LORET Gilbert, Germain, Marie

Par Pierre Alanche

Né le 16 janvier 1937 à Changé (Mayenne), mort le 6 juin 2021 ; ouvrier modeleur bois ; délégué du personnel CFTC de Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) en 1958, délégué syndical central adjoint CFDT du groupe Renault (1969-1979), secrétaire fédéral de la FGMM-CFDT (1984-1997) ; conseiller municipal d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) de 1985 à 1989 ; secrétaire de la section PS de Deuil-la-Barre, Enghien (2005-2008) ; président du groupement de la région parisienne de la FNATH (2010).

Gilbert Loret en 1974
Gilbert Loret en 1974

Fils d’Auguste Henri Loret, valet de chambre et jardinier, et de Germaine Georgette Prudhomme, cuisinière, tous deux employés chez le vicomte de Banville au château du Bois Gamats à Laval (Mayenne), Gilbert Loret était le frère cadet de Marie-Ange Augustine, née le 21 octobre 1931. Ses parents, catholiques pratiquants, le scolarisèrent à la Maîtrise de la cathédrale de la Trinité à Laval (1944-1951).

Entré comme apprenti charron en août 1951 aux établissements Brasseur, petite entreprise de carrosserie automobile à Laval, il obtint le certificat d’études primaires en mars 1952 et le CAP de « menuisier en voitures » en juin 1954, lui assurant la qualification d’ouvrier professionnel P1, puis rapidement P2. Sous l’influence d’Henri Lemétayer*, un de ses tuteurs d’apprentissage, qui allait devenir syndicaliste chez Général-Motors en région parisienne, Gilbert Loret adhéra en 1954 au syndicat CFTC de la métallurgie de Laval. Des camarades du syndicat l’incitèrent à participer aux activités de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) locale.

Exempté du service militaire lors du conseil de révision en 1957, il quitta Laval à cause du manque de perspectives professionnelles et se fit embaucher le 2 avril 1957 chez Renault, à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), comme ouvrier spécialisé (OS1), dans le département 75 de l’usine O, sur la chaîne de montage des fourgons. Il suivit les cours du soir de l’entreprise et ceux de la chambre des métiers de la carrosserie automobile, lui permettant de devenir OS2, puis ouvrier professionnel P1 en mai 1960 et, quelque temps plus tard, P2 au département « modelage ». Il acquit la qualification de technicien d’atelier « modeleur bois » en 1963.

Dès son embauche, Gilbert Loret avait pris contact avec la CFTC de l’usine et fut admis rapidement au conseil (organe intermédiaire entre les adhérents et le bureau) du syndicat Renault des travailleurs de l’automobile (SRTA-CFTC). Délégué du personnel en 1958, membre du Comité d’hygiène et sécurité (CHS) en 1961, il fut désigné comme représentant syndical au Comité d’établissement (1968). Partisan de la déconfessionnalisation, il fit partie de la délégation de son syndicat au congrès confédéral de 1964 à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), qui vota l’évolution de la CFTC vers la CFDT. Il prit une part active à l’occupation de l’usine en mai et juin 1968 et devint membre du secrétariat du SRTA (1968-1979).

