MARCELLESI Christiane [née HOCQUES Christiane, Germaine]

Par Jacques Girault

Née le 13 mai 1929 à Ramillies (Nord) ; professeure ; militante syndicaliste du SNES, puis du SNESup ; militante communiste en Corse, en région parisienne, dans la Seine-Maritime et dans le Var, conseillère municipale de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime).

Son père, instituteur, secrétaire de mairie de Ramillies, reçu à l’École normale d’instituteurs de Douai, effectua sa scolarité comme élève-maître à l’école normale d’Auteuil, en raison de l‘occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale. Connaissant la langue allemande, il fut chargé d’apprendre le français aux mineurs polonais venus de la Ruhr où ils parlaient l’allemand. Il fut mobilisé en 1939. Le grand-père de Christiane Hocques fut chargé par l’entreprise Cail de transférer l’outillage à Fumel (Lot-et-Garonne). Pendant l’offensive allemande de mai-juin 1940, elle prit le chemin de l’exode et, avec sa mère, rejoignit difficilement ses grands-parents à Fumel ; son père, démobilisé, y arriva peu de temps après. Sa famille retourna à Ramillies au cœur de la zone interdite où leur maison avait été pillée. Son père reprit son poste d’instituteur. Elle fut inscrite au lycée Fénelon de Cambrai.

Christiane Hocques, marquée par les conditions de vie en terre allemande pendant la guerre, obtint le baccalauréat « Philosophie » et entra en classe de Première supérieure à Lille puis au lycée de jeunes filles de Versailles. Étudiante à la Sorbonne, elle obtint une licence de lettres classiques et le CAPES. Elle se maria en avril 1954 à Paris (VIe arr.) avec un professeur, syndicaliste et communiste, Jean-Baptiste Marcellesi. Ils adoptèrent une fille et un garçon. En 1963, dans le cadre de l’association France-URSS, ils encadrèrent, avec d’autres enseignants, un séminaire d’enseignants de français à Irkoutz en Sibérie.

Elle adhéra au Parti communiste français à la cellule des étudiants, en mai 1952 à la veille de la manifestation, à laquelle elle participa, contre la venue à Paris du général américain Ridgway.

Professeur au collège classique de jeunes filles d’Ajaccio, à partir d’octobre 1956, elle devint secrétaire de la section syndicale (S1) du Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Membre du bureau de la section communiste, elle participa à l’organisation de la riposte communiste après l’arrivée de putschistes en Corse en mai 1958.

Nommée en métropole au lycée de jeunes filles de Dreux (Eure-et-Loir) à partir d’octobre 1960, reçue au concours d’élève-inspectrice à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (Lettres) en 1962, elle refusa la nomination qu’on lui proposait. Elle reprit un poste à Dreux jusqu’à sa mutation en 1963 au lycée de Bois-Colombes, puis en 1965 au collège d’enseignement secondaire du Petit-Clamart. Elle exerça les responsabilités de secrétaire des sections syndicales du SNES de ces établissements et fut élue à la commission administrative de la section académique (S3) de Paris en 1967. Lors de la création des structures départementales du SNES dans les nouveaux départements de la région parisienne, elle fut la première secrétaire du S2 des Hauts-de-Seine en 1967.

Assistante à la faculté des lettres de Rouen en 1969, elle soutint une thèse de troisième cycle sur le vocabulaire de l’informatique sous la direction de Louis Guilbert et devint maître-assistante en linguistique, participant aux activités du laboratoire de socio-linguistique et préparant pour une thèse de doctorat sur les pratiques de la langue à l’école primaire en Haute-Normandie. Elle y renonça, après le décès de son directeur de thèse, Guilbert, après avoir enquêté dans de nombreuses écoles de la région. Elle militait alors au Syndicat national de l’enseignement supérieur.

À Clamart, elle créa la cellule communiste du quartier du Pavé blanc (Petit-Clamart) où elle habitait et dont elle devint la secrétaire. Elle fut candidate aux élections municipales en 1971, en deuxième position sur la liste de gauche, et en 1977, en seconde position sur la liste communiste. Elle quitta Clamart en 1977 pour aller habiter à Mont-Saint-Aignan. Membre du comité de la section communiste de Mont-Saint-Aignan, secrétaire de la cellule communiste de la faculté des lettres, elle fut en tête des candidats communistes sur la liste d’union de la gauche aux élections municipales en 1983 qui affrontait la municipalité de droite sortante. Elle fut la seule communiste élue et s’opposa à la majorité socialiste qui soutenait l’installation d’une grande surface commerciale. En 1989, la droite l’emporta. Première des non-élus en 1989, deux ans plus tard, après la démission d’un édile, elle fut pressentie pour lui succéder, mais elle refusa puisqu’elle habitait dans le Var.

Retraitée en 1991, retirée à Nans-les-Pins (Var) en 1993, secrétaire de la cellule communiste depuis la fin des années 1990, elle fut membre du comité de la section du canton de Saint-Maximin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140377, notice MARCELLESI Christiane [née HOCQUES Christiane, Germaine] par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 avril 2012, dernière modification le 6 mars 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Introduction et notes des Nouveaux classiques Larousse, Chateaubriand, René (1966) et Atala (1971).

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressée.

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