MALLINJOUD Georges

Par Jacques Girault

Né le 17 septembre 1921 à Idar (Allemagne), mort le 8 mars 2013 à Seynod (Haute-Savoie) ; instituteur ; résistant ; militant syndicaliste et de l’éducation populaire ; militant communiste en Haute-Savoie, conseiller municipal d’Annecy.

Georges Mallinjoud
Georges Mallinjoud
Le Dauphiné libéré

Fils d’un officier des forces d’occupation en Allemagne, Georges Mallinjoud, titulaire du baccalauréat, animateur d’un mouvement des auberges de jeunesse, habitait Annecy depuis le milieu des années 1930. Il adhéra aux Jeunesses socialistes SFIO sous le Front populaire et fut le trésorier de la fédération des JS de Haute-Savoie. Envoyé dans un chantier de Jeunesse (octobre 1941-juin 1942), il participa à la diffusion de matériaux clandestins. Il entra à l’école des contributions indirectes à Paris en novembre 1942. A sa sortie en juillet 1943, réfractaire au Service du travail obligatoire, révoqué par le gouvernement de Vichy avant d’être nommé sur un poste, il travailla comme bûcheron et participa, avec son père, au ravitaillement d’un maquis de l’Armée secrète avant de s’engager en août 1944 dans les FTPF. Il participa à la libération d’Annecy. Il adhéra aux Jeunesses communistes. Lors de la création du centre d’étude et d’information des Marquisats, il fit partie de l’équipe chargée du fonctionnement du centre qui fut à l’origine du mouvement "Peuple et Culture de Haute-Savoie". La Maison des Jeunes ouvrit, avec l’accord de la "République des Jeunes", le 14 janvier 1946 sous sa responsabilité provisoire qui dura un mois.

En janvier 1945, Mallinjoud entra au bureau de la fédération des JC de Haute-Savoie et devint administrateur de journal Vivre. En octobre 1945, il devint secrétaire fédéral de l’Union de la jeunesse républicaine de France.

Mallinjoud, dit « Geo », continua de travailler dans le cadre du Centre éducatif de « Peuple et Culture » comme animateur permanent et secrétaire général de l’organisation en Haute-Savoie jusqu’à la fin de 1945. Il fut un des fondateurs du Ciné-club d’Annecy en décembre 1945. En 1946, il devint rédacteur au journal quotidien créé par le Front national, Les Allobroges, dont il prit la responsabilité pour la Haute-Savoie jusqu’à sa cessation d’activité en 1956. Réintégré dans l’administration des contributions indirectes, il refusa une nomination à Vesoul (Haute-Saône) et demanda un poste d’instituteur, soutenu par le Syndicat national des instituteurs qui indiquait qu’il était « irréprochable » sur le plan de la laïcité. Après un remplacement à Annecy de courte durée, il suivit un stage de formation professionnelle de quatre mois à l’École normale d’instituteurs de Bonneville. Après avoir effectué des remplacements (Saint-Laurent, Saint-Sixt, Thorens), titularisé à Seynod, il fut muté à Annecy (groupe scolaire Carnot) où il exerça jusqu’à sa retraite.

Membre du SNI, Georges Mallinjoud, délégué du canton d’Annecy à partir de 1965, devint membre du conseil syndical de la section départementale du SNI en 1969-1974. Actif à la Fédération des œuvres laïques et dans les organisations péri-scolaires, il fut notamment le trésorier départemental de la Mutuelle accidents élèves.

En relations avec les militants de Peuple et Culture, il animait le ciné-club et sa culture cinématographique lui permit d’être membre du jury au début du festival de Cannes. Défenseur du film d’animation, il participa à l’organisation, avec des amis de Peuple et Culture en 1960, des journées internationales du cinéma d’animation, point de départ du festival international du film d’animation. Invité au congrès départemental de la FOL à Cluses en 2003, il développa dans son intervention l’idée que « l’esprit de résistance » était la « colonne vertébrale de l’éducation populaire ».

Militant du Parti communiste français depuis 1945, Mallinjoud, membre du comité de la section communiste d’Annecy, fit partie du secrétariat de cette section des années 1950 aux années 1970. Membre du comité de la fédération communiste depuis le début des années 1950, lors de la conférence fédérale, en mars 1956, il demanda des informations sur le XXeme congrès du Parti communiste d’Union soviétique et sur Staline. Alfred Malleret-Joinville* qui la suivait, qualifia cette démarche d’ « opportuniste ». Pourtant il fut élu membre du bureau de la fédération communiste de Haute-Savoie de 1956 à 1965, année où il devint membre du seul comité fédéral jusqu’en 1979. A partir du début des années 1970, il militait activement dans le Mouvement de la Paix et en fut membre du conseil local à partir de 1974. En 1967, il créa le chalet, devenu maison des Pionniers à Lapierre près de Thorens-Glières.

Mallinjoud se maria en mai 1948 à Annecy avec Rita Giusti, employée, animatrice de stages, membre du comité fédéral depuis le début des années 1950 et secrétaire départementale de l’Union des femmes françaises.

Mallinjoud, suppléant du candidat communiste dans la première circonscription (Annecy) aux élections législatives de 1958, représenta le PCF dans des élections au Conseil général en 1958 dans le canton Annecy Sud (921 voix sur 10 653 inscrits, troisième position, en 1961 dans le canton Annecy Nord, en 1970 à Annecy Sud, en 1982 à Annecy Nord Est). Il figura parmi les candidats communistes aux élections municipales. A partir de 1977, il s’agissait de listes d’union de la gauche. En 1983, élu conseiller municipal, très actif dans la politique sportive, culturelle et scolaire, il ne fut pas réélu par la suite.

Georges Mallinjoud fut un des 78 premiers retraités de la Haute-Savoie à appeler à voter pour les listes présentées par le SNUIPP et la Fédération syndicale unitaire aux élections professionnelles. Membre de la Société des amis du vieil Annecy, il publia un volume sur le sport.

Mallinjoud décéda à « La Tonnelle » dans le service de Gériatrie du Centre hospitalier de la région d’Annecy. Un hommage lui fut rendu le 12 mars. Prirent la parole la présidente de la maison des Pionniers, le secrétaire de la fédération communiste, un ancien des Glières, cofondateur de « Peuple et Culture ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140344, notice MALLINJOUD Georges par Jacques Girault, version mise en ligne le 19 avril 2012, dernière modification le 30 avril 2021.

Par Jacques Girault

Georges Mallinjoud
Georges Mallinjoud
Le Dauphiné libéré

ŒUVRES : avec BRUISSAN (Pierre), Annesci 35, « Souvenirs sportifs 1881-1965 », Annecy, 1998, 242 p.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse locale. — Renseignements fournis par l’intéressé et par Rémy Pergoux. — Le Dauphine libéré, 11 mars 2013.

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