du secours de guerre pour l’enseignement, elle fut décorée de la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze pour faits de résistance, et fut membre du comité d’épuration à la libération.

Militante socialiste SFIO, Hélène Lockert fut candidate aux élections municipales d’avril 1945 à Amiens. En 1945, à la réouverture des écoles normales, bien que non titulaire du certificat d’aptitude aux fonctions d’inspecteur primaire et de directeur des écoles normales, elle fit fonction de directrice de l’École normale d’institutrices d’Amiens, responsabilité qu’elle conserva jusqu’à sa retraite en 1952. L’établissement comptait 120 futures institutrices en 1948-1949. Officier d’académie (1927), officier de l’instruction publique (1933), Hélène Lockert fut décorée de la croix de la Légion d’honneur (grade de chevalier) au titre de l’Éducation nationale (1949) et de la médaille d’or de l’éducation physique et des sports (1949).

Réélue conseillère municipale d’Amiens en 1947 avec 10 181 voix, elle était la septième élue de la liste Maurice Vast* qui en comptait neuf et qui totalisait 370 544 suffrages. Après la dissolution du conseil municipal en mai, elle recueillit 11 652 voix et était de nouveau la septième élue de la liste socialiste qui en gagnait 53 680 suffrages (soit 14 élus). Réélue en 1953 avec 13331 voix, elle décida de ne pas se représenter en 1959. Au sein de l’assemblée municipale, elle fut élue septième adjointe en 1947. Désignée quatrième adjointe au maire en 1950 par 17 voix contre 13 à Augustin Dujardin* et 9 bulletins blancs, elle se vit attribuer le service social, les hospices et l’assistance, et assura notamment le bon fonctionnement du centre médico-scolaire d’Amiens. Elle occupa le poste de troisième adjointe à partir de 1953. D’autre part, de 1957 à 1965, elle fut déléguée cantonale.

En 1950, avec Maurice Vast*, Louis Prot*, Honeste Lagny*, Maurice Fécan, René Lamps* et Léon Dupontreué* notamment, elle figurait sur la liste des signataires, dans la Somme, de l’appel de Stockholm, qui exigeait l’interdiction absolue de l’arme atomique, et elle appartenait au comité de parrainage départemental pour l’appel de Stockholm.

Présidente du comité urbain de la journée des vieux, elle participa à la campagne de la CGT-FO en vue des élections à la Sécurité sociale et présidait, en novembre 1955, une réunion d’information et de propagande sur le thème de la défense des vieux travailleurs.

Vice-présidente de la fédération départementale de la Ligue des droits de l’Homme en 1957-1958, Hélène Lockert affichait un idéal laïc (« Oublions l’individu qui passe, pour ne considérer que l’esprit qui demeure », discours d’Hélène Lockert, le 9 juin 1949, retranscrit dans Le Cri du peuple), et fut responsable – et unique membre – de la commission départementale de contrôle de la Libre pensée en 1963.

Elle fut incinérée. Une rue d’Amiens porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140313, notice LOCKERT Hélène, Marguerite par Julien Cahon, version mise en ligne le 17 avril 2012, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Julien Cahon

Hélène Lockert
Hélène Lockert
Le Cri du peuple, 15 novembre 1947

SOURCES : Arch. Nat., F17 25516 B. — Arch. Dép. Somme, 21W2, 364, 23W64, 1471W40. — Bibliothèque Mun. Amiens, dossier PIC Guerre 1939-1945 n°5. — Le Cri du peuple, 1945-1971. — Le Courrier picard, 6 juin 1966. — Notes de Jacques Girault.

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