PATOUX Raymond, Jean

Par Manuella Noyer

Né le 1er novembre 1913 à Angers (Maine et Loire), mort le 14 novembre 2011 ; employé aux PTT ; militant syndicaliste CGT puis CGT-Force ouvrière ; secrétaire général de l’Union départementale CGT de Maine et Loire de 1945 à 1947, secrétaire général de l’Union départementale CGT-Force ouvrière de Maine-et-Loire de 1948 à 1956, trésorier puis secrétaire général de l’Union régionale CGT-Force ouvrière de la région parisienne(1956-juin 1964), secrétaire général de l’Union départementale CGT-Force ouvrière de la Seine-Inférieure (Seine-Maritime) (juillet 1964-1972) ; secrétaire général de l’Union départementale CGT-Force ouvrière du Loiret (1972-1990) et président de l’Union des retraités Force ouvrière du Loiret en 1990.

Raymond Patoux en 1960
Raymond Patoux en 1960

Fils de François Patoux, jardinier, et de Marguerite Voisine, couturière à domicile, puis commerçante, Raymond Patoux avait une sœur Marguerite et un frère Francis. Son éducation fut dénuée de toute empreinte politique, syndicale et religieuse marquée car bien qu’il soit baptisé, ses parents étaient non pratiquants.

Il suivit une formation scolaire publique jusqu’à l’école primaire et entra le 1er juillet 1926, à l’âge de 12 ans et demi, dans l’administration des PTT, comme jeune facteur des Télégraphes. Il devint en 1933 contrôleur au service des transmissions du central d’Angers, fonction qu’il assura jusqu’en 1956. Il fut muté ou promu en 1956 au central télégraphique de Paris-Bourse en 1956, puis au central de Rouen, enfin en 1964 au service de la recette principale.

De 1924 à 1934, Raymond Patoux milita chez les Eclaireurs de France et de 1936 à 1939 aux Auberges de jeunesse. Au début de l’année 1936, il adhéra à la SFIO et participa dans le Segréen à la campagne électorale pour les élections législatives tenues en mai. Or, il abandonna rapidement ses velléités politiques, dès la fin de l’année 1937, déçu par le choix du gouvernement socialiste de Léon Blum* de ne pas intervenir dans la guerre d’Espagne.

Mobilisé le 2 septembre 1939 au 6ème génie, unité combattante en Lorraine, Raymond Patoux fit la rencontre de Robert Robin, militant syndicaliste, responsable de la Fédération des Ingénieurs et Techniciens, adhérente à la CGT. Ce dernier l’initia au syndicalisme. Démobilisé fin juillet 1940, il ne fut pas fait prisonnier de guerre.

A la fin de l’année 1941, Raymond Patoux s’engagea, sur une invitation de Robert Robin, dans un mouvement clandestin appelé cercle d’études techniques, économiques et sociales (CETES). Au début de l’année 1942, il pris part aux activités clandestines à Angers du réseau « Honneur et Patrie » et à la fin de cette année à celles du réseau « Action PTT ». En juillet 1943, il rencontra à Paris un secrétaire confédéral de la CGT clandestine qui lui confia pour mission d’organiser des noyaux de résistance syndicale en Maine et Loire. Fin 1943, il fut également chargé de mission par le mouvement « Résistance paysanne ». Cette même année, il participa également aux activités du groupe « Libération Nord » et à celles du comité départemental clandestin de libération pour le Maine-et-Loire.

Le 10 août 1944, date de la Libération de la ville d’Angers, Raymond Patoux occupa la Bourse du Travail et désigna une commission administrative provisoire. Il devint secrétaire général provisoire de l’Union départementale des syndicats CGT du Maine-et-Loire et poursuivit la mise en place des comités d’action agricole, lesquels ont précédé la constitution de la Confédération générale agricole (CGA). Lors du congrès de l’Union départementale, le 6 mai 1945, il fut élu secrétaire général à l’unanimité et ce jusqu’à la scission.