En prolongement des accords « de Grenelle », instaurant en 1968 la reconnaissance des syndicats dans les entreprises, un accord spécifique de droit syndical institua dans le groupe Renault, en 1969, la désignation d’un délégué syndical central d’entreprise et d’un adjoint pour chacune des confédérations légalement représentatives. Gilbert Loret qui, dès 1967, avait participé aux travaux de l’Union syndicale Renault CFDT (structure de coordination des sections syndicales des établissements de l’entreprise en France), fut nommé adjoint au délégué Bernard Poirier*, de l’usine du Mans (Sarthe), de 1969 à 1979. Durant cette période, il fut amené à suivre les nombreux conflits sur les conditions de travail des ouvriers spécialisés sur machines-outils et chaînes d’assemblage. Membre du conseil de la branche automobile de la Fédération de la métallurgie (FGM-CFDT) de 1974 à 1976, il contribua, sous la responsabilité d’Albert Mercier*, secrétaire national, à l’élaboration de la brochure fédérale Les conditions de travail des OS et des travailleurs postés. Il participa aux rencontres mondiales « Peugeot-Renault », organisées par la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) en 1974 à Genève et en 1978 à Paris. À l’issue de son mandat d’adjoint au délégué central, il se présenta aux premières élections prud’homales le 8 décembre 1979 et devint conseiller de la section industrie de Boulogne-Billancourt, alternant les responsabilités de vice-président et président du tribunal jusqu’en 2002, selon les rotations définies avec le collège des employeurs. Il avait fait partie des délégations du syndicat général des travailleurs de l’automobile (SGTA-CFDT), au sein duquel le SRTA était intégré comme composante de l’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM-CFDT), aux congrès de la fédération CFDT de la métallurgie en 1962 à Vincennes (Seine, Val-de-Marne), en 1974 à Grenoble (Isère), en 1977 à Strasbourg (Bas-Rhin) et en 1981 à La Rochelle (Charente-Maritime).

Gilbert Loret devint secrétaire fédéral de la FGMM-CFDT, détaché de l’entreprise, en fonction de l’accord de droit syndical en vigueur chez Renault (1984-1992), puis avec le statut de préretraité (1992-1997). Au siège de la fédération, 49 avenue Simon Bolivar à Paris (XIXe arr.), il suivit les activités des branches « jeux-jouets », « bijouterie-joaillerie-orfèvrerie », « machinisme agricole ». Il reçut mandat de la confédération pour la représenter au conseil d’administration de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), dont il devint secrétaire en 1984.

Il avait adhéré au Parti socialiste unifié (PSU) en 1969, à la section d’entreprise de Renault-Billancourt, animée par André Chatel* et Bernard Hennet*. En 1974, il fit partie des militants du PSU et de la CFDT qui, dans le cadre des « Assises du socialisme », entrèrent au Parti socialiste (PS). Présenté aux élections municipales de 1983 sur la liste d’Union de la gauche à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise), il siégea au conseil municipal, en raison de la vacance d’un élu (1985-1989). Il devint secrétaire de la section du PS de « Deuil-la-Barre, Enghien-les-Bains » (2005-2008).

Lors d’une session de formation sur les accidents de travail à l’Institut des sciences sociales et du travail (ISST) de Strasbourg (Bas-Rhin), lorsqu’il était secrétaire de la FGMM-CFDT, une relation s’établit avec la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés (FNATH). Il en devint militant à partir de 1986 et, sur demande de Michel Donot*, assura des permanences juridiques au sein de sa section de « Deuil-la-Barre, Enghien, Montmorency ». Membre du conseil d’administration, puis du bureau, il fut élu, en 2010, président du Groupement de la région parisienne.

Résidant successivement à Laval, Paris (XVe arr.) et Enghien-les-Bains, Gilbert Loret fut membre de l’Action catholique ouvrière (ACO) dès 1961. Il s’était marié le 27 juin 1964 à Enghien-les-Bains avec Madeleine Porcheron-Lucas, pédicure podologue, militante à Pax-Christi et au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire). Le couple, qui eut trois enfants, Anne (1966), Benoît (1970) et Véronique (1973) fut membre de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de 1973 à 1991.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140406, notice LORET Gilbert, Germain, Marie par Pierre Alanche, version mise en ligne le 22 avril 2012, dernière modification le 9 juin 2021.

Par Pierre Alanche

Gilbert Loret en 1974
Gilbert Loret en 1974

SOURCES : Archives UPSM-CFDT, Archives Renault-CFDT. — CCE-CGF-CGE-Société d’histoire des usines Renault, RENAULT, 1898-1998, cent ans d’histoire sociale, 1998. — Entretien avec Gilbert Loret, février 2011. — État civil.

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