LESPIAU Jean, Joseph

Par Paul Boulland

Né le 29 janvier 1922 à Sorde-l’Abbaye (Landes), mort le 13 novembre 1997 à Pessac (Gironde) ; sabotier ; militant communiste des Landes ; secrétaire de la fédération PCF des Landes (1947-1977), membre du comité central (1961-1970) ; député des Landes (1956-1958).

Né dans une famille de métayers, Jean Lespiau était l’aîné de cinq enfants et perdit sa mère à l’âge de dix ans. En 1947, il décrivait son père comme sympathisant communiste. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, il entra en apprentissage et devint sabotier. Adhérent des Jeunesses communistes à partir de 1937, à l’âge de quinze ans, il était un lecteur régulier de l’Humanité, et dans un questionnaire en 1947, il citait plus particulièrement les articles de Gabriel Péri. Parti travailler à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) en 1939, il fut coupé de ses camarades par la mobilisation. Au début de l’année 1941, il retrouva le contact avec les organisations communistes par l’intermédiaire de Paul Manathon, son ancien secrétaire de cercle à Peyrehorade (Landes), qui assurait la liaison avec les internés du camp de Gurs. Jean Lespiau assista Manathon dans ce travail et entra au Front national en décembre 1942. Menacé par le STO, il entra dans l’illégalité en mai 1943 et devint responsable de l’action parmi les jeunes réfractaires. Il fut également responsable d’une imprimerie clandestine du Front national et de la liaison avec les FTP. En juillet 1944, il fut chargé par l’état-major FTP de mener un travail de propagande parmi les entrepreneurs et les travailleurs afin de ralentir le battage des blés destinés au ravitaillement de l’armée allemande. À la Libération, il participa à l’épuration dans le canton de Peyrehorade et y fut membre du comité local et du comité cantonal de Libération. Il prit également part à la rédaction et à la diffusion des premiers numéros du journal L’Étincelle à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Il donna formellement son adhésion au PCF en août 1944.

Secrétaire régional des JC puis de l’UJRF de 1944 à mars 1946, Jean Lespiau suivit une école centrale de la jeunesse à Arcueil, en janvier 1946. Il intégra ensuite le secrétariat de la fédération communiste des Landes dès l’âge de vingt-cinq ans. Il remplaçait Félix Garcia qui était alors député. Garcia, qui avait défendu l’élection de Lespiau, le décrivait en 1947 comme un « Jeune militant très dévoué au Parti. Très grand sens de ses responsabilités. Sérieux et réfléchi. A convenablement assuré sa lourde tâche de secrétaire fédéral ». À partir de 1948, Jean Lespiau fut directeur et gérant de l’hebdomadaire communiste Les Landes républicaines, fonction qu’il conserva jusqu’en 1977. Jean Lespiau fut le principal dirigeant de la fédération communiste des Landes jusqu’en 1977. Il continua de siéger au bureau fédéral jusqu’en 1990 puis au comité fédéral jusqu’en 1994.

Après son échec aux législatives de 1951, Félix Garcia avait assez rapidement quitté ses responsabilités militantes. Aux élections législatives de janvier 1956, Jean Lespiau le remplaça donc en tête de la liste communiste, aux côtés de Roger Tauzia*, Roger Feugas et André Bombezin. Seul élu, Jean Lespiau fit son entrée à l’Assemblée nationale où il siégea à la commission des affaires économiques et comme membre suppléant de la commission des immunités. Son activité parlementaire fut très majoritairement consacrée aux problèmes du monde agricole, et notamment à la réforme du statut du métayage, enjeu fondamental dans les campagnes landaises. En 2000, Lucie Lespiau* témoigna dans l’Humanité, du trouble de son mari après le vote du groupe communiste en faveur des pouvoirs spéciaux au gouvernement de Guy Mollet, le 12 mars 1956. Quelques jours plus tard, il n’osa pas se rendre aux obsèques d’un jeune soldat tué en Algérie et originaire de son village natal. Il resta toute sa vie profondément affecté par ce choix du PCF. En 1958, Jean Lespiau fut à nouveau candidat aux législatives dans la 2e circonscription des Landes, à Dax. Il fut battu par le candidat socialiste Camille Dussarthou. Il continua de se présenter sans succès jusqu’en 1981, cette fois dans la 1e circonscription, à Mont-de-Marsan.

Jean Lespiau fut élu membre suppléant du comité central du PCF à l’issue du XVIe congrès (Saint-Denis, mai 1961) et devint titulaire lors du congrès suivant, (Paris, mai 1964). Il ne fut pas réélu lors du XIXe congrès (Nanterre, février 1970). Lors des réunions du comité central, ses interventions portèrent essentiellement sur la situation politique dans les départements du Sud-Ouest.

Autodidacte et passionné d’histoire, Jean Lespiau livra de nombreuses chroniques historiques sur le mouvement social ou la Résistance dans Les Landes républicaines et rédigea un ouvrage consacré aux mobilisations des métayers landais (Luttes paysannes landaises). Il fut également promu chevalier des Palmes académiques pour sa participation au concours scolaire de la Résistance et de la déportation dans son département.

Son épouse Lucie Lespiau*, épousée le 27 août 1949 à Pouillon (Landes) [nom de jeune fille : Anaïs Gaillardet], partagea ses engagements et fut une dirigeante nationale de l’Union des femmes françaises.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141193, notice LESPIAU Jean, Joseph par Paul Boulland, version mise en ligne le 16 juillet 2012, dernière modification le 26 janvier 2016.

Par Paul Boulland

ŒUVRE : Jean Lespiau, Luttes paysannes landaises, CGA des Landes-MODEF, Mont-de-Marsan, 1995.

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Arch. dep. des Landes. — Jean Lespiau, Luttes paysannes landaises, CGA des Landes-MODEF, Mont-de-Marsan, 1995. — État civil.

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