MARCUARD Charles, Ferdinand

Par Jacques Girault

Né le 27 janvier 1913 à Nassandres (Eure), mort le 15 septembre 1974 à Troyes (Aube) ; instituteur dans l’Aube ; militant syndicaliste du SNI ; militant socialiste.

Charles Marcuard, délégué dans un congrès dans les années 1960
Charles Marcuard, délégué dans un congrès dans les années 1960

Dans des articles sur la célébration du centenaire de la révolte des vignerons de l’Aube, la presse locale, en 2011, rendit compte d’un spectacle écrit à partir de son livre Orage sur les ceps. Elle indiquait que Charles Marcuard était issu d’une famille de vignerons de la région. En vérité, son père, ouvrier sucrier en Normandie, qui effectuait son service militaire dans un régiment de dragons à Provins (Seine-et-Marne), fut envoyé pour le maintien de l’ordre à Bar-sur-Aube en 1911. Après le décès, en octobre 1914, de son épouse, née en Suisse, celui-ci épousa en 1919 une jeune fille qu’il avait connue à Bar-sur-Aube et qui n’était pas d’une famille de vignerons, puis il s’installa à Bar-sur-Aube comme photographe.

Élève du cours complémentaire de Bar-sur-Aube, Charles Marcuard entra à l’École normale d’instituteurs de Troyes en 1929. Il en sortit en 1933, titulaire du brevet supérieur, du certificat d’aptitude d’éducation physique, du certificat d’aptitude pédagogique, il commença son service militaire en Algérie en avril 1934. Élève officier de réserve à Saint-Maixent, il le termina en septembre 1935 comme sous-lieutenant. Il fut nommé instituteur à Saint-Phal (1935-1936). Détaché comme instituteur au lycée français de Téhéran (Iran) en 1936-1937, il réintégra l’Aube et fut nommé instituteur à Viapres-le-Grand (1937-1939).

Il se maria en juillet 1937 à Vendeuvre-sur-Barse (Aube) avec une institutrice qui devint conseillère pédagogique en fin de carrière. Le couple eut deux enfants.

Mobilisé comme lieutenant le 29 août 1939, Charles Marcuard fut fait prisonnier le 4 juin 1940 à Dunkerque. En captivité à l’Oflag 2D de Stettin en Poméranie, il s’évada dans un convoi sanitaire en septembre 1941. Il avait été nommé en directeur de l’école de Vendeuvre-sur-Barse en 1939 mais, mobilisé, n’avait pas occupé son poste qu’il reprit alors une année. Il fut nommé directeur de l’école de garçons de Bar-sur-Aube (1942-1949). Nommé en octobre 1949 professeur de lettres au cours complémentaire Achille Payeur de Sainte-Savine, il en devint le directeur en 1951 et termina sa carrière comme directeur du collège d’enseignement général en 1968.

Après avoir reçu une éducation religieuse dans son enfance, il devint athée à l’âge adulte et fut un militant laïque actif, notamment lors des manifestations contre les lois Debré en 1959. Il eut des responsabilités, entre autres, à la Fédération des œuvres laïques et dans des organisations de protection de l’enfance.

Membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, indiqué Marenard dans L’École libératrice, élu au Conseil départemental de l’enseignement en 1951, il démissionna collectivement à la demande du SNI pour protester contre la politique répressive du gouvernement et sa politique antilaïque à la fin de 1953. Lors des élections en janvier 1954, il l’emporta avec beaucoup plus de voix qu’en 1951. Élu secrétaire général de la section en 1957, il fut renouvelé régulièrement par la suite jusqu’en 1967. Il fut le secrétaire de la Fédération de l’Éducation nationale dans l’Aube en 1967-1968 Il avait été au cœur des actions des deux organisations dans l’Aube en mai 1958 et le fut à nouveau en mai 1968. Très investi dans les responsabilités corporatives et syndicales au niveau départemental, il joua un rôle national non négligeable s’appuyant le plus souvent sur son expérience de terrain.

Lors du congrès national du SNI, le 18 juillet 1957, Charles Marcuard prit la parole dans la discussion du rapport moral. Lors de la journée pédagogique avant le congrès national de SNI à Brest, le 16 juillet 1958 consacrée au « caractère original de l’enseignement dans les CC et les orientations possibles des élèves », après le rapport de Jeanne Lordon*, son intervention évoqua la question du passage en seconde pour les élèves que le SNI devrait, selon lui, favoriser. Lors du congrès du SNI à Strasbourg, il siégea au bureau de la séance consacrée aux affaires pédagogiques, le 7 juillet 1960. Lors du congrès de 1963, dans la discussion du rapport moral, le 8 juillet 1963, il souhaita que le SNI puisse agir pour améliorer les conditions de travail. Il fut aussi assesseur lors de la réunion du conseil national extraordinaire, le 8 septembre 1958, consacrée à l’examen du projet de Constitution.

Militant socialiste, Charles Marcuard fut candidat au Conseil général dans le canton de Vendeuvre-sur-Barse au début des années 1970.

Charles Marcuard écrivit deux ouvrages dans la collection « L’Amitié par le livre », proche des syndicats enseignants. Il donnait aussi des articles dans la presse régionale (L’Est-Eclair, Libération-Champagne ou L’Indépendant) rendant compte de voyages, notamment dans les pays socialistes (dont l’Arménie soviétique). Il rédigea entre autres dans Libération-Champagne, le 23 mars 1971, dans la rubrique « C’était il y a cinquante ans », un article commémorant le retour dans l’appellation « Champagne » des communes de l’Aube.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140413, notice MARCUARD Charles, Ferdinand par Jacques Girault, version mise en ligne le 23 avril 2012, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Jacques Girault

Charles Marcuard, délégué dans un congrès dans les années 1960
Charles Marcuard, délégué dans un congrès dans les années 1960
Charles Marcuard dans une manifestation à la fin des années 1960
Charles Marcuard dans une manifestation à la fin des années 1960
(collier de barbe)

ŒUVRE : Les Mirages, Blainville-sur-mer, « L’Amitié par le livre », 1968, 159 p. — Orage sur les ceps, Blainville-sur-mer, « L’Amitié par le livre », 1972, 270 p.

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par la famille de l’intéressé. — notes de Jean-Claude Jactat, SE-UNSA de l’Aube.

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