MEJEAN Eugène, Alexis, Jean

Par Pierre Bonnaud

Né le 24 octobre 1924 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 14 janvier 2012 à Arles (Gard) ; ouvrier du bâtiment ; résistant FTPF en Ardèche ; secrétaire général de l’UD-CGT de l’Ardèche de 1950 à 1954 ; militant communiste ( Ardèche et région parisienne) ; secrétaire de la section PCF de Gennevilliers de 1958 à 1967 ; conseiller municipal de Gennevilliers de 1959 à 1983 ; collaborateur du comité central du PCF à partir de 1967 ; secrétaire de la section communiste de Vallon-Pont-d’Arc de 1983 à 1987.

Eugène Méjean naquit à Marseille mais sa famille était originaire de la région de Burzet (Ardèche). Son père Eugène Henri Méjean, mineur au gisement charbonnier de Prades, avait épousé Lucienne Legros. Il partit travailler dans la région marseillaise et trouva une embauche en 1920 à la compagnie des Tramways. Il adhéra au Parti communiste en 1922, fut secrétaire d’un des rayons communistes de Marseille dont il demeura adhérent jusqu’à son décès en 1983. De 1930 à 1940, il fut secrétaire du syndicat des employés de tramways. Révoqué en 1940, il se retira à Aubenas (Ardèche).

La mère d’Eugène Méjean décéda à sa naissance en 1924 et son père se remaria avec une veuve elle-même mère d’un enfant. Après avoir fréquenté l’école publique primaire, Eugène Méjean entra en apprentissage : il fut placé chez un plombier puis chez un ajusteur à la veille et au début du second conflit mondial.

En 1940, il se replia avec sa famille en Ardèche et travailla dans plusieurs entreprises du bâtiment. Ses premiers contacts avec la Résistance remontent à 1942 : il devint agent de liaison dans la région d’Aubenas sous le couvert de deux pseudonymes successifs : Bouclette puis Victor. Réfractaire du STO, arrêté à trois reprises par la gendarmerie, il réussit toujours à s’échapper. Il entra dans un groupe armé en 1944, la 7102e compagnie FTPF, dans la région du Cheylard, peu de temps après une incursion allemande sur cette petite ville. En octobre 1944, à Tournon, il adhéra au Parti communiste et signa un contrat d’engagement dans l’armée jusqu’à la fin des hostilités. Il fut incorporé dans le 11e bataillon de l’armée des Alpes (chasseurs alpins) placé sous le commandement d’Augustin Ollier* (Ravel). Il fut démobilisé en janvier 1946, après avoir refusé de partir en Indochine et suscité une manifestation dans son cantonnement à Hyères.

De retour dans la région d’Aubenas, il travailla dans différentes entreprises jusqu’en septembre 1950 : mosaïques pour les monuments funéraires, carrelages, eaux minérales de Vals-les-Bains. Il milita à l’UL CGT aux côtés de Jean Cholvy*.

Au congrès de l’UD du 3 octobre 1950, il fut élu secrétaire général (permanent) des syndicats de l’Ardèche où il succéda à Joseph Boiron*. Il assuma cette responsabilité jusqu’en octobre 1954. Il participa aux luttes des ouvriers des chantiers de travaux publics de la vallée du Rhône et de la montagne ardéchoise (construction des barrages et canaux de dérivation de Donzère-Mondragon et Montélimar, chantier de Montpezat) et prit part aux négociations aux côtés des secrétaires des UD des départements voisins (Drôme, Vaucluse, Gard) et du secrétaire de la fédération CGT du bâtiment. En octobre 1954, à la suite de problèmes familiaux (divorce après un premier mariage), il partit à Paris.

Il fut embauché comme ouvrier égoutier puis il travailla à nouveau dans le bâtiment et devint chef de chantier. Militant toujours à la CGT et au Parti communiste, il fit partie d’un secrétariat de section de la capitale jusqu’en 1957. Gaston Plissonnier*, secrétaire de la fédération parisienne, lui confia la tâche de créer des cellules d’entreprise dans les chantiers du bâtiment, mais en raison du caractère éphémère et nomade des chantiers de la construction, l’expérience n’aboutit pas.

En mai 1957, Eugène Méjean travaillait à Gennevilliers, toujours dans le bâtiment. L’année suivante, il devint secrétaire de section de la ville, succédant à Dominique Frelaut*, futur maire de Colombes. Élu au conseil municipal de 1959 à 1983, Méjean devint en mai 1967 responsable des services de travaux et d’entretien des HLM de Gennevilliers. Permanent du Parti communiste à partir de 1961, il quitta la section de Gennevilliers en novembre 1967 pour devenir collaborateur du Comité central. À ce titre, il suivit la fédération du territoire de Belfort .

Remarié en 1958, Eugène Méjean avait fait la connaissance de sa deuxième épouse, Marie Serruya, à la fête fédérale du PCF à Vallon-Pont-D’Arc (Ardèche). Ils eurent deux enfants, Danielle et Gilles. L’épouse d’Eugène Méjean était née à Guagno, en Corse, le 25 octobre 1926 au sein d’une famille communiste. Ouvrière syndiquée, elle fut élue très jeune déléguée du personnel dans son entreprise. Adhérente aux Jeunes filles de France, elle milita ensuite au PCF. Après une interruption professionnelle pour pouvoir élever ses enfants, elle reprit une activité en 1961 pour compléter le salaire de permanent de son époux. Elle travailla comme agent municipal d’entretien et de cantine à Gennevilliers puis à partir de 1965 comme correctrice aux Éditions sociales jusqu’au début des années 1980 où elle fit l’objet d’un licenciement économique.

En 1983, Eugène Méjean prit sa retraite et fit retour en Ardèche. Avec son épouse, il s’installa à Vallon-Pont-D’Arc où il avait acheté une maison. Il ne cessa pas de militer : il fut secrétaire de la section communiste du village de 1983 à 1987. Adhérent de l’ANACR, il participa à la création du Musée départemental de la Résistance en Ardèche. Membre de l’association locale des Amis de l’histoire, il s’impliqua dans la vie culturelle de Vallon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140655, notice MEJEAN Eugène, Alexis, Jean par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 29 mai 2012, dernière modification le 29 avril 2013.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : Notes d’Eugène Méjean. — Entretien avec l’intéressé (29 novembre 1996). – Collection des Allobroges (1950-1954) aux Arch. Dép. de l’Ardèche. – Renseignements transmis par Danielle Méjean, fille d’Eugène Méjean.

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