FLUCHERE Henri, Eugène, Auguste

Par Maurice Blanchard, Jacques Girault

Né le 18 novembre 1898 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 20 juillet 1987 à Sainte-Tulle (Basses-Alpes/Alpes-de-Haute-Provence) ; professeur de faculté ; résistant ; militant socialiste ; maire de Sainte-Tulle, conseiller général.

Fils d’un courtier, Henri Fluchère effectua ses études secondaires au collège de Manosque. Mobilisé en 1917, il resta militaire jusqu’en 1919. Il obtint une licence ès-lettres (Anglais) et un diplôme d’études supérieures à la Sorbonne. Il se maria en avril 1922 à Paris (XIVe arr.).

Reçu à l’agrégation d’anglais en 1924, Henri Fluchère fut nommé professeur au lycée Thiers à Marseille de 1925 à 1942. Il participa à la fondation des Cahiers du Sud en 1925, revue à laquelle il collabora activement, et du théâtre d’avant-garde « Le Rideau gris » en 1931. Auteur de pièces surréalistes et de traductions de pièces de théâtre anglaises, grand spécialiste de Shakespeare, il prit part aux activités de la maison de la culture de Marseille sous le Front populaire. Ami de Jean Giono depuis 1914, il suivit les rassemblements du Contadour à partir de 1936 et traduisit en anglais Le chant du monde. Il écrivit le livret en 1937 de L’Opéra des Gueux de Darius Milhaud.

Mobilisé en 1939, démobilisé l’année suivante, nommé assistant d’anglais à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence, Henri Fluchère participa à la Résistance et fut un des dirigeants des résistants socialistes dans les Basses-Alpes. Il figura parmi les fondateurs du journal socialiste Le Provençal en 1944.

Henri Fluchère, à partir de 1946, fut détaché en Grande-Bretagne et fonda la Maison française d’Oxford qui favorisa la diffusion de la culture française en Grande-Bretagne et assura des liens très forts inter-universitaires entre la France et la Grande-Bretagne. Il continua à contribuer à la connaissance du théâtre britannique en liaison avec les troupes d’avant-garde (ainsi fut établi, pour le Théâtre national populaire la version de Meurtre dans la cathédrale de TS Eliot en 1957 qu’il avait traduit en 1944). Il fut le traducteur d’ouvrages d’Henry Miller et surtout de l’œuvre complète de Shakespeare chez Gallimard dans la collection de la Pleïade à partir de 1959.

Conseiller municipal socialiste de Sainte-Tulle, il devint maire de la commune en 1949 et le resta jusqu’en mai 1953. Il fut élu conseiller général du canton de Manosque entre 1958 et 1962.

Devenu professeur d’anglais à la faculté d’Aix après avoir soutenu sa thèse en 1948 sur Shakespeare et le théâtre élisabéthain, il revint à temps plein à la faculté d’Aix en 1963. Membre du Syndicat national de l’enseignement supérieur, Henri Fluchère fut désigné comme doyen de la faculté des Lettres en 1968 dont l’orientation des professeurs était plutôt à droite. Après de violents désaccords avec les dirigeants étudiants et de nombreux enseignants, en mai 1968, il fut exclu de la section du SNESup et termina son mandat de doyen en 1970 dans un certain isolement.

Sans doute veuf, Henri Fluchère se remaria en janvier 1959 à Marseille. Retraité, il fut le co-fondateur de l’association des « amis de Jean Giono » en 1972 et en devint le président.
En 2009, son nom fut donné au théâtre de Sainte-Tulle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141553, notice FLUCHERE Henri, Eugène, Auguste par Maurice Blanchard, Jacques Girault , version mise en ligne le 26 août 2012, dernière modification le 29 novembre 2022.

Par Maurice Blanchard, Jacques Girault

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend près de 100 titres (traductions, préfaces, ouvrages divers).

SOURCES : Site Tetea de Durance-Lubéron. — Note de Claude Mesliand.

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