LUTZ Charles, Frédéric

Par Pierre Schill, Léon Strauss

Né le 8 juillet 1895 à Illkirch-Graffenstaden (Basse-Alsace), abattu le 4 décembre 1942 à proximité du camp du Struthof à Natzwiller (Bas-Rhin annexé de fait) ; militant communiste à Illkirch-Graffenstaden dans les années trente ; stage à Moscou, volontaire des Brigades internationales ; résistant.

Charles Lutz, à droite légèrement en retrait. Dans le Musique communiste d’Hagondange en 1925.
Charles Lutz, à droite légèrement en retrait. Dans le Musique communiste d’Hagondange en 1925.
Collection Pierre Schill

Charles Lutz était le fils de Georges Lutz, ajusteur, et de Dorothée Catherine Maeckel, tous deux protestants luthériens. Militant du Parti communiste, section d’Illkirch-Graffenstaden, Charles Lutz fut plusieurs fois licencié à cause de son action militante.
Employé stagiaire à la mairie d’Illkirch, il fit un court séjour à l’École léniniste internationale de Moscou qui se prolongea bien au-delà des trois semaines de son congé. À son retour, le maire Achille Baumann, patron des Grands-Moulins de Strasbourg, refusa de le titulariser.
C’est probablement suite à cela que Charles Lutz quitta l’Alsace pour s’installer en Moselle et travailler à partir du 5 février 1930 au secrétariat de la mairie d’Hagondange où Paul Lamm avait emporté les élections municipales de 1929. Très rapidement, le nouveau secrétaire de mairie devint l’un des plus ardents propagandistes communistes d’Hagondange et distribuait souvent des tracts devant l’entrée de l’UCPMI où il devait affronter la vigilance des gardes.
À la fin de l’année 1934, il était responsable de l’organisation au rayon communiste de la vallée de l’Orne (Moselle) qui regroupait alors six cellules et environ cent trente-cinq membres. Il dirigeait alors le comité antifasciste local et la section communiste d’Hagondange. En 1936, il fut membre de la musique communiste d’Hagondange, « L’Avenir ».
En mars 1937, Charles Lutz sollicita sa mise en congé pour aller s’engager en comme volontaire en Espagne républicaine, fut incorporé dans la XIVe Brigade internationale le 24 février 1937 et devint lieutenant. À son retour en 1939 il fut réembauché à la mairie. Révoqué en juin 1940 par le préfet de la Moselle pour avoir continué la propagande en faveur du Parti communiste dissous, Charles Lutz regagna l’Alsace où il travailla à la SACM, Société alsacienne de constructions mécaniques de Graffenstaden passée dans les mains de Krup.
Il se livra à des activités de toutes sortes contre les nazis, notamment en aidant des prisonniers de guerre français à s’évader. Il fut arrêté lors de la grande rafle des militants communistes alsaciens et incarcéré à compter du 19 août 1942 à la prison de Strasbourg, puis transféré dans les locaux de la Gestapo. Interné le 2 décembre 1942 au camp de rééducation de Schirmeck (Bas-Rhin annexé), il fut abattu deux jours plus tard à proximité du camp de concentration de Natzweiler-Struthof sous le prétexte classique de « tentative d’évasion ».
La rue du Progrès, où il était né, est devenue la rue Charles Lutz. Une rue porte son nom dans la commune d’Hagondange depuis le milieu des années cinquante et une plaque mortuaire figure sur un mur du cimetière d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin). Il obtint la Médaille de la Résistance en 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140433, notice LUTZ Charles, Frédéric par Pierre Schill, Léon Strauss, version mise en ligne le 4 janvier 2013, dernière modification le 9 avril 2018.

Par Pierre Schill, Léon Strauss

Charles Lutz, à droite légèrement en retrait. Dans le Musique communiste d’Hagondange en 1925.
Charles Lutz, à droite légèrement en retrait. Dans le Musique communiste d’Hagondange en 1925.
Collection Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle : 303 M 117 ; 24 Z 16. – Humanité d’Alsace et de Lorraine, 13 juillet 1945. – Infograff, Illkirch-Graffenstaden, no 73, 1999. – Volkstribüne, 30 avril 1925. – Info-Graff, no 73, hiver 1999. – RGASPI, pas de dossier à son nom dans les archives du Komintern, fond français. – RGASPI 545.6.1039 liste des Brigadistes français en Espagne républicaine. – Renseignements fournis par la mairie d’Hagondange (Moselle) et par Arthur Buchmann. – Michel Prosic, L’usine créatrice. L’usine de Hagondange : naissance de La Vie ouvrière (1910-1938), Ville de Hagondange, 1996, 221 p. – Victor Jolivalt, Hagondange. Du village à la cité (1848-1953), sl, 2000, 159 p. – État civil, Illkirch-Graffenstaden.

Iconographie : Humanité d’Alsace et de Lorraine, 7-8 janvier et 4 avril 1945.

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