BESSE Jean-Pierre

Nous avons la tristesse de vous annoncer le décès, le 10 juillet 2012 à Creil, à 62 ans (il était né le 22 juillet 1949 à Paris XIIe arr.), de l’historien Jean-Pierre Besse, co-responsable du Maitron, directeur du Dictionnaire des fusillés et exécutés, historien de la Picardie, du mouvement ouvrier et de la Résistance. Un hommage lui sera rendu lors de la Journée Maitron du mercredi 5 décembre 2012, de 11h à 13h, 9 rue Malher.

Nous avons la tristesse de vous annoncer le décès, à 62 ans, de Jean-Pierre Besse. Historien du mouvement ouvrier et social, de la Résistance et de la Picardie, Jean-Pierre Besse était l’un des principaux responsables de la nouvelle série du dictionnaire Maitron et il assurait la direction scientifique du Dictionnaire des fusillés et exécutés. Outre de nombreuses biographies du dictionnaire, il était l’auteur de plusieurs ouvrages et articles. Parmi les plus récents, citons Les fusillés, répression et exécutions pendant l’Occupation (Éditions de l’Atelier, 2006) avec Thomas Pouty et Juin 1940, la négociation secrète (Éditions de l’Atelier, 2006) avec Claude Pennetier.

Dans l’Oise, Jean-Pierre Besse était président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la résistance (ANACR), président de l’Association pour la mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois (AMOI) et l’un des organisateurs du "Concours de la Résistance" dans le département. Il était également membre du bureau de l’association nationale des Amis du Maitron.

Sa disparition est une grande perte scientifique et amicale pour l’ensemble de l’équipe du Maitron.

Ses obsèques ont lieu le mardi 17 juillet à 10h 30 en l’Hôpital général de Creil et à 14 h au crématorium de Beauvais.

Né le 27 juillet 1949 à Paris XIIe arr., à l’hôpital Saint-Antoine, dans une famille ouvrière de six enfants, Jean-Pierre Besse resta toujours proche de son père (Albert) ouvrier puis agent de maîtrise et cadre supérieur et de sa mère (Elyane), titulaire du brevet technique d’1cole normale en coupe et couture, couturière puis femme au foyer. La famille habitait boulevard Voltaire. Il fréquenta l’école de la rue Léon Frot et fut un excellent élève. Ses parent ayant déménagé à Épinay-sur-Seine (Seine, Seine-Saint-Denis), il entra en 6e au lycée d’Enghein-les-Bains (Seine-et-Oise, Val d’Oise), y resta jusqu’en terminale et en garda un très bon souvenir, des années merveilleuses disait-il. Il fit ses études d’histoire à la Sorbonne, et réalisa un mémoire de maîtrise sous la direction de René Girard, sur les Élections législatives de 1902 dans l’Oise. En effet, ses parents avaient acheté une maison à Fitz-James, près de Clermont, où Jean-Pierre Besse passait ses week-end, se prenant d’intérêt pour ce département.

Il débuta sa carrière au collège de Formerie (Oise) avant d’être muté à Chauny (Aisne) où il resta douze ans. Membre du Parti communiste depuis décembre 1968, il partageait les engagements de sa famille. Sa grand-mère maternelle, ouvrière spécialisée dans l’aviation, avait été déléguée du personnel en 1936. Son père était communiste et sa mère militante de l’Union des femmes françaises. Jean-Pierre Besse quitta le Parti communiste en février 1976, au moment du 22e congrès de PCF et de l’abandon de "la dictature du prolétariat". Il avait combattu cet abandon dans les tribunes du congrès, publiées par l’Humanité.

Il reporta dès lors son activité vers les syndicalisme et la recherche historique. Marié depuis le 28 juillet 1972, il sollicita avec sa femme Monique (née Pailloux), secrétaire d’administration universitaire (un garçon, Ludovic, naquit en juin 1976 à Chany), un poste dans l’Oise, et Jean-Pierre Besse devint professeur au lycée Jules Uhry de Creil où il fit carrière dix-sept ans. Militant Unité action, il fut secrétaire de S1 du lycée Jules Uhry et membre du conseil départemental de la FEN. Il y côtoya les militants de l’École émancipée dont l’Oise était un bastion.

Titulaire d’un doctorat de IIIe cycle sur le mouvement ouvrier dans l’Oise de 1890 à 1914, sous la direction d’Antoine Prost, il fut un correspondant actif de l’IHTP, dont le réseau était alors dirigé par Denis Peschanski. Auteur de Maitron, c’est à cette dernière œuvre qu’il consacra les dix dernières années de sa vie, ouvrant dans ce cadre un nouveau chantier, celui des fusillés et exécutés. Parallèlement, il se consacra à l’histoire sociale et industrielle de l’Oise et particulièrement du bassin creillois. En décembre 2000, il participa à la création de l’Association pour le mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois dont il fut vice-président puis président et fonda la revue Les Cahiers de l’AMOI. Il se consacra également à la Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne (SHMC) et de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance tout en organisant le Concours départemental de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141157, notice BESSE Jean-Pierre, version mise en ligne le 10 juillet 2012, dernière modification le 10 septembre 2021.

OEUVRE : Le Mouvement ouvrier dans l’Oise, 1890-1914, thèse, Paris I, 1983 (publiée par le CDDP de l’Oise en 1984). — L’Oise deux siècles d’histoire, éditions Encrage, 1998, 190 p. — (avec Thomas Pouty), Les fusillés, Éditions de l’Atelier. — (avec Claude Pennetier), Juin 1940, Éditions de l’Atelier, 2006. — 1936, le Front populaire dans l’Oise, Archives départementales de l’Oise, 2006.

SOURCES : Les Cahiers de l’AMOI, revue d’histoire locale du bassin creillois, n° 22, décembre 2012.

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