MAUCOUR Raymond, Louis, Eugène

Par Frédéric Dabouis

Né le 21 janvier 1922 à Brion (Maine-et-Loire), mort le 9 mars 2016 à Angers (Maine-et-Loire) ; instituteur dans le Maine-et-Loire ; militant syndicaliste du SNI, tendance Ecole émancipée.

Les parents de Raymond Maucour avaient d’abord appartenu au sous-prolétariat rural, comme domestiques de ferme, avant d’être exploitants agricoles sur 14 ha à Cuon. Enfant, il assista aux assemblées générales de la coopérative agricole dont son père était adhérent, ainsi qu’à des banquets républicains à Baugé, présidés par Édouard Daladier et Édouard Herriot (son père, conseiller municipal de Cuon après 1945, était adhérent du parti radical-socialiste).

Après avoir suivi l’école primaire à Brion, dans une classe unique de 10 à 25 élèves, avec le même instituteur qui le remarqua, Raymond Maucour échappa à la condition d’ouvrier agricole chez ses parents, en suivant le cours complémentaire de Baugé pendant quatre ans. En 1936, il lisait déjà l’Humanité et Le Populaire. En 1938, il entra à l’École normale d’instituteurs d’Angers, où il refusa de suivre la préparation militaire supérieure. En octobre 1938, avec une petite équipe pacifiste de normaliens, il fleurit les tombes de soldats allemands inhumés au cimetière de l’Est à Angers. Il assista à une conférence de Félicien Challaye.

Nommé instituteur à Fontevrault l’Abbaye en 1941, il fut requis pour le Service du travail obligatoire en mars 1943. Il passa la fin de la guerre à Larvik (près du fjord d’Oslo), puis à Swinemünde (à l’embouchure de l’Oder), où il assista à la débâcle de l’armée allemande et à l’arrivée des réfugiés allemands de Prusse orientale.

Marié le 23 septembre 1946 à Mazé avec une institutrice, Raymond Maucour devint instituteur à Mouliherne, puis à Grez-Neuville à partir de 1952. Il fut le correspondant du Syndicat national des instituteurs du canton du Lion-d’Angers de 1953 à 1956, et siégea au conseil syndical de la section départementale du SNI, de 1954 à la fin des années 1960, d’abord au titre de la tendance « École Émancipée » (il était abonné à la revue depuis 1946). Il fut élu membre du comité technique paritaire. Il rédigea alors de nombreuses tribunes au nom de la tendance « École Émancipée » dans le bulletin angevin du SNI, contre la torture en Algérie, pour l’unité ouvrière, pour l’économie distributive (il était alors en contact avec le mouvement abondanciste).

Nommé à Trélazé en 1960, il y milita contre la guerre d’Algérie. Avec Bioteau (CGT) et Pantais (Fédération anarchiste et Libre Pensée), il fut l’un des animateurs du comité antifasciste de Trélazé fin 1961-début 1962. Secrétaire du groupe départemental de l’École Émancipée de 1961 à 1964, il participa activement au soutien de la grande grève des mineurs en 1963, à la protestation qui suit l’exécution de Julian Grimau et de deux militants anarchistes en Espagne, et à l’animation, en tant que responsable local du SNI, de la campagne du Mouvement de la Paix contre le projet de quartier général nucléaire à Pignerolles (1964).

Raymond Maucour représenta « l’École Émancipée » du Maine-et-Loire à trois congrès nationaux du SNI, en 1958 à Brest, en 1961 à Paris et en 1962 à Toulouse.

Il appartint à la Ligue des Droits de l’Homme (sections du Lion d’Angers, puis d’Angers), à la Libre Pensée (de 1960 à 1994). Il anima l’amicale laïque de Mouliherne de 1945 à 1952 et membre élu de la Caisse des écoles publiques de Trélazé, chargé du secrétariat. Depuis 1970, il animait la section échecs du Centre laïque culturel angevin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140711, notice MAUCOUR Raymond, Louis, Eugène par Frédéric Dabouis , version mise en ligne le 4 juin 2012, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Frédéric Dabouis

SOURCES : Bulletins de la section de Maine-et-Loire du Syndicat National des Institutrices et Instituteurs Publics de France et de l’Union Française et de la Section de Maine-et-Loire de la Fédération de l’Éducation Nationale (1950-1970). ─ Entretiens avec R. Maucour (4 octobre et 29 novembre 1996). ─ Notes de Jacques Girault.

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