Le 27 décembre 1947, Raymond Patoux rallia la confédération Force ouvrière et demeura secrétaire général des syndicats confédérés Force ouvrière de Maine-et-Loire de 1948 jusqu’au premier trimestre 1956. Parallèlement, il assumait la fonction de secrétaire fédéral départemental de la Fédération syndicaliste des PTT et fut contraint de reprendre son service au Central d’Angers, le budget de l’Union départementale ne permettant pas de rémunérer un permanent. A ces responsabilités s’ajoutaient quelques mandats dont celui d’administrateur de l’hôpital d’Angers par exemple.
Raymond Patoux se voulait le porte-parole, avec quelques autres militants dont Alexandre Hébert* (secrétaire général de l’Union départementale de Loire-Inférieure), de la minorité de tendance syndicaliste révolutionnaire au sein de la confédération Force ouvrière. A ce titre, il fut l’instigateur du Manifeste ou appel dit d’Angers qui au début de l’année 1948 proposait un regroupement de tous les syndicats libres et fidèles aux principes de la charte d’Amiens dans la “nouvelle confédération”. L’impact de cet appel sera réduit et localisé.

Au congrès confédéral de novembre 1952, Raymond Patoux fut élu membre de la commission exécutive et ce jusqu’au congrès confédéral d’octobre 1956. Sollicité par Robert Bothereau, il repris une permanence en 1953, assurant alors la fonction de délégué régional jusqu’en 1956 pour l’ensemble Ouest-Poitou-Bretagne, comprenant 12 départements.

Quittant Angers pour des raisons personnelles, Raymond Patoux réintégra l’administration des PTT le 1er février 1956 au central télégraphique de Paris-Bourse. Deux mois plus tard, se déroulait le congrès de l’Union régionale parisienne des syndicats Force ouvrière, au cours duquel Raymond Patoux fut élu trésorier général permanent et secrétaire adjoint. Il devint secrétaire général de cette Union régionale à la fin de l’année 1958, succédant à Roger Louet, élu quant à lui secrétaire confédéral. Raymond Patoux fut confronté à cette époque à des événements majeurs, notamment celui du problème algérien avec ses conséquences et celui de la rupture de la SFIO et des bouleversements politiques en découlant au sein de la gauche.

En mai 1964, Raymond Patoux quitta la région parisienne, après avoir formulé une nouvelle demande de réintégration aux PTT. Le 1er juillet 1964, il fut nommé au central de Rouen, service de la recette principale. Or dès le 15 juillet, Raymond Patoux retrouva un poste de permanent détaché à l’Union départementale CGT-Force ouvrière de la Seine Maritime, assurant la fonction de secrétaire général de l’Union locale de Rouen, sur les consignes du secrétaire général de l’Union départementale, Marcel Dehove. Elu au congrès de mai 1965, Raymond Patoux succède donc à ce dernier mort deux mois plus tôt. Il assura également en parallèle la fonction de délégué régional de Haute Normandie.

Mais, lors du congrès du 17 mai 1971, Raymond Patoux ne fut pas élu à la commission exécutive, victime semble-t-il de sa prise de position lors des élections municipales tenues en mars de la même année. Convoqué par André Bergeron quelques jours après, il fut affecté lors du deuxième semestre 1971 à Orléans, dans le but d’apporter sa collaboration au secrétaire général de l’Union départementale du Loiret, Charles Cathelot, souffrant et qui décédera quelques mois plus tard. En accord avec ce dernier et la commission exécutive, Raymond Patoux présenta sa candidature au congrès de l’Union départementale tenu en mai 1972. Il fut alors élu secrétaire général à l’unanimité.

Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en 1977 au titre « civil et militaire ». Raymond Patoux cessa son mandat de secrétaire général de l’Union départementale du Loiret le 14 septembre 1990.

De septembre 1990 à 2003 au moins, il présida l’Union des retraités Force ouvrière et est chargé de divers mandats.

Sensible aux idées libertaires, Raymond Patoux restera fidèle dans l’esprit aux principes syndicalistes révolutionnaires très présents dans la tradition syndicale angevine, mais en revanche il ne s’engagera dans aucun parti politique ou mouvement associatif.

Il se maria à deux reprises. De ces mariages sont nés plusieurs enfants.

Il décéda à l’âge de 98 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140915, notice PATOUX Raymond, Jean par Manuella Noyer, version mise en ligne le 18 juin 2012, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Manuella Noyer

Raymond Patoux en 1960
Raymond Patoux en 1960

SOURCES : Entretiens avec Raymond Patoux, les 18 mars et 22 avril 2003, complétés par des notes et des archives personnelles de l’intéressé. L’enregistrement des entretiens et le double des documents écrits sont conservés à l’Union départementale CGT-Force ouvrière de Maine et Loire, RP1-RP6. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 1948-1990. — Comptes rendus des congrès confédéraux FO de 1948 à 1969. — Notes de Louis Botella.

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