MARRE Charles, Louis

Par Gérard Boëldieu

Né le 19 avril 1776 à Mamers (Sarthe) ; date et lieu de décès non retrouvés ; républicain ; instituteur communal à Marollette (Sarthe) de 1836 à sa révocation, le 11 décembre 1850.

En l’an II, à l’âge de dix-huit ans, Charles Marre, comme son père François Marre, natif de Plantry (Orne), tisserand puis fabriquant de toiles, comme son frère Joseph François, de neuf ans plus âgé, était affilié à la société populaire de Mamers. Après avoir soutenu Robespierre, Saint-Just et le gouvernement révolutionnaire, le père et le fils furent au nombre des 30 adhérents de cette société qui, le 5 fructidor an II (22 août 1794), signèrent une adresse à la Convention pour la féliciter « sur l’énergie employée dans la nuit du 9 au 10 thermidor » et qui se termine par ses mots : « Jouissez de votre triomphe, il sera immortel comme la Liberté ! Vive la République ! Gloire à la Convention ! » (Christine Peyrard, op. cit. p. 14).

À ce moment, Charles Marre déclarait exercer les professions de praticien et commis de bureau. En l’an VI à l’an XI, Marre, pourvu d’un titre de capacité, tint une école privée à Neufchâtel (aujourd’hui Neufchâtel-en-Saosnois dans le canton de La Fresnaye, voisin de celui de Mamers). Revenu à Mamers en l’an XI, Marre y fut huissier public près le tribunal civil de première instance jusqu’en 1823, puis instituteur privé jusqu’en 1836, année de son acceptation comme instituteur communal à Marollette, petite commune de 287 habitants, voisine de Mamers, pourvue d’une école mixte.

Le 6 brumaire an XI (21 octobre 1802), à Mamers, Marre épousa Rosalie Joséphine Lafitte, âgée de 18 ans, née à Longny (Orne), fille d’un officier de santé. Le couple eut quatre garçons. Le 26 mars 1845 leur fils Auguste Louis, né à Mamers le 8 février 1822, épousa à Marolette, où il était ferblantier, Anne Justine Dubois , ouvrière en hardes.

Sous la Seconde République, Charles Marre affirma ses convictions en faveur de la République démocratique et sociale aux côtés de Charles Granger, « républicain de la veille », sous-commissaire du Gouvernement provisoire pour l’arrondissement de Mamers du 28 février 1848 jusqu’à sa révocation le 16 juillet suivant, conseiller municipal de Mamers depuis le 6 août 1848, conseiller d’arrondissement du canton de Fresnay. Accusé de faux témoignage au procès intenté en septembre 1850 à Charles Granger pour distribution de journaux interdits, dont Le Bonhomme manceau, Marre, décrit comme porteur d’une barbe grisonnante et d’une taille de 1,630 m, fut emprisonné et révoqué par le préfet de ses fonctions d’instituteur communal. On perd ensuite sa trace.

Sa femme, qui, pendant son incarcération, fit l’école, mourut le 17 mars 1854, âgée de 70 ans, à Mamers. Son fils Auguste, Louis, 32 ans, un des deux déclarants du décès de sa mère, exerçait alors son état de ferblantier à Neufchâtel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141396, notice MARRE Charles, Louis par Gérard Boëldieu, version mise en ligne le 27 juillet 2012, dernière modification le 30 juillet 2012.

Par Gérard Boëldieu

SOURCES : État civil de Mamers, Marollette et communes environnantes (consulté sur le site internet des Archives départementales de la Sarthe) – État civil des communes de l’Orne citées (consulté sur le site internet des Archives départementales de l’Orne) – Arch. dép. de la Sarthe : 1 t 82 et 1 t 117 (écoles du canton de La Fresnaye de la Révolution à 1850), 1 t 83 et 1 t 119 (écoles du canton de Mamers jusqu’en 1850), 1 t 574 (enseignement primaire, correspondance administrative : sur la révocation de Charles Marre) - Christine Peyrard, Le club révolutionnaire de Mamers, Cahiers du collectif républicain de commémoration 1789 en Sarthe, Le Mans, 1988, 24 pages.

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