MATHIEU René, Fernand

Par Jacques Girault

Né le 30 janvier 1904 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 26 mai 1991 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) ; instituteur en Dordogne ; militant syndicaliste de la FUE puis du SNI ; militant socialiste.

Fils d’un chaudronnier, René Mathieu reçut les premiers sacrements catholiques. Il fréquenta l’école primaire supérieure de Belvès (Dordogne) et entra à l’École normale d’instituteurs de Périgueux en 1922. Instituteur dans diverses communes jusqu’à son mariage religieux « pour satisfaire les parents », en décembre 1927, à Saint-Romain-de-Monpazier (Dordogne) avec une institutrice, fille d’un chaisier, il fut nommé en poste double à Saint-Cernin-de-l’Herm où il resta de 1928 jusqu’en 1956. Nommé alors à l’école Jules Ferry à Bergerac, il y termina sa carrière en 1960. Le couple eut un fils qui ne reçut pas de sacrements religieux. Libre penseur, il entretenait de bons rapports avec le clergé local. Il effectua son service militaire mais échoua volontairement à l’examen final de l’école des officiers de réserve.

René Mathieu, dans son manuscrit inédit, rappela ses actions scolaires avec son épouse (création d’une amicale laïque, d’une cantine scolaire avec l’aide de parents, d’un musée scolaire, d’une bibliothèque, utilisation du cinéma muet à partir de 1928 puis parlant à partir de 1946, création de sanitaires, de douches avec affiliation à « L’Hygiène par l’Exemple », organisation de cours post-scolaires, d’un groupe théâtral, d’excursions, d’une société forestière, secrétariat de la société cantonale de chasse). Ils furent cités nommément dans l’ouvrage d’Oscar Auriac, L’école exemplaire. Il était aussi le secrétaire de la mairie de cette commune dont le maire, avant 1939, résidait à Agen (Lot-et-Garonne).

En 1927, René Mathieu adhéra au syndicat affilié à la Fédération unitaire de l’enseignement puis rejoignit le Syndicat national des instituteurs. Membre du conseil syndical avant et après la guerre, gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938, il subit un retrait de huit jours de traitement. Il partageait les orientations pacifistes de la direction du SNI. Il participa à l’installation d’une colonie de vacances pour les enfants de républicains espagnols, dirigée par le directeur de l’école normale. Pendant l’année scolaire, il en reçut à la cantine scolaire de son village et leur donna des fournitures scolaires.

Membre du Parti socialiste SFIO, il créa et anima une section rurale à Saint-Cernin-de-l’Herm.

Au début de la guerre, René Mathieu participa à l’accueil des Alsaciens évacués en Dordogne. Mobilisé pendant trois mois en 1940, il fut actif dans la Résistance dans son département. Affilié au mouvement « Combat », il créa notamment un groupe « Victor ». Il écrivit un récit de cette période dans un autre manuscrit inédit. Avec son épouse Henriette, il aida des familles juives. Ils furent plus tard reconnus « Justes parmi les Nations ». Il y narra sa double expérience de résistants et de secrétaire de mairie, surveillé d’autant qu’il dirigeait la publication d’un bulletin « L’Amicaliste laïque ».

Après la guerre, secrétaire général de la section départementale du SNI de 1947 à 1960, il fut élu au Conseil départemental de l’enseignement primaire pendant plusieurs mandats. Il participa aux diverses réunions des instances nationales et fut assesseur lors de la réunion du conseil national, le 5 juillet 1954. Il rendit compte dans L’École libératrice, le 18 novembre 1955, d’une rencontre franco-allemande d’enseignants au Sonnenberg du 29 août au 7 septembre 1955.

Membre de la commission exécutive de la fédération socialiste SFIO, en 1956, René Mathieu était membre du secrétariat fédéral, responsable de la laïcité. Militant de la Ligue de l’enseignement, actif dans la Ligue des droits de l’Homme, il devint président de la section départementale de cette dernière.

Retraité, il vivait avec son épouse, à Bergerac dans les années 1970-1980.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140632, notice MATHIEU René, Fernand par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 mai 2012, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. mun. Bergerac (A. Dubourg). — Arch. OURS, fédération de la Dordogne. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Site Internet du Comité français pour Yad Vashem. — R. Mathieu, « La Communale 1928-1956 », manuscrit, 99 p. et « Sous les vagues de l’Occupation », manuscrit, environ 100 p. — Presse syndicale citée. — Auriac (Oscar), L’École exemplaire, initiatives et suggestions, documents classés et précédés d’un avant-propos par André Ferré*, Paris, A. Colin, 1948. — Note de Jean Battut.

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